C'est ainsi que je lus pour la première fois l'Arioste. Depuis ce
séjour dans la villa de la belle veuve de Venise, je le relis presque
tous les ans en automne; mais j'avoue que ce qui me charme le plus
dans ces aventures, ce sont moins les légers fantômes d'Angélique,
d'Isabelle, de Ginevra, que les fantômes aussi charmants, hélas! et
plus réels, de la comtesse Léna et de sa fille.
Et c'est ainsi qu'il faut lire les poëtes, à deux, pour qu'un écho du
coeur se répercute sur un autre coeur, et pour qu'une impression soit
en même temps un souvenir.