VI

Nuit de passion exaltée et fiévreuse que cette nuit durant laquelle

Adrien connut l’amour. De son côté, tout fut candide et sincère; tout

feint et joué du côté de Laure. Ce n’est pas qu’elle demeurât insensible

à cette tendresse manifestée en protestations éloquentes, avec des

accents d’une adorable naïveté. Mais elle voulait s’attacher ce jeune

amant, le captiver à jamais. Jusqu’en ses ardeurs les plus brûlantes,

elle eut assez de sang-froid pour ne pas perdre de vue le but qu’elle

poursuivait. Elle ne se donna qu’en arrachant des promesses qu’elle ne

semblait pas solliciter. Entre les baisers, il y eut place pour les

projets d’avenir. Elle savait qu’Adrien était libre et riche;

habilement, elle l’amena à prendre l’engagement de la mettre pour toute

sa vie à l’abri du besoin. Elle ne lui demandait rien; mais elle lui

faisait de ses jours de misère une image si poignante qu’il s’écriait

exalté:

--Tout cela est fini, à jamais enseveli. Oublie ce passé odieux, ma

bien-aimée. J’embellirai ta vie en donnant à ta beauté, comme à notre

amour, un cadre digne d’eux.

On louerait dans la maison ou dans une maison voisine un appartement

spacieux et gai. Laure s’y fixerait seule en apparence, de manière à

laisser croire à ceux qu’elle connaissait que son indépendance recouvrée

était due, non aux générosités d’un amant, mais à un héritage. C’est là

qu’Adrien viendrait tous les jours, prendrait ses repas et coucherait,

ne gardant lui-même le logement qu’il occupait que pour dissimuler à sa

mère le secret de ses amours. Que de bonheur ils attendaient de leur

existence arrangée ainsi! Adrien continuerait ses études; puis, durant

la belle saison, ils voyageraient. C’étaient des rêves exquis dont ils

jouissaient par avance, et qu’ils n’interrompaient que pour se plonger

dans une réalité plus délicieuse encore.

Au milieu de ces transports, Laure cependant ressentait un regret. Elle

se demandait si elle avait été habile en cédant si vite aux

supplications d’Adrien, si, malgré ce qu’il connaissait de sa première

chute, il n’eût pas été possible, en se refusant plus longtemps, de

faire de lui un mari au lieu d’un amant. Ce doute répandait un nuage sur

le contentement de mademoiselle Malestra. Elle comprenait bien que la

rapidité qu’elle avait mise à se livrer, se retournerait contre elle,

quand s’apaiserait la première fougue d’Adrien. Alors, préoccupée de

conjurer ce danger encore lointain, elle jetait brusquement le spectacle

de ses larmes et d’un repentir simulé dans la béatitude de ces heures

inoubliables.

--Ne me reprocheras-tu pas un jour la facilité que tu as eue à me

convaincre? murmurait-elle.

--Te reprocher ce qui fait ton plus grand charme à mes yeux! s’écriait

Adrien; te reprocher de n’avoir pas voulu me torturer par des

coquetteries et des résistances calculées, de t’être laissé emporter par

ton cœur! Je serais un misérable. Certaine de la sincérité de mon amour,

tu t’es donnée. Je ne veux me le rappeler que pour te chérir davantage.

Et c’étaient des baisers plus tendres, des étreintes plus passionnées

auxquelles Laure ne se dérobait que pour trahir des terreurs nouvelles,

et faire croire que la joie d’être aimée s’évanouissait dans la peur

d’être abandonnée. Alors il la berçait en de douces paroles, aboutissant

toutes à cette promesse qui les résumait:

--Je ne t’abandonnerai pas.

--Ta mère voudra te marier!

--Je résisterai; je ne peux être à une autre femme, puisque je

t’appartiens.

Au petit jour, il fallut se séparer. Mademoiselle Malestra ne voulait

pas être vue chez son amant. Elle y était entrée à la nuit, les traits

cachés sous un voile épais; elle entendait en sortir de même, entourer

de mystère les visites qu’elle lui ferait encore, jusqu’à ce que

l’appartement qu’elle devait habiter fût prêt à la recevoir. Par les

rues désertes et froides, au long desquelles l’eau gelée des ruisseaux

étendait sur les pavés de larges coulées de verglas, Adrien la conduisit

jusqu’à sa porte. Sa profession l’obligeait à prolonger ses veilles

pendant la saison des bals; elle était accoutumée à rentrer tardivement.

Ils se quittèrent en se promettant de se retrouver le soir. Il revint en

toute hâte chez lui, se recoucha et dormit plusieurs heures, poursuivi

jusque dans son sommeil par le souvenir de ces moments enchantés.

La femme qui le servait ne le réveilla que pour lui annoncer son

déjeuner. Depuis longtemps déjà, Roudier l’attendait dans son cabinet en

lisant les journaux. Roudier, maintenant, prenait presque tous ses repas

chez son ami. Il n’attendait même plus qu’on l’invitât. Pour la première

fois, Adrien regretta de lui avoir laissé contracter cette habitude.

Après de si violentes émotions, il eût été heureux de se trouver seul.

--Et l’école, paresseux! qu’en faisons-nous? C’est par ces mots que

Roudier le salua; il ajouta ensuite, d’un ton railleur:--Ça sent la

femme, ici. Adrien voulut protester.--Ne nie pas, reprit l’autre,

l’évidence t’accable.

Et du bout de sa canne, il désignait un mouchoir bordé de dentelles,

oublié sur un fauteuil, et sur le tapis, une rose tombée du corsage de

Laure Malestra.

--Trêve aux plaisanteries, répondit Adrien; j’ai une maîtresse, tu l’as

deviné, garde-moi le secret.

--Une maîtresse! toi, le pur, le chaste! Et tu ne m’as rien dit!

--Tu la connaîtras plus tard, si tu t’engages à ne pas railler, blagueur

féroce. Elle est digne de ton respect.

--Digne de mon respect, une personne qui a passé la nuit chez toi!

--Jacques!

--C’est bien, je la vénérerai comme une madone. Est-ce assez? Où l’as-tu

connue?

--Je te le dirai un jour. Jusque-là, tu m’obligeras en ne me parlant pas

d’elle.

Roudier se tint pour averti. Ils passèrent dans la salle à manger. Le

déjeuner fut silencieux. Adrien se recueillait, craignant de laisser se

dissiper le trésor de ses émotions, s’emprisonnant volontairement dans

ses souvenirs. Mais quand, le repas fini, il fut revenu dans son cabinet

et s’y trouva seul avec Roudier, il ne put se défendre contre

l’impérieux besoin de lui confier son bonheur. Sans avoir été sollicité,

le secret sortit de sa bouche, avec l’histoire de son amour. Il révéla

ce que tout à l’heure il entendait garder caché.

Roudier l’écoutait sans l’interrompre, mécontent de sentir s’élever une

influence en face de la sienne, et la redoutant.

--Allons, je vois bien que je n’ai plus rien à faire ici, soupira-t-il.

L’amour est venu; c’en est fini de l’amitié.

--Es-tu fou? dit Adrien. T’ai-je donné le droit de me croire capable

d’oublier le passé? Tu seras toujours mon ami, je l’espère bien; notre

ami, continua-t-il en appuyant sur ces mots. Quand tu connaîtras Laure,

tu comprendras qu’il ne tient qu’à toi de garder ta place à mon côté.

Quelques jours après, mademoiselle Malestra abandonnait la mansarde où

depuis longtemps elle se morfondait dans une lutte désespérée contre

l’âpre nécessité. Même au moment d’en sortir pour toujours, elle refusa

d’y recevoir Adrien. Elle craignait d’être vue par lui dans ce cadre

sombre où partout se révélaient sa détresse, les humiliations subies,

les désespoirs amers, les expédients pour vivre. Montrer à Adrien ces

lieux maudits, c’eût été lui donner une idée trop haute de ses

bienfaits, imprimer ineffaçablement dans sa mémoire le souvenir de la

misère à laquelle il arrachait Laure, et lui laisser le droit de

supposer qu’en cédant à ses amoureuses supplications, elle était moins

préoccupée de le rendre heureux que de secouer le joug odieux de sa

pauvreté.

L’appartement loué pour elle et meublé en quelques jours par Adrien,

était situé dans la rue qu’il habitait, non loin de sa maison. Les

croisées prenaient jour sur un vaste jardin. Décorateurs et tapissiers

avaient fait merveille. L’argent et le goût sont des magiciens puissants

et ingénieux. La prodigalité de l’amant et la fantaisie de la femme

s’étaient unies pour créer là un vrai nid d’amour.

Mademoiselle Malestra vint s’installer un soir dans sa nouvelle demeure,

conduite par Adrien, qui lui en fit les honneurs. Le logis était chaud,

éclairé et riant, le dîner servi, les domestiques discrets. Au moment où

les amoureux allaient se mettre à table, Jacques Roudier arriva.

Présenté par Adrien comme un ancien et fidèle ami, il fut à l’aise tout

de suite. A la fin de la soirée, il causait avec Laure familièrement

comme avec un vieux camarade. Il reprenait là ses habitudes, bruyant,

railleur, impérieux, sans gêne, s’allongeait dans les fauteuils,

secouait sur les tapis la cendre de son cigare, s’invitait pour le

lendemain et pour les jours suivants.

Accoutumé à ses excentricités, Adrien ne s’en étonnait plus; le bonheur

le rendait indulgent. Quant à Laure, loin d’être choquée par les allures

de Roudier, elle subissait son charme. Avec sa grosse gaieté lourde, sa

verve intarissable, sa paresse révélée dans le négligé de ses vêtements,

la promptitude de son coup d’œil où pétillait la ruse, ses instincts

rapaces qu’elle devinait sous le sourire bon enfant et l’apparente

insouciance du lendemain, sa serviabilité un peu brutale dissimulant des

calculs sans fin, il plaisait à cette femme, qui retrouvait en lui ses

goûts, ses désirs, ses ambitions basses, les préoccupations qui

l’obsédaient elle-même. Elle admirait ses larges épaules, son cou de

taureau, sa lèvre lippue où éclataient les appétits sensuels. Elle le

regardait à la dérobée, déjà séduite. La femelle reconnaissait son mâle

dans ce garçon encombrant et robuste, bien plus que dans le jeune homme

nerveux, frêle et doux, aux bras de qui l’avait jetée sa misère et

qu’elle feignait d’aimer.

Au premier regard échangé, leurs deux perversités se comprirent. Pour

l’ami comme pour la maîtresse, Adrien de Varimpré était une proie, sur

laquelle, gueux, dépenaillés, affamés, ils comptaient se remplumer,

chacun d’eux exerçant son influence par les moyens qui lui étaient

propres et au mieux de ses intérêts. Dès cette rencontre, et sans qu’ils

se fussent rien confié, un pacte tacite se formait entre ces natures

vénales et fausses. C’était le «part à deux» que se jettent comme un cri

d’entente et de ralliement deux larrons acharnés sur la même victime.

Cette complicité encore inactive, mais déjà menaçante, se créait en

présence d’Adrien, qui n’y voyait rien. Il souriait, heureux, confiant,

croyant les autres tels qu’il était lui-même, se reposant sur leur

loyauté, aveuglé par l’amour qui le livrait sans défense à une créature

déchue, dégradée et pervertie, et la lui montrait dans un horizon

radieux comme la compagne de sa vie, rapprochée de lui par l’identité de

leurs infortunes passées, maintenant à jamais oubliées.

Au moment où ces périls imminents, quoique invisibles encore, montaient

autour de lui à la faveur de son inexpérience et de sa crédulité, sa

mère se préparait à le rejoindre. Elle lui devait ses conseils, son

appui, les témoignages de son amour. Responsable de son salut, elle

était tenue de veiller sur cette âme tendre et sensible, qu’elle

devinait meurtrie, découragée, jetée hors du droit chemin. Ces graves

considérations, l’étrangeté et l’imprévu de l’événement qui venait de

lui rendre son fils, avaient déterminé ses directeurs à lui permettre de

quitter le Carmel de Beaucaire pour résider dans une des maisons de

Paris. La date de son départ n’était pas encore fixée. Elle ne le serait

que lorsque le chapitre aurait procédé à l’élection d’une nouvelle

prieure, en remplacement de la mère Thérèse de Jésus.

Les nombreuses lettres que recevait Adrien depuis qu’il s’était fixé à

Paris, l’entretenaient de ces détails, lui apportaient des

avertissements dont le témoignage d’une tendresse profonde tempérait

l’austérité. Elles lui parlaient plus souvent du ciel que de la terre,

de l’avenir que du présent. L’objectif suprême qu’elles lui rappelaient

sans cesse, c’était l’éternité. Parfois, cependant, elles manifestaient

le regret qu’éprouvait Nicolette de s’être donnée pour toujours à Dieu,

d’avoir enchaîné sa liberté, de ne pouvoir la ressaisir pour se

consacrer à son fils. Il est vrai que ce regret, à peine exprimé par la

mère, la religieuse essayait d’en atténuer l’expression en disant que

bientôt Adrien pourrait la voir tous les jours, et trouverait auprès

d’elle l’affection à laquelle il avait droit. Mais il jugeait que

c’était là une faible compensation à tout ce qui lui manquait. Malgré

tout, l’implacable égoïsme de la dévote, après avoir pesé sur la vie

d’Adrien, se trahissait encore, lui apparaissait plus cruel, aigrissait

son cœur, amenait sous sa plume des paroles amères.

Cet état se prolongea jusqu’au jour où il connut Laure Malestra. Alors,

son ressentiment s’apaisa. Pendant les quelques semaines où, jouet de

ses illusions, il put croire qu’il avait trouvé avec une maîtresse

aimante et dévouée un bonheur sans fin, le souvenir de l’égoïsme

maternel s’évanouit. Quand lui parvint la nouvelle de la prochaine

arrivée de madame de Varimpré, désormais certaine, cette nouvelle, loin

de lui causer toute la satisfaction qu’il en espérait naguère, le laissa

froid. Elle lui fit même concevoir une inquiétude. Il vivait en plein

bonheur. N’aurait-il pas à défendre ce bonheur contre les scrupules

religieux de sa mère, si elle le découvrait? Les liens qu’il venait de

former étaient criminels, selon la loi de l’Église; ils compromettaient

son salut. Sa mère s’efforcerait de les briser. C’est de cela que

vaguement il s’alarmait.

Cette préoccupation eut aussi peu de durée que son bonheur. En moins

d’un mois, elle fut emportée par le rapide désenchantement qui succédait

dans le cœur d’Adrien aux premières illusions de l’amour. Pendant les

premiers jours de leur liaison, alors que Laure Malestra s’appliquait à

séduire ce jeune homme jeté par le hasard sur son chemin, elle avait

joué la comédie pour obtenir de lui tout ce qu’elle en attendait. Elle

s’était faite douce, caressante, réservée, docile, approuvant tous les

plans qu’il formait, sa manière d’envisager la vie, en apparence

uniquement possédée du désir de lui plaire, de ne vivre que pour lui,

dans l’ombre, à ses côtés, sans autre ambition que celle de le rendre

heureux. C’est ainsi qu’elle l’avait enveloppé de sa séduction.

Trompé par les manifestations de cette tendresse feinte, Adrien s’était

livré tout entier, allant lui-même au-devant de la domination que Laure

entendait exercer sur lui. Maintenant, elle le tenait solidement. Elle

le tenait par les compromissions qu’il avait subies, par les

responsabilités qu’il avait acceptées, par tous les engagements arrachés

à sa première ivresse, et surtout par l’amour. Déjà, elle le connaissait

assez pour savoir que, quoi qu’il arrivât, il ne chercherait pas à se

dérober à ses promesses, et que, même dans le cas d’une séparation, il

ne l’abandonnerait pas sans assurer sa vie matérielle. C’est là surtout

ce qu’elle voulait de lui. Sûre de l’obtenir, elle entrevoyait la

possibilité d’une rupture qui la rendrait libre. Elle rêvait une autre

existence que l’existence paisible, solitaire et cachée dont Adrien

vantait sans cesse la douceur. Trop peu semblable aux autres hommes,

trop supérieur à elle était cet amant; elle en souhaitait un autre, un

Jacques Roudier, mieux fait pour la comprendre, pour devenir son mari,

et qui accepterait d’elle une fortune en échange de son nom, sans

vouloir en connaître l’origine.

Quand elle eut mesuré l’étendue de son pouvoir,--ce fut fait en huit

jours,--elle ne se contraignit plus et jeta son masque. Sa vraie nature

apparut, sa nature vulgaire, cupide, affamée de revanche contre cette

société qui lui avait fait des jours sombres et durs, la grossièreté de

ses aspirations, l’indifférence de son cœur, la violence de son

caractère, le bruyant scepticisme et les envies incessantes d’une âme

flétrie au contact du vice. Elle fut tout à coup une femme nouvelle,

capricieuse, acariâtre, n’apportant dans la vie d’Adrien, au lieu de

tout ce qu’il espérait, que scènes pénibles, âpres querelles, torture de

tous les instants qui troublait son esprit, le déshabituait du travail,

de la paix domestique, et qu’il ne cessait de subir un jour que pour la

sentir renaître le lendemain.

Il tombait de si haut que, d’abord, il ne voulut pas croire à la réalité

de sa chute. Les hommes, les meilleurs, sont ainsi faits qu’il leur en

coûte de reconnaître qu’ils se sont trompés. Il garda pour lui le secret

de son mal. Il le cacha même à Roudier, qui cessait de lui inspirer

confiance. A mille traits qui ne l’avaient pas frappé quand ils

s’étaient produits, mais qui lui revenaient maintenant en mémoire; à

l’ardeur que mettait en toute occasion son ami à soutenir et à défendre

Laure, à lui donner raison, il devinait l’identité de leurs idées, de

leurs goûts, de leurs intérêts ligués contre lui dans une sympathie

croissante. Il pressentait un accord tacite, des espérances communes,

des projets formés en vue d’un avenir auquel on faisait allusion en son

absence, et auquel on ne l’associait pas. C’était un soupçon vague

encore, mais raisonné, causé par l’étrangeté déplaisante des allures de

la maîtresse en présence de l’ami, par des rapprochements surpris, par

des silences subits quand il rentrait et les trouvait ensemble. Avec le

soupçon commençaient à poindre la fatigue et le dégoût.

Cependant, il se leurrait encore de l’espoir que l’amour et l’amitié lui

resteraient fidèles. Il se dépensait en efforts multipliés pour plaire à

Laure. Il redoublait d’attentions, de soins, de générosité pour arrêter

ce flot montant d’ingratitude et d’oubli. Mais plus il apportait de

courageuse ardeur à lui opposer les témoignages de son amour, plus ce

flot montait. Dédaigneuse de cet amour, Laure ne dissimulait plus. Brisé

par cette lutte, surpris en plein rêve, désabusé, Adrien, moins d’un

mois après avoir rencontré Laure Malestra, voyait approcher la fin de

son bonheur, et de nouveau était entraîné à rendre sa mère responsable

de ses souffrances.

La Carmélite · 第 17 / 22 题