LES RAMEAUX DE FRANÇOIS

Il a volé! disait laconiquement mon grand-père à chacune des personnes

qui entrait dans sa chambre, attirée par le bruit de l’aventure.

Et sa tête, à demi tournée pour reconnaître l’arrivant, se retournait

vers le coupable.

J’étais descendu le premier, animé d’une ardeur de guerre, et de la

curiosité la plus aiguë que j’avais encore jamais ressentie.

Face à face, sans grilles, sans gendarmes, j’allais donc, à moins de

neuf ans, affronter un de ces individus qui alimentent les histoires

terribles--vraies ou fausses--un de ces forcenés contre qui la société,

la police, les prisons et les menottes demeurent impuissants; qui n’ont

ni honneur, ni scrupules, et, ce qui m’étonnait bien plus alors, qui

n’ont peur de rien!

«Craquements de boiserie», avait-on coutume de nous dire la nuit, dans

nos frayeurs d’enfants. Et nous-mêmes, nous riions, au point du jour, de

ce voleur qui marchait toujours et qui n’arrivait jamais.

Craquements de boiseries, hein, cette fois?

Et je me le représentais, après avoir forcé l’entrée, montant l’escalier

à pas de loup, sur ses pieds nus ou ses chaussons; frôlant en passant la

porte derrière laquelle je dormais, puis celle de ma mère, puis toutes

les autres, prêt toujours à entrer partout. Ah! le misérable.

--Je l’ai pincé, il n’était pas cinq heures encore, venait de dire Huret

dans la cour; coffré dans le hangar aux outils, et conduit chez monsieur

tout à heure.

Conduit chez monsieur. Il avait donc laissé cet homme tout seul avec

grand-père! Quel fou que ce vieil Huret!

C’est pourquoi, au frisson de ma curiosité, s’était mêlée une

palpitation si angoissante pendant que je frappais à la porte et que je

criais comme chaque matin:

--Je viens vous dire bonjour, grand-père!

Et, dans ma crainte d’être renvoyé, j’avais vite tourné le bouton,

fermant les yeux au premier moment, dans le paroxysme de mon émoi.

Je ne pouvais pas regarder tout de suite.

Puis, à force d’amour-propre, je relevai mes paupières.

C’était ça, l’homme terrible!...

Il avait bien ses deux pieds nus, comme je me l’étais figuré. Mais quels

pauvres petits pieds, gelés, tremblants... Et quelle misérable figure!

Plus jeune que moi, à coup sûr. Si nous nous étions mesurés, le sommet

de sa tête n’aurait pas atteint mon épaule.

Devant lui, jonchant le parquet, tout un monceau de buis, dont l’odeur

âcre et fraîche remplissait violemment la chambre.

Je ne comprenais plus du tout. Lentement, grand-père continuait son

interrogatoire, pendant que j’achevais mon inspection.

Des joues maigres, des yeux farouches, qui fuyaient toujours le regard.

Une broussaille de cheveux blonds.

Pour costume, une culotte de drap, lustrée, effrangée et mince, à

redouter chaque mouvement.

Par-dessus, une blouse anglaise, en coutil de nuance indécise, avec ses

trois plis déformés que nulle ceinture n’ajustait plus.

Le pantalon avait dû voir plus d’un jour de gala. C’était le vêtement

élégant d’un enfant qu’on habille bien.

La blouse avait ri, aux bains de mer, aux Tuileries, partout où les

enfants s’amusent.

Ils ne riaient plus, ni l’un ni l’autre, et leur maître bien moins

encore.

Le front bas, l’air lassé, il écoutait ce qu’on disait, répondant peu,

rien que par gestes de ses mains ou de sa tête, ce qui donnait à mon

grand-père l’obligation de lui poser dix questions pour une, comme dans

ce jeu où nous jouions à ne dire que «Oui» ou «Non».

Pendant ce temps, tout le monde avait fini d’entrer.

Mes cousines d’abord; les jumelles, miraculeusement échappées à la

surveillance rigoureuse de leur miss, et blotties aussitôt, dans la peur

d’un rappel probable, à l’ombre d’un paravent; mon frère aîné, descendu

de la mansarde, où il «potassait» des _x_, à l’abri de notre tapage; ma

tante Hortense; ma mère enfin.

A chaque entrée, sur chaque figure, j’avais retrouvé successivement, et

selon le caractère de chacun, un étonnement pareil au mien.

C’était «ça», le voleur?

Puis les impressions secondaires s’étaient manifestées.

Mes cousines l’avaient trouvé sale, et le lui avaient fait comprendre

par un recul de leurs personnes, aussi proprettes que précieuses. Mon

frère l’avait jugé insignifiant, et avait haussé les épaules, en homme

qu’on dérange pour rien.

Ma tante, elle, s’était «défiée».--Elle se défiait toujours,--et avait

enlevé à grand bruit les clefs qu’on laissait chez nous, sur tous les

meubles et aux tiroirs.

Ma mère s’était avancée, et, touchant l’épaule de l’enfant:

--Qu’est-ce que tu as fait, mon petit? lui avait-elle demandé doucement,

avec cette persuasion sérieuse qui nous faisait lui avouer, quand elle

l’employait avec nous, même nos sottises les mieux cachées.

L’éternel mouvement de tête lui avait seul répondu, désignant d’un coup

de menton l’amas de branches par terre. Et comme elle insistait encore:

--Laisse, avait dit mon grand-père. Il venait pour voler du buis. Voilà

tout ce qu’il a pris...

Et comme nous nous regardions, avec un soulagement intime, prêts à

sourire du péché, grand-père avait ajouté:

--Il l’a pris dans le jardin du fond. Il m’a coupé toute une tasse!

Toute une tasse!... Mots inintelligibles pour tout le monde.

Terriblement significatifs pour nous, dont l’indignation remonta comme

une vague.

Ma tante, toujours trop prompte, fit même deux pas en avant, avec une

mine si parlante que le petit, tiré cette fois de son mutisme obstiné,

et se garant d’un bras, par un geste d’enfant battu, s’était écrié

rudement:

--Eh ben! de quoi? pour des branches! Vous en avez encore, je crois.

Ce cynisme bourru, cet accent faubourien, nous semblèrent un sacrilège.

Et comment lui expliquer pourtant ce que nous éprouvions?

Des buissons auxquels on s’attache! il ne comprendrait pas du tout.

Une joie de vieillard inoccupé, un orgueil de créateur; le travail

patient et l’attente de plusieurs années consécutives; la distraction

journalière de mon grand-père: il y avait tout cela dans les branches

qui traînaient à terre.

Devant la grande maison que nous habitions tous alors, entre Versailles

et Viroflay, s’étendait une cour pavée.

Deux ailes faisaient retour à droite et à gauche. Six marches formaient

perron pour monter au rez-de-chaussée. Un perron qui régnait partout:

noble, simple, foulé jadis par plus d’un pied du grand siècle. C’était

l’entrée principale. Derrière, s’étendait le jardin, avec sa terrasse

sablée, où les caisses d’orangers alternaient avec les lauriers.

Une grande allée de milieu partait de là, bordée des deux côtés par des

plates-bandes multicolores, merveilleusement fleuries de ces fleurs

mélangées qui étaient la joie et le cachet des jardins d’autrefois.

Belles de jour, capucines, dahlias, rosiers, soucis, résédas, verveines,

balsamines, œillets musqués, œillets blancs; avec un incessant

bourdonnement de guêpes et une intensité de parfums que je n’ai senti

que là. De place en place, un grand soleil, penché en avant sur sa tige

et dont nous disputions en automne les graines noires aux oiseaux. Des

roses trémières, étageant sur leur canne verte leurs pompons roses,

blancs, soufres--où mes cousines puisaient sans relâche pour

confectionner des poupées.

Un brin de bois traversait la fleur, simulant une longue taille gainée;

et la cloche renversée sur ses bords, nous avions des régiments de

danseuses, en jupes soyeuses, de couleurs vives, qui s’alignaient en

bataillons.

Après, c’était le carré de gazon, où quatre statues symboliques

gardaient gravement, depuis des années, un cadran solaire en marbre;

puis enfin, le «jardin de buis» qui fermait la propriété.

Oh! ce jardin; étrange, humide, un peu sombre, remplissant l’air d’une

forte odeur, comme il nous charmait autrefois.

C’était le théâtre des jeux qui demandaient du mystère...

En bordures, en boules, en charmilles, on n’y voyait rien que du buis,

ferme et brillant comme du métal.

Dans la fraîcheur perpétuelle, causée par les bois voisins, il poussait

là, arborescent, prêt à toutes les merveilles, comme l’avait prouvé mon

grand-père: des merveilles de taille de direction et de patience. De

sorte que le promeneur non prévenu s’arrêtait tout à coup, stupéfait de

se voir passer entre la rondeur d’un pot à anses, ou l’élégance d’une

coupe à pied.

Tout bien compté, le service comprenait huit pièces.

Le sucrier, en forme de coupe, une théière à ventre bombé, et six tasses

rangées autour.

Soit oubli, soit faute d’éléments, on n’avait pas fait de crémier.

C’était laid, d’un goût détestable, et rien de beau ni de fragile ne m’a

inspiré depuis une admiration pareille et un semblable respect.

Je savais l’œuvre plus vieille que moi. Je voyais chaque matin mon

grand-père et Huret, le sécateur à la main, s’en aller l’entretenir et

la parachever, et personne ne m’eût fait admettre que ce n’était pas une

merveille.

Les choses valent par ce qu’on y met. C’était le bonheur de mon

grand-père, et un des articles de foi de cette admiration familiale,

dont les enfants ont le chauvinisme charmant et exalté.

Le sucrier n’avait été parfait qu’à la quatrième année de taille. La

théière n’avait eu son anse qu’après sept ans de travail, et c’était

cette année seulement que les cinq premières tasses, identiques dès le

début, avaient vu la petite sixième, toujours en retard, les rattraper

tout à fait.

Dans nos jeux, successivement, chaque pièce de ce service fantastique

nous appartenait tour à tour, et nous allions respectueusement les

choisir et les désigner.

Au-dessous, un gazon faisait nappe. Velouté, frais, admirable; et, quand

j’y voyais défiler des amis et des inconnus, je me sentais gonflé

d’orgueil.

Et c’était cette source de joie, ce motif d’admiration, que ce méchant

gamin brutal venait de déparer d’un coup!

Sans doute, les mêmes réflexions amenaient chez mon grand-père le même

regain d’indignation, car, de temps en temps, il pressait tout à coup

ses reproches et ses questions, comme si la mutilation de son œuvre lui

repassait devant les yeux.

Il n’avait pas voulu la voir, désirant conserver, comme il l’avait dit à

Huret, son sang-froid et toute sa justice: mais il se la représentait,

bien sûr, quand il fermait ses paupières et parlait plus vite et plus

fort.

--Tu es venu par la forêt?... Tu es entré par-dessus le mur?... Tu as

coupé ou arraché?...

Il avait beau dire et beau faire, il n’obtenait que le même geste: les

mains du petit s’ouvraient, s’écartaient, expressives comme des paroles

d’impuissance ou de lassitude, puis retombaient.

--Défends-toi donc! criait mon frère. Il faut toujours se défendre...

Pendant que ma mère montrait les pieds, le misérable petit corps, le

maigre visage du malheureux. Et cela suffisait pour sa défense, en

vérité.

Venu à pied depuis Paris, dans cette nuit et par ce froid. Le cœur me

tournait d’y penser.

--Si j’entrais pourtant chez toi, continuait mon grand-père, enragé de

toucher à la fin ce flegme morne, et que je te prenne ce que tu aimes le

plus. Que dirais-tu en me trouvant?

Le petit avait presque ri, comme amusé à cette idée; puis l’amertume

avait reparu, et toujours de sa voix rude:

--Oh moi! avait-il répliqué, je n’ai jamais rien eu à moi. Vous pouvez

prendre...

Il secouait ses épaules pointues, avec son geste habituel, qui

ressemblait au mouvement par lequel on jette un fardeau, et faisait avec

ses yeux le tour de la chambre.

Comme le feu flambait ce matin-là! Comme les fauteuils paraissaient

bons, les bibelots de grand-père, coquets! et nous tous confortables

avec le thé, le lait, le chocolat que nous finissions de prendre, et

dont la chaleur et le goût nous restaient encore aux lèvres.

De nous comparer, lui et nous, c’était insolent de bonheur.

Tout cela passa-t-il sous cette forme, dans la tête de chacun de nous?

Je n’en suis pas tout à fait sûr. Mais dans les yeux de grand-père je

vis le chagrin s’éloigner et monter à la place une pitié infinie, et je

savais avant de parler que sa voix allait être bonne.

--Allons, nous ne te prendrons rien, répondit-il simplement. Mais toi

non plus, ne prends plus...

Et changeant tout à coup de ton:

--Tu vas t’asseoir et déjeuner.

Quel déjeuner que celui-là!

Ma mère l’avait apporté, et les jumelles attendries cassaient le pain

par petits morceaux, l’une à gauche, l’autre à droite. Moi je mettais

des bûches sur le feu, et mon frère, en un instant, avait su se faire

dire toute l’histoire de notre convive.

Une histoire de misère noire. Le père buveur, la mère morte. Le pain

ramassé au hasard, heureux quand on en ramassait. L’essai de tous les

métiers qui peuvent se tenter à Paris, sans souliers et sans argent.

Accompagnant le plus souvent un grand diable de camarade qui empochait

naturellement aumônes et salaires.

La faim, le froid et les coups. Il disait cela très simplement.

Puis, au début de cette semaine, la semaine «des Rameaux», l’idée qui

lui était venue de se séparer de l’ami et de «travailler» pour son

compte, près de quelque église de la banlieue, où son tyran ne

pourrait, cette fois, ni le poursuivre, ni le reprendre.

La course depuis Paris, observant les propriétés, cherchant une escalade

aisée, sans portes à ouvrir et sans chien à redouter.

Le choix fait de notre maison. La fatigue qui l’avait saisi et endormi

le long du mur, avant qu’il eût fini sa cueillette. Huret, enfin, le

découvrant et l’emmenant par les oreilles. Nous savions le reste après.

En somme, peu de remords; une franchise absolue; une très faible notion

du mal commis moralement; un vif regret, en revanche, d’avoir détruit un

bel ouvrage...

«Mais nous avions tant de ces arbres!...»

C’était toujours l’idée qu’on sentait la plus forte chez lui. Et moi qui

ne l’avais jamais eue, jusqu’à cette heure de ma vie, elle me prenait

douloureusement.

Pourquoi nous tant et lui rien? Pourquoi pas tout le monde pareil?...

--Hélas! disait mon grand-père, c’est plus difficile que tu ne crois.

Aussitôt son lait bu, on avait emmené François; et ma mère l’avait

habillé dans de vieux habits à moi, après l’avoir fait se laver, pendant

que le courant de sympathie, établi en sa faveur, allait grandissant

parmi nous.

La première note de réalité au milieu de notre extravagance avait été

ces mots dits par Huret:

--Monsieur veut-il que je prévienne pour qu’on s’occupe du vagabond? Je

passe près de la gendarmerie, avait-il demandé à grand-père...

A la gendarmerie! Pour François! Un cri d’indignation avait failli nous

échapper.

Il serait puni pourtant; nous en avions la certitude.

Point d’apitoiement, quel qu’il fût, n’entamait chez mon grand-père la

rigidité des principes.

Aussi, quand il répliqua tranquillement:

«Non, je me charge de tout, Huret», personne n’osa-t-il rien dire.

Ma mère, elle-même, s’était tue; mais grand-père l’avait rappelée et

lui avait parlé tout bas.

--Tu me l’enverras vers trois heures, avait-il dit en finissant.

A trois heures, lui et François entraient ensemble dans le parterre et

descendaient la grande allée.

--Je n’ai pas encore vu le dégât, nous allons le regarder ensemble,

disait grand-père tout en marchant, pendant que François recommençait à

détourner les yeux et à traîner ses pieds le plus possible.

Quelque idée qu’il s’en fût formée, les débris que grand-père trouva

durent lui causer une secousse. C’était plus que dépouillé, c’était

saccagé.

Après son premier examen, repris par sa passion, il s’était remis à

travailler, rajustait machinalement, achevait les branches pendantes,

égalisait celles qui restaient, mais toujours sans rien dire, et c’était

dur à regarder pour l’auteur du dommage.

Enfin, le mot mélancolique des vieillards lui était venu, et, refermant

son sécateur:

--A quoi bon, avait-il dit, je ne les verrai pas repousser.

Sans doute, l’endurcissement de François n’était pas encore bien

profond, car sur ce mot il s’était mis à pleurer, comme aurait pu faire

un de nous, et avait suivi de lui-même grand-père dans la maison.

Dans la chambre où ils rentraient, le buis achevait de se sécher, après

avoir trempé le tapis.

Grand-père regarda un instant la mine attendrie du petit; puis,

s’asseyant près des branches vertes:

--Maintenant, prépare tes rameaux, dit-il tranquillement à l’enfant.

Nettoie-les, sépare-les. Tu iras les vendre demain à Notre-Dame de

Versailles. Ce sera ta punition.

En vain François supplia-t-il, demandant toute autre expiation.

Grand-père fut inflexible.

--Demain, quand tu reviendras, je te pardonnerai de tout mon cœur, et

je te garderai chez moi. Mais c’est ça que tu voulais faire. Pourquoi ne

le ferais-tu plus?

--Au moins vous prendrez l’argent? suppliait l’enfant en pleurant.

--Je ne prendrai rien du tout.

Pauvre François! Quelle soirée!

Le remords, pour la première fois, entrait en lui, douloureusement, avec

la fougue passionnée d’une petite âme toute neuve.

Il souhaitait bien de réparer. Mais vendre ce bien volé, qu’on lui

laissait en main, bénévolement. La chose lui semblait horrible.

Par une faveur spéciale, on nous permit le lendemain d’aller à la messe

à Versailles.

Il fallait soutenir François, et le délivrer promptement. Nous voulions

tout lui acheter et le ramener vite en triomphe, malgré les prédictions

dont nous poursuivait ma tante, certaine, disait-elle, que nous ne le

retrouverions même pas.

Très droit, très propre; l’air au supplice, avec certainement alors la

notion du bien dans le cœur, François offrait sans dire un mot les

rameaux posés à ses pieds.

Je ne vis que lui sur la place. Il me semblait un jeune martyr, et,

laissant mon frère s’occuper du partage que nous venions faire, je pris

les mains du petit et les lui secouai follement.

Un quart d’heure après, le cœur inondé de tendresse, et les bras chargés

de verdure, comme le peuple d’autrefois que voulaient rappeler nos

palmes, nous entrions à Notre-Dame.

La sixième tasse aujourd’hui est repoussée entièrement; mais on la

laisse s’écheveler, comme tout le jardin au buis du reste, depuis que

grand-père n’est plus là.

Je ne pense pas d’ailleurs que même verdoyante et complète, elle lui

aurait donné plus de joies qu’il n’en a éprouvé ensuite, près de ses

branches coupées.

C’était, disait-il, la trace de la greffe qu’il y avait prise pour

sauver une plante humaine, et la direction de cette plante-là l’avait

bientôt captivé de préférence aux autres.

Autant qu’il se peut, tous les ans, nous nous retrouvons tous les cinq à

la messe de Notre-Dame, le dimanche des Rameaux.

François nous offre le buis bénit. Il garde, pour nous le payer, la

recette faite là, le premier jour où il y est venu.

La main de Sainte Modestine · 第 2 / 28 题