XIV

Or il y avait alors, comme il y a encore en France, deux esprits

révolutionnaires très-distincts et très-opposés: l'esprit

philosophique de la révolution, et l'esprit turbulent de la guerre.

L'un était l'esprit des hautes classes, y compris le club des

Jacobins, les hommes de paroles, de systèmes, d'utopies, de réformes,

de liberté, d'égalité pratiques: ceux-là regardant la paix et la

fraternité entre les peuples comme le premier bienfait de la

révolution; les autres, passions populaires et soldatesques plus

qu'intelligentes, vociférant la guerre universelle à grands cris, et

surtout la guerre à l'Angleterre, par ce vieux ressentiment hébété qui

fait partout appel à son bras, ne pouvant pas faire appel à sa tête,

brutalité des places publiques et des casernes, qui n'a pour

diplomatie que des vociférations et pour traités que des levées en

masse.

Les assemblées, les journaux et les clubs voyaient lutter dans leurs

feuilles, dans leurs harangues, ces deux esprits. La guerre à tout le

monde, et, avant tout le monde, à l'Angleterre, était le texte

délirant des sociétés les plus populaires, à l'exception des

supériorités de ce parti, assez hommes d'État pour comprendre que la

guerre dévorerait, au premier coup de tambour, la liberté et la

révolution.

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 100 / 171 题