LES PLUMES DU PAON

Une très belle femme se tenait sur un balcon. On voyait sous la

mousseline la chair laiteuse de ses épaules, elle était couverte de

bijoux comme une idole et elle cachait à demi son visage derrière un

éventail en plumes de paon éblouissantes.

Et moi, je la regardais longuement, oubliant Padmani qui marchait à côté

de moi, car la beauté d’une femme est plus grande sur un balcon à cause

du mystère de la chambre qui est derrière. Et j’aurais bien voulu être

remarqué d’elle et je me redressai et me retournai de son côté.

Padmani ne dit rien, mais avec une ridicule affectation, elle resta

taciturne et un peu plus tard, je pensai qu’elle était affligée de mon

long regard et je lui dis: «Es-tu triste parce que tu es jalouse de la

belle femme du balcon? Dis-moi tes pensées pour que je te console.»

--Je suis triste, a-t-elle répondu, à cause des éblouissantes plumes de

l’éventail. Le paon qui les a portées ne dessinera plus au soleil une

roue multicolore. Comme on est cruel avec les oiseaux! Ne savais-tu pas

que le paon est l’oiseau que j’aime le mieux?»

Le livre des lotus entr'ouverts · 第 18 / 92 题