John Herschel, à l'aide de son télescope, arrive à cette assertion:
«C'est que les étoiles soi-disant fixes, de la Voie lactée, visibles
seulement dans son télescope de six mètres, sont situées à une
distance telle de nous que, si ces étoiles étaient des astres
nouvellement formés, il faudrait deux mille ans pour que leur premier
rayon de lumière arrivât jusqu'à la terre!...» Quelle idée de distance
et d'étendue!... Et de quoi cette étendue incommensurable est-elle
remplie? par l'éther. Et sur quoi flottent ces mondes innombrables?
sur l'éther. Et qu'y a-t-il au delà? l'_éther_ et d'autres mondes!...
«La lumière des astres est variable. Sir John Herschel a tenté, à
l'exemple de Wollaston, de déterminer le rapport qui existe entre
l'intensité de lumière d'une étoile et celle du Soleil. Il a pris la
Lune pour point de comparaison intermédiaire, et en a comparé l'éclat
à celui de l'étoile double [Grec: alpha] du Centaure, une des plus
brillantes (la 3e) de tout le ciel. Ainsi fut accompli, pour la
seconde fois, le souhait que John Michell formait dès 1787. Par la
moyenne de 11 mesures, instituées à l'aide d'un appareil prismatique,
sir John Herschel trouva que la pleine Lune est 27,408 fois plus
brillante que [Grec: alpha] du Centaure. Or, d'après Wollaston, le
Soleil est 801,072 fois plus brillant que la pleine Lune. Ainsi la
lumière que le Soleil nous envoie est à celle que nous recevons de
[Grec: alpha] du Centaure dans le rapport de 22,000 millions à 1. En
tenant compte de la distance, d'après la parallaxe adoptée pour cette
étoile, il résulte des données précédentes que l'éclat absolu de
[Grec: alpha] du Centaure est double de celui du Soleil (dans le
rapport de 23 à 10). Wollaston a trouvé que la lumière de Sirius est,
pour nous, 20,000 millions de fois plus faible que celle du Soleil:
son éclat réel, absolu, serait donc 63 fois plus grand que celui du
Soleil, si, comme on le croit, la parallaxe de Sirius doit être
réduite à 0",230. Nous sommes conduits ainsi à ranger notre Soleil
parmi les étoiles d'un médiocre éclat.»
Ces étoiles se renouvellent comme de lentes éclosions du ciel: les
unes vieillies, les autres rajeunies.
«Avant de passer aux considérations générales, il nous paraît bon de
nous arrêter, un moment, à un cas particulier, et d'étudier, dans les
écrits d'un témoin oculaire, la vive impression que peut causer
l'aspect inattendu d'un phénomène de ce genre.»