Molière.
Béranger.
Garibaldi.
IX
15.
La croyance au progrès est une doctrine de paresseux, une doctrine
de _Belges_. C'est l'individu qui compte sur ses voisins pour
faire sa besogne.
Il ne peut y avoir de progrès (vrai, c'est-à-dire moral) que dans
l'individu et par l'individu lui-même.
Mais le monde est fait de gens qui ne peuvent penser qu'en commun,
en bandes. Ainsi les _Sociétés belges_.
Il y a aussi des gens qui ne peuvent s'amuser qu'en troupe. Le
vrai héros s'amuse tout seul.
16.
Éternelle supériorité du Dandy.
Qu'est-ce que le Dandy?
X
17.
Mes opinions sur le théâtre. Ce que j'ai toujours trouvé de plus
beau dans un théâtre, dans mon enfance et encore maintenant, c'est
le _lustre_, - un bel objet lumineux, cristallin, compliqué,
circulaire et symétrique.
Cependant, je ne nie pas absolument la valeur de la littérature
dramatique. Seulement, je voudrais que les comédiens fussent
montés sur des patins très hauts, portassent des masques plus
expressifs que le visage humain, et parlassent à travers des
porte-voix; enfin que les rôles de femmes fussent joués par des
hommes.
Après tout, le lustre m'a toujours paru l'acteur principal, vu à
travers le gros bout ou le petit bout de la lorgnette.
18.
Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir,
puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que
s'amuser.
XI
19.
Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations
simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à
Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de
Satan, ou animalité, est une joie de descendre. C'est à cette
dernière que doivent être rapportées les amours pour les femmes et
les conversations intimes avec les animaux, chiens, chats, etc.
Les joies qui dérivent de ces deux amours sont adaptées à la
nature de ces deux amours.
20
Ivresse d'Humanité.
Grand tableau à faire:
Dans le sens de la charité.
Dans le sens du libertinage.
Dans le sens littéraire, ou du Comédien.
XII
21.
La question (torture) est, comme art de découvrir la vérité, une
niaiserie barbare; c'est l'application d'un moyen matériel à un
but spirituel.
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La peine de Mort est le résultat d'une idée mystique, totalement
incomprise aujourd'hui. La peine de Mort n'a pas pour but de
_sauver_ la société, matériellement du moins. Elle a pour but de
_sauver_ (spirituellement) la société et le coupable. Pour que le
sacrifice soit parfait, il faut qu'il y ait assentiment et joie de
la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort
serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa
grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le
Paradis.
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Quant à la torture, elle est née de la partie infâme du coeur de
l’homme, assoiffé de voluptés. Cruauté et volupté, sensations
identiques, comme l’extrême chaud et l’extrême froid.
XIII
22.
Ce que je pense du vote et du droit d'élections. Des droits de
l'homme.
Ce qu'il y a de vil dans une fonction quelconque.
Un Dandy ne fait rien.
Vous figurez-vous un Dandy parlant au peuple, excepté pour le
bafouer?
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Il n'y a de gouvernement raisonnable et assuré que
l'aristocratique.
Monarchie ou république, basées sur la démocratie, sont également
absurdes et faibles.
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Immense nausée des affiches.
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Il n'existe que trois êtres respectables:
Le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour
l'écurie, c'est-à-dire pour exercer ce qu'on appelle des
_professions_.
XIV
23.
Observons que les abolisseurs de la peine de mort doivent être
plus ou moins _intéressés_ à l'abolir.
Souvent ce sont des guillotineurs. Cela peut se résumer ainsi: «Je
veux pouvoir couper ta tête; mais tu ne toucheras pas à la
mienne».
Les abolisseurs d'âmes (_matérialistes_) sont nécessairement des
abolisseurs d'_enfer_; ils y sont à coup sûr _intéressés_.
Tout au moins ce sont des gens qui ont _peur de revivre_, - des
paresseux.
24.
Madame de Metternich, quoique princesse, a oublié de me répondre à
propos de ce que j'ai dit d'elle et de Wagner.
Moeurs du 19e siècle.
XV
25.
Histoire de ma traduction d'_Edgar Poe_.
Histoire des _Fleurs du Mal_, humiliation par le malentendu, et
mon procès.
Histoire de mes rapports avec tous les hommes célèbres de ce
temps.
Jolis portraits de quelques imbéciles:
Clément de Ris.
Castagnary.
Portraits de magistrats, de fonctionnaires, de directeurs de
journaux, etc.
Portrait de l'artiste, en général.
Du rédacteur en chef et de la pionnerie. Immense goût de tout le
peuple français pour la pionnerie, et pour la dictature. C'est le:
«si j’étais roi!».
Portraits et anecdotes.
François, - Buloz, - Houssaye, - le fameux Rouy, - de Calonne, -
Charpentier, - qui corrige ses auteurs, en vertu de l'égalité
donnée à tous les hommes par les immortels principes de 89; -
Chevalier, véritable rédacteur en chef selon l'Empire.
XVI
26.
_Sur George Sand._
La femme Sand est le Prudhomme de l'immoralité. Elle a toujours
été moraliste.
Seulement elle faisait autrefois de la contre-morale. - Aussi elle
n'a jamais été artiste.
Elle a le fameux _style coulant_, cher aux bourgeois.
Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde; elle a dans les
idées morales la même profondeur de jugement et la même
délicatesse de sentiment que les concierges et les filles
entretenues.
Ce qu'elle dit de sa mère.
Ce qu'elle dit de la poésie.
Son amour pour les ouvriers.
Que quelques hommes aient pu s'amouracher de cette latrine, c'est
bien la preuve de l'abaissement des hommes de ce siècle.
Voir la préface de _Mademoiselle La Quintinie_, où elle prétend
que les vrais chrétiens ne croient pas à l'Enfer. La Sand est pour
le _Dieu des bonnes gens_, le dieu des concierges et des
domestiques filous. Elle a de bonnes raisons pour vouloir
supprimer l'Enfer.
XVII
27.