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Cette ténacité de l'Autriche à préserver l'empire napoléonien, même

après toute espérance perdue, éclate encore en mauvaise humeur

évidente contre les Bourbons, après l'abdication et après la

réinstallation de Louis XVIII sur le trône. Tous les efforts de M. de

Talleyrand au congrès de Vienne ne tendent qu'à neutraliser cette

mauvaise humeur de l'Autriche. Cette mauvaise humeur du cabinet de

Vienne précipite même M. de Talleyrand dans la seule grosse faute

d'habileté diplomatique qu'il ait jamais commise dans sa carrière de

négociateur. Nous voulons parler de son traité secret et séparé,

pendant une négociation commune, en faveur de la Saxe; traité

téméraire divulgué par l'indiscrétion des contractants, et propre à

donner défiance et jalousie à la Russie contre nous.

Aussi tout le temps que la Restauration règne en France, l'Autriche,

irritée d'avoir perdu notre alliance exclusive, se montre-t-elle

partout et en toute occasion l'alliée la plus difficile, la plus

susceptible, la plus envieuse, disons le mot, la plus hostile contre

nous: colère d'une puissance qui ne nous pardonne pas de caresser

d'autres alliances que la sienne. Elle ne manque pas, en Italie, en

Espagne, en Afrique, au congrès de Vérone, au congrès de Laybach et

ailleurs, l'occasion d'un froissement avec nous: libérale quand nous

sommes absolutistes, jésuitique quand nous sommes libéraux, papale

quand nous sommes tolérants, piémontaise quand le Piémont nous donne

des ombrages, napolitaine sans concession quand nous désirons

concilier à Naples le gouvernement représentatif avec la maison de

Bourbon, illibérale et tracassière en Toscane quand le gouvernement

toscan se popularise par l'esprit de Léopold et de la France;

antagonisme systématique et perpétuel qui prouve plus d'animosité

contre les Bourbons que de monarchisme dans M. de Metternich, le

Talleyrand autrichien. Ce ressentiment de M. de Metternich avait la

même cause, la douleur chagrine de ne pas posséder seul pour sa

monarchie l'alliance du cabinet des Tuileries.

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 165 / 171 题