Ce début ne l’enthousiasme guère. Il est clair qu’elle continue à avoir

envie de pleurer. D’autre part il y a la possibilité de son sommeil, si

je l’ennuie. Cette aventure n’est pas beaucoup à craindre, car la pauvre

Zinette n’a pas eu l’habitude des longs repos que l’on permet aux petits

enfants riches. Passé l’âge de quatre ans, elle s’est levée le matin

comme une personne naturelle et a traîné son existence chétive tout le

long du jour, ayant, justement, la fièvre du sommeil qui ne vient pas.

C’est à cet état qu’il faut attribuer sa petite imagination

d’hallucinée, en même temps que ses phrases courtes d’oracle.

--Souris, donnez-moi la main pour ne pas avoir peur et nous allons nous

promener dans ce parc, le seul vrai jardin que je connaisse bien, car,

moi non plus, je ne connais pas la campagne, celle qu’on ne cultive pas

pour le plaisir des yeux. Regardez, ma Souris, c’est le printemps, un

décor de printemps! Les grappes jaunes des cytises qui retombent en

cascade sur les grappes mauves des lilas font des bijoux d’or sur la

soie d’une écharpe. Elles se ressemblent un peu, ces fleurs-là, et se

font valoir l’une l’autre par leur nuance. Voyez-vous, dans l’herbe, ces

violettes, ce grand tapis parfumé?... Vous avez déjà vu des violettes en

petits bouquets ronds? Là, chacune a sa petite vie à elle et se tourne

comme elle veut, en révérence vers le soleil. Oh! pas besoin d’ombrelle,

chacune a la sienne en satin vert. Vous m’écoutez, Souris?

La petite se serre dans mon bras gauche et j’envoie la fumée de ma

cigarette du côté droit en la sentant trembler chaque fois que la lueur

du feu approche de mes lèvres.

--Monmami, je n’ai pas peur du tout.

--Allons tant mieux! Là-bas, dans le fond, où le jardin finit, il y a un

bois de sapin. Tu sais bien... l’arbre de Noël!

--J’en ai jamais vu.

--Enfin... c’est tout droit, avec des branches illuminées... non, des

feuillages durs, pointus, très noirs et le vent qui passe là dedans, ça

leur peigne les cheveux en faisant une plainte douce...

--C’est comme ta Souris... quand on les lui arrache.

--Précisément. Et puis voici que toutes les bêtes de la création,

c’est-à-dire de ton alphabet, passent à leur tour... aux dents du

peigne! Tant qu’il n’y avait que des fleurs, ce n’était pas grave, des

fleurs d’or sur un fond noir de sapins en deuil ou de violettes, mais

voici le lion, le tigre, l’ours, la panthère, le singe, jusqu’au très

vilain serpent. (Souris trépigne de joie et s’écrie: _Et le chat! Le

chat!_) Certainement, le chat aussi, et le chien aussi qui représente la

fidélité, toutes les bêtes féroces, quoi! (Je divague absolument et non

seulement je la vois s’intéresser, mais elle regarde au bout du salon,

dans une draperie vert-mousse imitant le bois de sapins à ses yeux

complaisants). Alors, Souris, toutes ces bêtes s’avancent, elles sont

féroces, je crois t’avoir prévenue et elles veulent te dévorer...

Souris tire la langue.

--Zut!

--Ah! non! Il ne faut pas dire: zut, d’abord parce que ce n’est pas

convenable et ensuite parce qu’on ignore toujours ce qui peut arriver au

fond d’un bois.

--Puisqu’on se promène tous les deux.

--Oui, mais, si je ne peux pas te défendre?

Elle rit tendrement.

--Ce serait pas bien sûr puisque tu es le plus grand.

--Soit, alors, Souris, vous êtes une «_infante en robe de parade_» ou

une toute petite souris d’ivoire à collerette de vermeil et,

successivement tous ces animaux, gentils et changés en princes charmants

viennent vous baiser La main. L’histoire est finie. (Quelle morale, mon

Dieu!)

Transportée, Souris saute à pieds joints dans les coussins bleu-paon et

subitement, elle si réservée, si timide, elle qui n’a jamais pensé à ça

et, surtout, _elle à qui je ne l’ai jamais demandé_, jette ses petits

bras de porcelaine transparente autour de mon cou et m’embrasse dans

l’oreille, follement, à m’en faire crier. J’ai eu la sensation exacte du

tocsin annonçant la guerre ou l’incendie par la vibration de cette

caresse au fond de mon cerveau...

... Maintenant, c’est complet! Cette femme a parlé ou va parler à cette

enfant, j’en ai l’intuition affreuse. Souris n’est plus la même. L’autre

jour quand je l’ai mise à la porte un peu sévèrement en lui déclarant

qu’on n’embrassait jamais un monsieur sans sa permission... au moins

dans le monde, elle a très bien pris la réprimande et comme je n’ai pas

insisté, elle est partie contente en emportant son alphabet pour étudier

le nom des bêtes. Elle est revenue, aujourd’hui, les yeux remplis de

fièvre, son petit nez pincé et sa bouche à peine rose. Elle a pleuré et

ne veut pas dire pourquoi. Je ne peux lui tirer qu’une accusation vague

contre sa grand’mère qui la tourmente. Mon Dieu, quel genre de supplice

va-t-il encore me falloir endurer? Souris ne me regarde plus en face.

Or, comme je suis absolument certain que le trouble ne vient pas de moi

et que Zinette a six ans et demi, il faut tout de même qu’on m’explique

ce qui se passe.

Hélas, mon cher avocat, vous l’avez su, ce qui se passait. Zinette l’a

avoué par bribes mais vous ne l’avez pas crue parce que la victime

bénéficie toujours de son droit au silence éternel. Le rôle que moi je

ne pouvais ni ne voulais jouer, c’était elle, la sinistre entremetteuse

qui allait... _le doubler_.

Le jour où je me rendis chez ce médecin, j’avais la tête perdue, je ne

voulais pas risquer l’horreur d’abandonner Zinette à son tortionnaire et

je ne supportais pas, en outre, l’idée lancinante que la pauvre enfant,

si confiante, si joyeuse de vivre son heure de paradis, pût l’endurer,

maintenant, comme le supplice infernal de la peur. Ce malheureux petit

être ne vivra pas même une heure s’il éprouve une terreur très violente

qu’il ne s’expliquera pas et qu’on lui laissera entrevoir comme la

punition de m’avoir connu.

Zinette m’avait dit la veille:

--Monmami, pourquoi que tu veux pas m’embrasser? Grand’mère dit que

c’est parce que tu m’aimes pas.

Elle avait fini par avouer. C’était tout son chagrin, à présent, et

l’idée fixe, plantée comme un couteau, dans un cœur qu’on allait à

jamais déflorer.

En effet elle avait raison, l’enfant, parce que les petits enfants ça

s’embrasse. Je n’ai même jamais vu personne, ni homme ni femme, refuser

d’embrasser un enfant en supposant même que leurs lèvres puissent le

salir. La seule réponse à faire à Zinette était celle-ci, tout à fait

monstrueuse et qu’elle ne pourrait, bien entendu, pas comprendre, pas

plus que des hommes de lois, sans doute dans le genre de mon père, ne

peuvent arriver à admettre:

--Zinette, je ne t’embrasse pas parce que _je t’aime_. Mon devoir est,

cependant, de continuer à te protéger contre une femme qui t’a vendue

trois mille francs et qui te vendra peut-être moins cher encore à un

autre dès que je serai loin. Si je suis un grand coupable, elle est

encore bien plus coupable que moi.

Alors j’allai trouver ce médecin, un homme intelligent, très lancé dans

le monde où l’on s’amuse, mais tout de même capable de remplir une

mission diplomatique: visiter Zinette qui restait au lit, l’horrible

prison entre le fourneau et la boîte aux ordures, et que la concierge

elle-même déclarait bien malade. Zinette avait, maintenant, la double

peur de son ami et de son bourreau.

On passa un bon moment à se rappeler des duels retentissants où le

médecin avait joué son rôle pacificateur, et il fallut entendre des

histoires qui, jadis, m’auraient fait rire, mais que j’avais la plus

grande peine à supporter dans mon présent état d’esprit. Enfin je dis ce

que j’avais à dire et je lui démontrai la triste situation de la petite

enfant craintive, chétive, qui ne sortirait pas vivante de l’épreuve si

elle durait toute la fin de cet hiver pluvieux.

Le médecin me regardait attentivement. Son regard se voilait,

s’embusquait sous sa paupière et il m’étudiait:

--Dormoy, une question: Vous vous portez bien, vous?

--Oui, je le crois du moins. Je suis agacé par cette aventure qui n’est

pas du genre, je l’avoue, de mes aventures passées, mais il faut que

j’en sorte honorablement. Je suis loin de m’en amuser!

--Hum? Cette petite fille n’est ni de votre famille ni de votre monde et

vous êtes un dangereux parrain, vous, avec votre regard étrangement

brillant qui continue à parler de tout autre chose que de paternité.

Pourquoi diable, si vous aimez les enfants, n’en avez-vous point

vous-même? Ça vaudrait mieux.

--Je n’ai pas été chercher celui-là, il m’est tombé du ciel... alors,

dois-je le chasser de ma vie sous prétexte que je suis encore un

incorrigible garçon?

--Dormoy, cette petite fille de six ans est-elle jolie?

--Non, au moins pas à la façon d’une petite fille.

--Diable!... Écoutez-moi, mon cher ami, vous en dites trop ou trop peu.

Je ne comprends pas. Si je dois aller voir un enfant malade il faut,

_légalement_, que la famille m’y convie.

--Voulez-vous la voir chez moi?

--Encore moins! Seulement je vous dois une consultation puisque vous

êtes venu m’en demander une. (Il prit un air très fermé de médecin qui

pontifie.) Vous devez, dès ce soir, parcourir tous les établissements de

la capitale qui sont susceptibles de recéler une jolie fille, lui

proposer, quand vous aurez fixé votre choix, un voyage au long cours

et... vous serez guéri. Quant à la demoiselle de six ans, j’en réponds.

J’irai même la voir, si je découvre une occasion, dès que vous aurez

quitté Paris. Mais ce n’est pas elle, certainement, qui est très malade,

c’est vous.

Nous nous séparâmes un peu froidement. Les frasques de Don Juan pesaient

lourdement sur mes épaules et il y a des réputations qu’il faut savoir

porter jusqu’au bout. Je n’avouerai pas.

Retourner chez l’ogresse? Je le tentai, mais ce fut elle qui vint chez

moi... pour me demander un billet de mille de plus parce que la petite

était malade.

--Un mal de langueur, monsieur, qui a l’air de ressembler à des fatigues

de jeune mariée.

J’étais debout, devant elle, les bras croisés, la regardant fixement;

rien ne décelait ma fureur intérieure. Je ne répondis pas une syllabe.

Elle recula, gagna la porte et s’enfuit. Bernard prétendit, plus tard,

qu’elle avait tout à fait l’aspect de quelqu’un qui a reçu ou fait un

mauvais coup.

Je consultai tous les légistes, tous les gens, vieux ou jeunes qui

connaissaient le code et pourraient me renseigner sur la manière de

tourner la loi au sujet de la protection due aux mineurs.

Rien! La sombre porte de la justice ne s’ouvre pas comme celle de

l’église au pécheur repentant.

Et Zinette, _la souris japonaise_, prise au piège de la douleur

incompréhensible pour elle et déjà si formidablement compliquée pour

moi, se mourait doucement, sans se plaindre parce qu’elle savait bien

que le grand monsieur farouche, celui qu’elle appelait Monmami et qui

lui racontait de si belles histoires ne pouvait pas souffrir les petites

filles mal élevées, c’est-à-dire trop intempestivement caressantes.

Je pensais aussi au commissaire de police, mais pour aller le trouver il

fallait déclarer le chantage, dénoncer une femme à qui j’avais juré de

ne rien dire et, sincèrement, quel est l’homme raisonnable, le policier

un peu averti qui croirait à une pareille révolte de la sensibilité d’un

maniaque... ayant payé pour ne pas prendre livraison de la marchandise?

Un soir, je me mis à mettre de l’ordre chez moi, je rangeai des papiers

et j’en brûlai quelques-uns. Je fis un testament ridicule; je léguais un

pavillon de chasse à une petite fille de six ans et toute ma fortune...

à la société, pour lui payer ma dette, car j’allais être bien obligé de

lui rendre des comptes. On ne fait jamais de ces coups-là sans être

responsable... je veux dire, condamné aux dépens.

Me tuer? Non! Qui donc aurait pu défendre l’honneur de ma souris

japonaise?

Je vécus jusqu’à onze heures du soir dans une sorte de fièvre étrange

qui me donnait une lucidité remarquable, un état de dédoublement. Je

regardais de très haut ce que je faisais, mais peut-être qu’au dernier

moment je me sentirais arrêté, empêché, par une puissance mystérieuse

ou, simplement, la libération de ce sentiment effroyable qui me faisait

marcher dans l’obscurité à ma propre perte. Ah! si j’avais pu me

confesser à l’abbé Armand de Sembleuse...

Quand tout fut fini je regardai l’heure et je me dis, me consultant

avant de sortir:

--Ce médecin, s’il avait raison, pourtant? Si je n’étais qu’un malade,

encore bien plus malade qu’elle?

Je passai par la fenêtre de mon cabinet de toilette que je laissai

grande ouverte.

La cour était tranquille, sombre et humide comme le fond d’un puits. Il

pleuvait et il n’y avait personne aux balcons du troisième, ni aux

cuisines du quatrième, pas plus que sur les portes des escaliers de

service. Bernard, mon valet de chambre, était sorti ayant une permission

de théâtre et je le connaissais assez pour penser qu’il s’offrirait,

ensuite, le petit souper réglementaire. Je vins me coller contre cette

autre fenêtre qui s’ouvrait quelquefois, oh! très rarement, la dame

n’aimant pas les courants d’air, sur la vision particulièrement

répugnante pour moi du gros édredon rouge. Je ne pouvais rien apercevoir

parce qu’il barrait presque toute la chambre. Elle avait son lit en face

du petit berceau misérable et elle interceptait la circulation de la vie

jusqu’à ce tombeau d’enfant placé à égale distance du feu défendu et des

ordures permises. Où était-elle, ma souris? Le silence régnait. Pour

entendre il aurait fallu entrer... mais, comme un bon cambrioleur

j’avais ce qu’il fallait: un diamant énorme, une pierre à pivot pointu

qui avait, jadis, servi de fermoir à un collier de Lucienne. Je coupai

la vitre et je fis cela aussi tranquillement que si j’avais voulu écrire

mon nom sur une glace de cabinet particulier comme un simple imbécile.

La vitre tomba sur l’édredon sans le moindre bruit. Je passai le bras,

tournai l’espagnolette et me glissai dans la chambre avec la souple

ondulation d’un clown. J’étais en veston d’intérieur, rien ne gênait mes

mouvements. Je me rappelle que je mis la vitre coupée derrière le lit et

que j’eus le soin de serrer le diamant dans la poche gauche de mon

veston sous un grand mouchoir de soie, mais réflexion faite, je n’avais

plus besoin de ce mouchoir, mes mains, _que je gantai_, suffiraient.

J’entendis alors une petite voix lointaine qui soufflait ceci:

--Grand’mère! Un homme! Oh! grand’mère... J’ai peur.

Puis je n’entendis plus rien parce que j’étais très occupé. Cela rendit

un son de bois mort que l’on casse, du bois très sec, un peu comme le

craquement de ma canne éclatant, l’autre fois, dans l’effort que je

faisais pour demeurer poli. Et ce fut à ce moment-là que la petite,

dressée, toute vibrante, se mit à hurler comme un pauvre chien fidèle.

Elle ne savait pas ce qui produisait ce bruit affreux mais son instinct

d’animal souffrant en devinait le résultat.

Après avoir jeté l’édredon sur celle que je venais d’étrangler je passai

par-dessus le lit, d’un bond, pour me précipiter sur la petite statuette

blanche.

--Ma souris, murmurai-je, tais-toi! Tu vas ameuter toute la maison et on

croira qu’elle te tue, alors que... c’est le contraire. Souris, ne me

reconnais-tu pas?

Elle eut un tremblement de répulsion pour mes mains. Je les dégantai.

--Monmami! fit-elle tout de suite rassurée à leur contact chaud. Tu as

chassé le voleur?...

Il est évident qu’il fallait manquer de sens moral, comme j’en avais

toujours manqué, en toutes les grandes circonstances de ma vie, pour

parler à cette enfant dont je venais d’assassiner la grand’mère, _son

unique soutien_, mais c’était ma dernière minute de joie en ce monde et

je venais de la payer, cette fois, assez cher, pour n’en pas vouloir

perdre le très doux bénéfice.

--Souris, je vais partir pour un grand voyage, tu sais... comme dans les

cartes, et je suis venu t’embrasser parce que, pour se dire adieu, c’est

très permis de s’embrasser.

Elle se blottit sur ma poitrine. Son cœur d’oiseau battait aussi fort

que le mien.

--Elle s’est pas réveillée, grand’mère?

--Non. Elle ne bouge plus.

Et dans toute la maison rien ne s’agitait, personne ne devait avoir

entendu le cri aigu de la pauvre souris qui criait si souvent, jour et

nuit, qu’on n’y faisait plus guère attention.

--Et l’homme, _l’autre_ homme?

Souris était une remarquable logicienne.

--Il est très loin, Zinette, il ne te fera plus peur, jamais.

J’eus, une seconde, la pensée mauvaise de voler ce bibelot chez

_l’antiquaire_ et de me sauver avec lui, puisqu’aussi bien j’étais entré

comme un voleur. Seulement, je songeai que je ne me connaissais plus,

que, devenu un _autre_ homme, pour employer son expression, j’avais

peut-être acquis de nouveaux sentiments, un état d’âme insoupçonné et

que ces sortes de carnassiers, dont je faisais désormais partie,

étaient, disait-on, capables de tout après avoir eu le goût du sang.

Je recouchai un peu brutalement la _souris japonaise_ sous un long

baiser, très affectueux.

--Adieu, Souris, tu ne m’oublieras pas trop vite? Tu seras bien sage? Tu

vas dormir. Je le veux. Tu m’aimes bien, n’est-ce pas?

--Oui, Monmami, j’ai plus peur, mais j’ai bien sommeil.

Et elle me rendit mon baiser, tendrement, gaiement, se rendormant déjà.

Oh! le ravissement, pour une petite fille qu’on n’embrassait jamais, de

recevoir cette caresse inattendue, comme en un rêve!

On a raconté, je crois, que la petite avait dormi toute la matinée, ce

lendemain. Sa grand’mère n’exigeant pas le déjeuner servi au lit, la

pauvre Zinette en avait profité.

Je rentrai chez moi par le chemin des croisées ouvertes et je dormis, de

mon côté, profondément, sur le sofa de Don Juan, guetté par la petite

idole d’ivoire aux prunelles de rubis, la petite idole étrange qui

voyait rouge...

Et le lendemain, très correctement, je me rendis chez le commissaire de

police de mon quartier, pour me constituer prisonnier, parce que je ne

suis pas de ceux qu’on arrête.

E. GREVIN.--IMPRIMERIE DE LAGNY

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