Il aurait commencé, sans doute, selon sa puissante méthode analytique,
par considérer d'un coup d'oeil et par caractériser sans illusion
l'état de l'Europe, afin d'y faire prendre à la France la position
juste, forte et pacifique, sur ce champ de manoeuvre de la diplomatie;
il aurait cherché, en méprisant les préjugés populaires et les
forfanteries soldatesques, quel était et où était le système
d'alliance actuel le plus propre à assurer l'existence, la durée, la
prépondérance légitime de la France, tout en maintenant le plus
longtemps possible à l'Europe l'inappréciable bienfait de la paix.
Or voici, selon nous, comment la géographie diplomatique de l'Europe
se serait dessinée à ses yeux exercés, et comment il aurait, de ce
coup d'oeil de haut sur les choses, conclu au système le plus actuel
d'alliance, soit pour la guerre, soit pour la paix, convenable à son
pays. Il faut être très-hardi pour oser le dire; mais, du fond du
sépulcre ou du fond de la retraite, hors des choses humaines, on est
très-hardi. Permettez-moi donc de prêter à cette grande ombre la
parole très-pâle d'un de ses disciples: