La vieille Yvonne qui est soûle!
Elle était tombée, et les gamins lui couraient après. C’était justement
en entrant dans la commune de Ploubazlanec, où il y a beaucoup de
maisons le long de la route. Tout de même elle avait eu la force de se
relever et, clopin-clopant, se sauvait avec son bâton.
— La vieille Yvonne qui est soûle!
Et des petits effrontés venaient la regarder sous le nez en riant. Sa
coiffe était toute de travers.
Il y en avait, de ces petits, qui n’étaient pas bien méchant dans le
fond, — et quand ils l’avaient vue de plus près devant cette grimace de
désespoir sénile, s’en retournaient tout attristés et saisis, n’osant
plus rien dire.
Chez elle, la porte fermée, elle poussa un cri de détresse qui
l’étouffait, et se laissa tomber dans un coin, la tête au mur. Sa
coiffe lui était descendue sur les yeux; elle la jeta par terre, — sa
pauvre belle coiffe autrefois si ménagée. Sa dernière robe des
dimanches était toute salie, et une mince queue de cheveux, d’un blanc
jaune, sortait de son serre-tête, complétant un désordre de
pauvresse...