7 août.

Le chemin de fer n’arrive pas ici. On quitte le train à Granville. C’est

là qu’est venu nous prendre Coursin, le voiturier, pour nous conduire

chez nous en une demi-heure.

La route est jolie, découverte, côtoyant la mer en hauteur.

Rien de grandiose ni de pittoresque; mais une gaieté et une lumière dont

l’éclat, peut-être particulier le jour de notre arrivée, m’irritait,

pendant que notre petit break roulait au milieu.

Des prés très verts, coupés de haies d’où partent les arbres qui font

les chemins du pays ombragés et joliment encaissés.

A gauche, un peu avant l’arrivée, une avenue qui mène à une sorte de

château gris, qui n’est peut-être qu’une grande ferme délabrée, et met

enfin dans ce vert et ce bleu une note terne. Puis les villas commencent

des deux côtés de la route.

Une mare en forme de bénitier, où des canards barbotent. Un joli moulin.

C’est Saint-Pair.

La plage de sable est belle, assez morne et indéfinie. Des deux côtés,

des falaises en terre qui s’éboulent par place, et sur le sommet

desquelles serpente un petit chemin gazonné que j’aime à l’heure de la

haute mer.

De gros rochers par-ci par-là. Beaucoup d’horizon. On voit et on pense

loin.

Point de bateaux, point de pêcheurs, rien de l’animation de la mer telle

que je l’ai vue toujours. C’est la grande privation de mon pauvre père,

pas de port! Il sera souvent à Granville, je crois.

La main de Sainte Modestine · 第 11 / 28 题