SOUS LE VOILE DU SOMMEIL SIMULÉ

Elle s’était dévêtue et elle s’était endormie auprès de moi. Son corps

me paraissait plus long qu’à l’ordinaire. J’avais perdu la raison en

voyant ma bien-aimée dévêtue et endormie auprès de moi.

Je n’osais pas bouger de peur de l’éveiller. La lampe avait perdu la

raison comme moi, car elle jetait de grandes flammes qui dansaient sur

les étoffes de soie et sur le corps nu de ma bien-aimée.

Comme moi-même et comme la lampe, ma bien-aimée était enivrée par le

sommeil car soudain, d’un geste machinal et négligent, elle parcourut

mon corps avec la main.

Et les étoffes, le lit d’acajou et les étoiles à la fenêtre devinrent

ivres à leur tour et tourbillonnèrent autour de moi quand je vis que ma

bien-aimée ne dormait pas et que ses prunelles luisaient entre ses

paupières demi fermées.

Le livre des lotus entr'ouverts · 第 55 / 92 题