M. LE PRÉSIDENT.--L’ordre du jour appelle la 1re
délibération sur le projet de loi, adopté par la Chambre des députés,
portant acceptation définitive de la donation consentie à l’État par M.
Auguste Rodin.
La parole est à M. de Lamarzelle, sur l’ajournement.
M. DE LAMARZELLE.--Messieurs, je demande au Sénat de bien
vouloir ordonner l’ajournement, en raison de ce que notre collègue,
M. Delahaye, qui devait prendre à cette discussion une part très
importante, étant malade, se trouve dans l’impossibilité absolue de se
rendre parmi nous. Je ne sais d’ailleurs pas quel motif pourrait nous
empêcher d’accomplir cet acte de courtoisie.
En effet, de deux choses l’une: ou M. Delahaye triomphera dans son
argumentation et le projet sera rejeté; s’il en est ainsi, l’ajournement
ne peut avoir aucune importance; ou bien, M. Delahaye ne triomphera
pas, et, le projet étant accepté par le Sénat, les intérêts de M. Rodin
n’auraient pas à souffrir de cet ajournement. Voici, en effet, la
clause que je trouve dans une des donations de M. Rodin: «Les avantages
conférés à M. Rodin prendront effet à dater de la signature du présent
acte.»
Il n’y a donc aucun inconvénient à attendre le retour de notre honorable
collègue, M. Delahaye, qui, je le répète, a fait une étude approfondie
de la question, et au nom duquel je demande au Sénat de vouloir bien
prononcer l’ajournement. (_Très bien! à droite._)