Tout allait bien.
Macabre et ses acolytes, vaincus par le fier regard et le fier silence
du majestueux cuisinier, étaient charmés, d'ailleurs, de pouvoir faire
honneur à ses plats, et peut-être n'eût-il pas été forcé de se montrer
de nouveau; mais une malheureuse distraction de sa part vint tout gâter.
La Proserpine laissa tomber l'éventail de plumes qu'elle portait à sa
ceinture en compagnie d'une daguette et de deux pistolets; et, par une
fatale habitude de galanterie dont il ne s'était jamais départi, même
envers sa gouvernante, le marquis se baissa pour ramasser l'objet, qu'il
présenta avec émotion, s'apercevant trop tard de sa bévue.
Il y eut un moment de surprise et d'incertitude dans les yeux de la
Proserpine, un moment long comme un siècle; enfin, la dame s'écria en
portant la main à ses pistolets:
--Je veux mourir de la grand'mort, si c'est là maître Pignoux!
--Quoi? qu'est-ce à dire? s'écria à son tour le Macabre. Arrive ici,
vieux fricotier, et montre ton sale museau à la compagnie. Par la
mort-diable! s'il y a ici quelque supercherie et qu'un vil gâte-sauce
ait usurpé les fonctions de maître-queux, je prétends faire de son cuir
une écumoire.
Le marquis n'écouta pas les menaces du brigand; il sentit que le moment
de la crise était venu, et poussa Mario hors de la salle, en lui
disant:
--Va donc en bas, toi! ma femme t'appelle!
Puis il se présenta résolûment en face de la Proserpine et la regarda
avec cette suprême dignité que l'homme de coeur est seul capable
d'invoquer contre de lâches adversaires.
Malgré le grotesque accoutrement de son maître, la servante Bellinde ne
put se défendre d'un sentiment de respect et de remords. Elle tenait
dans ses mains la vie de celui qu'elle voulait humilier et piller, mais
non pas faire tourmenter et égorger. Elle hésita encore un instant, et
dit:
--Ma foi, maître Pignoux, je vous reconnais à cette heure! mais par la
mordi! vous êtes bien changé! Vous avez donc fait une grosse maladie?
--Oui, madame, répondit Bois-Doré touché de ce bon mouvement: j'ai eu
beaucoup de fatigue dans ma maison depuis que j'ai été forcé de me
séparer d'une personne qui me servait fort bien.
--Je sais de qui vous parlez, reprit la Bellinde. C'était un trésor que
vous avez méconnu et jeté à la porte comme un chien. Oui, oui, je sais
comment la chose s'est passée. Tout le tort est de votre côté, et, à
présent, vous en êtes aux regrets! Mais il est trop tard, ma foi! elle
ne vous servira plus!
--Elle fera bien de ne plus servir personne, si elle peut s'en
dispenser; mais je me flatte que, en quelque situation qu'elle soit,
elle n'a point oublié ma générosité envers elle. Je la quittai sans
reproche et sans lésinerie, elle pourra vous le dire.
--Il suffit; nous parlerons de ça plus tard. Servez-nous bien, et, pour
ce, retournez à votre ouvrage, mon vieux. Allez!
En sortant, Bois-Doré la vit parler bas à un de ses hommes.
--Nous sommes sauvés! dit-il à Mario dans l'escalier. Elle ne m'a pas
trahi, et elle vient de donner l'ordre de nous laisser sortir!
Et, dans sa candeur, le marquis se dirigeait avec Mario vers la porte de
la cuisine; mais il s'était bien trompé: la Proserpine avait, au
contraire, renouvelé l'ordre du blocus.
Il fallait donc feindre encore et s'occuper de la confection de la
fameuse omelette aux pistaches.
Une heure environ s'écoula sans apporter de changement à cette burlesque
et tragique situation.
On faisait grand bruit dans la salle. Macabre criait, jurait et
chantait. C'était tantôt de la gaieté brutale et tantôt de la colère.
Voici ce qui se passait:
Le lieutenant Saccage était un homme positif et net comme son nom. Il
trouvait absurde que l'on se préparât à un coup de main qui exigeait une
marche rapide et silencieuse, par un souper qu'il savait bien devoir
dégénérer en orgie.
Macabre était un bandit adonné à tous les excès qui étaient le véritable
but de ses courses. Il n'avait pas, comme son lieutenant, les qualités
du spéculateur, et, si je ne craignais de profaner les mots, je dirais
que, dans sa vie d'aventures, il portait une sorte d'ivresse qui en
était la poésie sombre et brutale. Il était aussi bohémien que larron,
mangeant tout et n'étant riche que par crises.
L'autre amassait froidement et plaçait à mesure. Il entendait les
affaires, ne donnait rien au plaisir et s'amassait une fortune. De nos
jours, il eût été un fripon mieux posé: il eût filouté en habit noir et
vécu dans le monde, au lieu de courir les routes et de détrousser les
passants.
Chaque siècle a son trafic, et, dans les guerres civiles du XVIe et
du XVIIe siècle, le brigandage s'était organisé en industrie
régulière et en calculs positifs.
Saccage aspirait à se débarrasser du Macabre. Il n'eût osé l'attaquer de
front; mais il faisait comme M. le Prince avec le roi de France. Il
poussait son maître dans le danger, comptant qu'une arquebusade
l'emporterait et lui ferait la place nette.
Dans cette prévision, il tâchait de plaire à la Proserpine, gardienne de
la caisse et des bijoux, et la dame, tout en ménageant l'époux de
rencontre, ne décourageait pas l'époux en herbe que les hasards de la
guerre pouvaient lui rendre utile à un moment donné.
Ce système de coquetterie commençait à être visible pour Macabre, et il
se sentait partagé entre le besoin de se laisser mener par le nez et
celui d'administrer une solide correction à sa déesse.
Il eût voulu aussi, à chaque instant, casser les brocs sur la tête de
son rival, et cependant il sentait combien l'activité et la constante
lucidité de ce lieutenant lui étaient nécessaires, à lui qui ne pouvait
se résigner à être sobre et à vivre sur le qui-vive.
Si bien que, fatigué de cette alternative de colères et de
réconciliations qui se renouvelait à chaque _repue_, le capitaine prit
le parti de noyer ses soucis dans le vin clairet des coteaux de La
Châtre, et commença, après avoir beaucoup déraisonné, à éprouver
l'invincible besoin de faire un somme, le nez sur son assiette, dans un
reste de pâté.
Alors, seulement, Saccage put parler raison à la Proserpine.
--Vous voyez, ma Bradamante, lui dit-il, que cet ivrogne n'est bon à
rien, et, si vous m'en croyez, nous le laisserons dormir ici tout son
soûl et courrons piller le susdit manoir. Au retour, demain, nous
reprendrons ici ce beau capitaine, qui ne servirait maintenant qu'à
gêner notre expédition.
Proserpine nourrissait une idée toute fraîche éclose, idée hardie et
bizarre, dont elle n'avait garde de faire part au lieutenant.
Elle feignit d'acquiescer à son désir de tout préparer pour le départ.
--Allez faire manger la troupe, répondit-elle; je vais veiller ce
dormeur, et, s'il s'éveille, je le ferai boire pour qu'il reprenne son
somme.
Saccage descendit à l'office, se fit livrer toutes les provisions en
porc salé et conserves de gros gibier, puis passa à l'écurie, où ses
hommes et ceux du capitaine s'étaient installés.
La distribution des vivres et surtout du vin fut faite sous ses yeux
avec une prudente parcimonie; il veilla lui-même à ce que la garde fût
bien montée. Les hommes de Proserpine étaient attablés dans la cuisine
et soupaient joyeusement de la copieuse desserte des officiers.
Pendant ce temps, la lieutenante fit monter le maître-queux, qui la
trouva chauffant ses grosses jambes bottées, dans une attitude
masculine.
Ils étaient seuls, car le capitaine ronflait dans son pâté.
--Asseyez-vous là, marquis, et causons, dit-elle d'un air affable assez
risible. Il faut que vous connaissiez votre situation et la mienne, et
je vous ferai voir bien des choses en peu de mots, car le temps presse.
Le marquis s'assit en silence.
--Il faut vous dire, reprit la dame-brigand, que, lorsque vous me
renvoyâtes incivilement de votre gentilhommière, j'entrai au service de
madame de Gartempe, qui s'en allait dans le pays Messin de Lorraine, où
elle a des biens de conséquence.
--Je le sais, dit le marquis; vous étiez là chez une dame fort
qualifiée, et ce n'était point déroger. Comment se fait-il!...
--Que je l'aie si tôt quittée? Je m'étais mis la dévotion en tête chez
vous, parce qu'on aime à faire le contraire de ce que font les gens qui
nous commandent; et c'est pour cela que, trouvant ma grande dame trop
exigeante pour ma conscience, je me tournai du côté des réformés, ce qui
me servit à me faire chasser par elle, beaucoup plus durement que par
vous, je le confesse!
»Sur ces entrefaites, il arriva au pays Messin un corps d'aventuriers de
tous les pays, qui avaient servi ce brave capitaine que l'on appelle
là-bas le bâtard de Mansfeld, et qui, battus sur l'autre rive du Rhin
par les troupes catholiques de l'empereur cherchaient fortune en Alsace
et en Lorraine.
»On avait grand'peur de ces gens-là, moi tout comme les autres; mais le
hasard me fit rencontrer parmi eux quelqu'un que vous voyez ici, et qui,
ayant sauvé une bonne somme, venait de congédier ses soldats et songeait
à revenir à Bourges pour s'établir et vieillir en paix.
»Il se rappelait si bien le Berry, que la connaissance fut bientôt faite
et qu'il m'offrit son coeur et sa main.
»Je ne sais pourquoi j'hésitai à me lier; mais en ce qui est
très-assuré, mon cher marquis, c'est que votre château sera pris cette
nuit et brûlé demain matin.
--C'est donc là véritablement le but de votre expédition? dit le marquis
affectant un grand calme. Est-ce vous qui avez suggéré cette idée au
capitaine Macabre? Je ne puis croire que vous soyez une personne
vindicative et perverse à ce point.
--L'idée n'est pas venue de moi; mais, sans le vouloir, je l'ai suggérée
à cet animal rapace, pour lui avoir imprudemment parlé de votre trésor.
À peine sut-il le fait, qu'il m'accabla de questions, et moi, sans
savoir où il voulait en venir, je lui donnai assez de détails pour le
convaincre qu'il serait facile de s'en emparer.
»À mes paroles imprudentes se joignirent des lettres que j'eus aussi
l'imprudence de lui montrer. L'une venait de M. Poulain; l'autre de
Sanche. Tous deux me donnaient des nouvelles de M. d'Alvimar; tous deux
me croyaient encore dans ce qu'ils appellent les bons principes, et,
comme il est utile d'avoir des amis partout, je me gardais de leur faire
savoir en quelle compagnie je me trouvais.
»Si bien, mon cher marquis, qu'un beau jour Macabre s'en alla en Alsace
et y retrouva plusieurs de ses anciens reîtres; il en enrôla d'autres
qui ne demandaient qu'à rentrer en campagne, et s'adjoignit le
lieutenant Saccage, qui est un homme habile et infatigable, et, tout
cela fait, il vint à Linières, d'où, avec quelques-uns des siens, il
s'en alla, la nuit dernière, à Brilbault, donnant rendez-vous aux autres
pour cette nuit à l'auberge isolée où nous voici.»
Bois-Doré écoutait avec grande attention, mais en cachant la surprise
et l'inquiétude que lui causaient toutes ces découvertes.
En se rappelant les apparitions de Brilbault, il jeta machinalement les
yeux sur la muraille de la salle où il se trouvait et vit se répéter la
figure à gros nez crochu, à longue moustache et à morion empanaché du
capitaine Macabre.
C'était bien là le profil qu'il avait vu à Brilbault, et nul doute que
le recteur Poulain, qu'il avait cru y reconnaître, ne fût aussi de la
partie. D'ailleurs, le marquis ne venait-il pas d'entendre de la bouche
de Proserpine que d'Alvimar avait survécu au terrible duel de la
Rochaille?
Il s'abstint de toute réflexion, et se contenta d'interroger la dame,
qui le confirma dans toutes ses appréhensions.
D'Alvimar avait vu avec horreur le huguenot Macabre à son lit de mort.
Mais Sanche avait fait serment de se joindre aux reîtres, avec ceux des
bandits bohémiens qui voudraient le suivre, aussitôt que d'Alvimar
aurait rendu le dernier soupir.
--Dès ce matin, ajouta Proserpine, Macabre est retourné à Thevet, où
nous l'attendions, Saccage et moi, avec nos gens, et où nous étions
campés hors la ville sans vouloir effrayer ni maltraiter personne. C'est
ainsi que, grâce à la prudence et à la bonne discipline de nos
aventuriers, nous avons pu faire plus de cent lieues à travers la
France, sans être forcés de livrer bataille. Nous nous faisions passer
pour des volontaires vendus au roi, et nous montrions un faux brevet. De
cette manière, ceux de nos gens qui voudront aller chercher fortune dans
le camp huguenot ou ailleurs pourront gagner le Poitou. Macabre compte
leur donner carrière, sauf à tirer de son côté avec vos dépouilles, s'il
voit nos cavaliers s'aventurer dans de trop mauvaises affaires. Donc,
mon cher marquis, nous voici en mesure de vous ruiner, et, pour votre
malheur, vous êtes venu vous jeter ici dans les mains de gens bien
décidés à vous ôter la vie.
--C'est-à-dire que mon sort est dans les vôtres, répondit le marquis, et
vous me le dites pour me faire comprendre la reconnaissance que je vous
dois. Comptez, Bellinde, qu'elle ne se bornera point à des paroles, et
que, si vous renoncez également à faire marcher sur Briantes, vous y
trouverez plus de profit qu'à partager mes dépouilles avec cette bande
de larrons.
--Pour cela, je vous l'ai dit, marquis, ce n'est pas moi qui dirige;
mais je puis vous aider à vous débarrasser du capitaine, et faire
entendre raison au lieutenant, qui aime mieux l'argent que les coups.
--Donc, c'est ma rançon et celle de mon château que vous voulez. Évaluez
d'abord celle de ma personne, laquelle est, je le confesse, sans
défense, en votre pouvoir. Quant au château...
--Quant au château, vous pensez qu'une fois libre, vous le défendrez!
Aussi ne serez-vous point libre avant que nous en soyons sortis, à moins
que...
--À moins que je ne paye?
--À moins que vous ne signiez, monsieur le marquis! car votre seing est
sacré pour qui, comme votre fidèle Bellinde, connaît l'honneur d'un
gentilhomme tel que vous.
--Que voulez-vous donc que je signe? dit le marquis, facilement résigné
toutes les fois qu'il s'agissait d'argent.
La Proserpine garda un instant le silence. Son visage prit une
expression de malice diabolique, et cependant il s'y peignit, en même
temps, une anxiété singulière, comme si elle eût rougi quelque peu de
ses exigences.
--Allons, allons, lui dit le marquis, parlez et finissons vite, avant
que votre compagnon s'éveille.
--Mon compagnon n'est pas mon époux, vous le savez, monsieur le marquis,
reprit la lieutenante en minaudant. Il est fort laid et fort bête... et,
bien que vous ne soyez pas plus jeune que lui, vous avez encore des
agréments... auxquels je n'ai pas toujours été aussi insensible que je
le paraissais.
--Quelles folies me contez-vous là, ma pauvre Bellinde?... Allons, trêve
de plaisanteries... Concluons!
--Je ne plaisante pas, marquis! J'ai toujours eu la passion d'être une
femme de qualité, et, s'il faut conclure, voici mon unique et dernier
mot: Soyez libre! pas de rançon! Partez, courez défendre votre manoir,
si je ne puis empêcher qu'on l'attaque, et, quel que soit le résultat de
l'affaire, vous tiendrez la parole que vous allez m'écrire de me prendre
pour votre femme légitime et légataire universelle.
--Ma femme, vous! s'écria le marquis en reculant de stupeur; y
songez-vous? ma légatrice! quand Mario...
--Ah! nous y voilà! c'est le beau petit qui est l'achoppement. Mais
soyez tranquille, j'aurai des bontés pour lui, s'il se conduit avec moi
comme il le doit, et, à ma mort, votre bien pourra lui revenir, pourvu
que je sois contente de lui.
--Bellinde, vous êtes folle! dit le marquis en se levant; à moins que
tout ceci ne soit un jeu...
--Ce n'est point un jeu, et, mort de ma vie! dit-elle en se levant
aussi, si vous n'écrivez tout de suite ce que j'exige, j'éveille le
capitaine et je fais monter mes gens!
--Faites-moi donc massacrer, si bon vous semble, répondit Bois-Doré: je
ne me prêterai jamais à votre fantaisie! Mais sachez que je ne me
laisserai point égorger comme un mouton et que...
Le marquis, dégainant son couteau, s'était élancé vers la porte pour
recevoir les assassins, que Bellinde, étranglée de dépit, s'efforçait en
vain d'appeler, lorsque le Macabre se leva tout à coup en trébuchant, et
lança à la tête de son _épouse_ un broc qui l'eût tuée, s'il eût eu la
main plus assurée.
--Détestable carogne! s'écria-t-il en la poursuivant par la chambre; ah!
tu veux épouser ton vieux marquis? Tu me crois sourd peut-être, et tu ne
sais pas que le capitaine Macabre ne dort que d'un oeil et d'une oreille!
Reste-là, toi, marquis! Je ne t'en veux point, car tu as refusé les
offres de cette damnée Putiphar. Reste, dis-je! Aide-moi à attraper la
diablesse! Je lui veux tordre le cou en bonne forme et faire un tambour
de sa peau!
Malgré ces séduisantes invitations, le marquis, laissant les deux amants
aux prises, s'était élancé dans l'escalier, et Mario, effrayé du bruit
qui se faisait dans la salle haute, s'était aussi élancé vers lui. Mais
ils ne purent ni remonter ni descendre.
D'un côté, Proserpine, poursuivie par le Macabre, qui l'assommait à
coups de bâton de chaise, roulait sur eux dans l'escalier, de l'autre,
les reîtres de la lieutenante accouraient pour apaiser cette scène
conjugale.
Ce fut bientôt fait.
La Proserpine, échevelée, se releva et se jeta au milieu d'eux, qui,
sans respect pour le capitaine, le saisirent assez brutalement,
l'emportèrent dans la salle et l'y enfermèrent en se moquant de ses cris
et de ses menaces.
La lieutenante, habituée à ces orages, ne fut pas longtemps non plus à
se remettre.
À peine eut-elle avalé un verre de genièvre de Marche, que lui présenta
un de ses pages, qu'elle chercha d'un oeil d'oiseau de proie sa victime,
réfugiée dans un coin.
--Le cuisinier, le cuisinier! s'écria-t-elle. Amenez devant moi le
cuisinier.