«Noël! Noël! jour d'espérance et d'amour, s'écrie un écrivain étranger;
est-il un peuple dans le monde chrétien chez lequel le retour de cette
fête ne soit célébré par des usages, des jeux, des chants et des
traditions qui varient selon le sol et le climat, prenant les teintes du
caractère national, gais ou sombres, tristes ou folâtres, suivant qu'ils
ont été créés par une imagination vive ou mélancolique et plus ou moins
amie du mystère?»
En effet, les conditions du milieu ont une action prépondérante sur les
réjouissances populaires. Dans les pays du Midi où le soleil brille de
tous ses feux sous un ciel d'azur dont aucune vapeur ne vient ternir
l'éclat, où l'on jouit des nuits étoilées, des vents de mer à la tiède
et caressante haleine, la vie est pour ainsi dire tout entière au
dehors, tandis que, dans les pays du Nord, où sévit le froid, la neige,
la glace et la bise mordante, les habitants se renferment des mois
entiers dans leur demeure et se groupent autour de l'âtre où flamboie et
pétille la grosse bûche de la forêt.
De là, en Italie et en Espagne, les coutumes de Noël sont plus
extérieures, plus bruyantes, en un mot, l'expression d'une joie plus
expansive et toute méridionale. Elles n'en ont pas moins le caractère
essentiellement religieux qu'on rencontre dans les pays du Nord.