M. LE PRÉSIDENT.--La parole est à M. de Lamarzelle.

M. DE LAMARZELLE.--Messieurs, avant de répondre aux arguments

de l’honorable rapporteur, je voudrais vous résumer l’histoire du projet

que nous discutons, histoire incroyable, absolument invraisemblable, je

le reconnais, mais authentiquée par la discussion même de la Chambre

des députés. Elle a été racontée par M. Léon Bérard à la Commission

de l’Enseignement de la Chambre des députés. M. Jules-Louis Breton

l’a reprise devant l’autre Assemblée; M. Bérard ne l’a pas niée; M.

Jules-Louis Breton l’a même mis au défi d’en contester une seule partie

et le défi n’a pas été relevé.

Telles sont les autorités sur lesquelles je vais m’appuyer pour exposer,

à mon tour, cette histoire du projet Rodin. Voici les faits:

Ainsi que mon excellent ami Gaudin de Villaine vous l’a expliqué, c’est

en 1911 que fut votée une loi permettant à l’État d’acquérir l’hôtel

Biron.

Le but de cette loi, c’était d’abord de nous conserver, comme on l’a dit

tout à l’heure, le chef-d’œuvre de Gabriel et de mettre le public

en possession d’un parc magnifique. Depuis cette époque 1911, rien n’a

été fait; et, lorsqu’on passe boulevard des Invalides, devant ces murs

éventrés, on aperçoit cet admirable hôtel que l’on décrivait si bien

tout à l’heure, dans un état lamentable de délabrement. Le parc est

livré aux mauvaises herbes, à tel point que je pourrais citer ici des

hommes qui y ont chassé le lapin, il n’y a pas longtemps encore!

Enfin, quand on contemple ce domaine, on a la sensation qu’il appartient

à un propriétaire en train de se ruiner; spectacle d’autant plus

lamentable que l’on constate que le domaine était magnifique.

Une autre remarque a été faite: sur cet immeuble, on n’a jamais vu

flotter, pendant l’horrible guerre que nous traversons, le drapeau d’une

ambulance; tandis que nos écoles publiques et privées, au détriment des

enfants qu’elles enseignent, ont recueilli chez elles des blessés, dans

cet hôtel il n’y a rien!

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT DES BEAUX-ARTS.--Je vous demande

pardon!

_Un sénateur à gauche._--Il y a l’œuvre de l’hôtel Biron.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Il y a un ouvroir, une garderie

d’enfants, une école de préapprentissage depuis le mois d’août 1914.

Rodin à l'hotel de Biron et à Meudon · 第 195 / 252 题