(TROISIÈME PARTIE.)
I
Humboldt passe à la peinture et au dessin. Platon dit quelque part aux
Grecs: «La terre est petite.»
«Platon laisse voir un sentiment profond de la grandeur du monde,
lorsqu'il indique en ces termes, dans le _Phédon_, les bornes étroites
de la mer Méditerranée. Nous tous qui remplissons l'espace compris
entre le Phase et les colonnes d'Hercule, nous ne possédons qu'une
petite partie de la terre, groupés autour de la mer Méditerranée comme
des fourmis ou des grenouilles autour d'un marais.»
De là sont parties cependant toutes les expéditions navales qui ont
agrandi l'idée du monde.
Les Égyptiens complètent l'idée nouvelle de la grandeur de la terre,
en naviguant par le golfe Arabique jusqu'au Gange, et chez les Scythes
par le Bosphore de Thrace. L'expédition d'Alexandre fond les races,
les idées des deux mondes: la terre est connue. Les livres d'Aristote
sur les animaux sont contemporains de l'expédition d'Alexandre, son
élève.
Les Ptolémées, en Égypte, développent la nature; les Romains, en
soumettant le monde occidental, préparent à Pline les moyens de le
décrire. Sa description est savante et réellement universelle: c'est
le Cosmos latin. Le christianisme fait découvrir l'_unité_ du genre
humain.