Enfin, cet être infini et mystérieux dans ses desseins me prête de
siècle en siècle des lueurs pour m'approcher de lui par des
spectacles rapprochés et plus sublimes; je finis non par comprendre,
car l'étincelle ne peut comprendre l'étoile, mais par conjecturer je
ne sais quoi d'immense, de parfait, d'accompli, qui me contient moi et
les univers, et qui, sous le nom de divinité ou de Providence, m'a
donné, tout insecte invisible que je suis, la même place, le même
rang, la même part d'importance, d'attention et d'amour qu'à ses
soleils.
Convaincu de cette foi évidente, je me rassure en sa présence, et je
me dis: «Mon Créateur est là-haut!»--Allons à lui par la
contemplation, et rendons-nous compte de son oeuvre complète, afin de
l'adorer plus complétement dans son oeuvre, qu'il me permet
d'entrevoir, jusqu'au moment où des instruments intellectuels plus
parfaits me rapprocheront encore davantage, et où la science fera
tomber les voiles qui me dérobent la perfection et l'immensité de
l'infini.