l'information, "facilitator" entre les Etats-Unis et l'Europe, et journaliste.
Son meilleur souvenir: "J'ai publié quelques numéros d'une lettre d'information
en anglais gratuite il y a quatre ans sur internet. Une dizaine de lecteurs par
numéro jusqu'au jour (en janvier 1996) où l'édition électronique de Wired
Magazine créa un lien. En une semaine j'ai eu une centaine de courriers
électroniques - y compris de lecteurs francais de mon livre La vallée du risque
- Silicon Valley (publié en 1990 chez Plon, ndlr) contents de me retrouver." Son
pire souvenir: "L'internet est un médium et comme tout médium un facteur
d'éclatement du pire. La fusillade d'Atlanta fin juillet 1999 par un 'day
trader'. La pornographie. La vente libre des armes en ligne. Les mails non
sollicités."
Jean-Paul (Paris) est le webmestre du site des cotres furtifs, qui raconte des
histoires en 3D. Son meilleur souvenir: "Le vertige qui nous a pris à la
réception du premier message... venant du Canada. 10.000 (?) ans après les
Inuits, des cotres venaient de découvrir l'Amérique!" Son pire souvenir: "Tout
ce sommeil en retard..."
Anne-Bénédicte Joly (Antony, région parisienne), écrivain auto-éditeur, utilise
le web pour faire connaître ses livres. Son meilleur souvenir: "Le
franchissement de la barre des 200 visiteurs sur mon site." Son pire souvenir:
"Je n'en ai pas encore..."
Naomi Lipson (Paris et Tel-Aviv) est écrivain multimédia, traductrice et
peintre. Son meilleur souvenir: "Pour moi, le réseau est un vivier de gens
exceptionnels. J'ai fait des rencontres réelles et virtuelles absolument
incroyables en deux ans. Ces gens préexistaient au réseau, bien sûr, mais sans
lui, et surtout sans le mél, je ne les aurais jamais contactés!" Elle n'a pas de
mauvais souvenirs: "J'ai eu beaucoup de chance. En restant très courtoise aussi,
je crois avoir évité les désagréments les plus courants de la vie sur la toile.
C'est aussi simple que ça. Et avec un peu de prudence, on évite très bien les
virus."
Tim McKenna (Genève), écrivain, s'interroge sur la notion complexe de "vérité"
dans un monde en mutation constante. Son meilleur souvenir: "L'utilisation du
courrier électronique pour rester en contact avec mes amis." Son pire souvenir:
"Apprendre à utiliser l'internet, avant que la technologie n'apporte les
améliorations me permettant de ne plus me préoccuper de mon inaptitude dans ce
domaine."
Xavier Malbreil (Ariège, Midi-Pyrénées), auteur multimédia, a créé le site
www.0m1.com et il est le modérateur de la liste e-critures. Ses meilleurs
souvenirs: "Une rencontre amoureuse. La rencontre de plusieurs communautés
d'écrivains." Son pire souvenir: "Au tout début, ne pas avoir maîtrisé les codes
de communication liés à l'internet. M'être laissé entraîner dans des polémiques
vaines."
Murray Suid (Palo Alto, Californie), écrivain, travaille pour EDVantage
Software, société internet de logiciels éducatifs. Son meilleur souvenir: "La
rencontre avec des experts et des auteurs qui ont participé à mes projets de
publications." Son pire souvenir: "Avoir été insulté par une personne que je ne
connaissais pas, et qui avait très mauvaise opinion de moi alors qu'elle ne
savait absolument rien à mon sujet."
19.2. Les bibliothécaires-documentalistes et l'internet
Emmanuel Barthe (Paris) est documentaliste juridique chez Coutrelis & Associés,
cabinet d'avocats, et modérateur de la liste de discussion Juriconnexion. Ses
meilleurs souvenirs: "Parmi mes bons souvenirs, je pense à ma première
publication sur le web: celle de mon bookmark sur le site ForInt Law (Foreign
and International Law), en 1996, grâce à la webmestre de ce site, une collègue
bibliothécaire juridique dans une université américaine. Je pourrais aussi citer
les (trop rares) découvertes de sites juridiques français dotés d'un réel
contenu (un contenu inédit et de valeur) et les remerciements que j'ai reçus
pour la rédaction de la FAQ (foire aux questions) de la liste de discussion de
Juriconnexion que j'ai récemment rédigée (à la date de l'entretien, en octobre
2000, ndlr)."
Son pire souvenir: "Ce fut la destruction involontaire de mon fichier bookmark
de Netscape, à une époque où il était heureusement moins volumineux
qu'aujourd'hui. À partir d'une sauvegarde ancienne, j'ai dû retrouver, de
mémoire, près d'un tiers des URL (uniform resource locators) et réécrire les
descriptions des sites."
Olivier Bogros (Lisieux, Normandie) a créé la Bibliothèque électronique de
Lisieux et il est le directeur de la bibliothèque municipale. Son meilleur
souvenir: "Les courriers électroniques reçus, à propos des textes que nous
mettons en ligne et qui témoignent de la vivacité de la langue française sur le
réseau." Son pire souvenir: "Deux jeunes collégiennes (4e ou 3e) faisant des
recherches sur la Résistance en France, à partir de la station internet de la
bibliothèque, sont tombées sur un site négationniste. Elles n'ont visiblement
pas compris pourquoi nous leur avons interdit toute copie papier ou disquette
dudit site et avons effacé les pages à l'écran. Tout simplement les mots
'révisionnisme' et 'négationnisme' leur étaient totalement inconnus. Moralité:
le libre accès au réseau, mais accompagné d'une médiation par le personnel de la
bibliothèque. Le pire des maux: l'ignorance!"
Bakayoko Bourahima (Abidjan) est documentaliste à l'Ecole nationale supérieure
de statistique et d'économie appliquée (ENSEA). Son meilleur souvenir: "C'est
quand j'ai pu tirer d'embarras un de mes amis, thésard en médecine, qui
n'arrivait pas à boucler sa bibliographie sur un sujet sur lequel il n'y avait
pratiquement aucune référence au plan local." Son pire souvenir: "Les méls
indésirables, tous ces trucs bidons qu'on peut vous faire suivre, avec cinq
correspondants ou plus qui vous envoient le même message."
Bruno Didier (Paris) est le webmestre de la médiathèque de l'Institut Pasteur.
Son meilleur souvenir: "Le jour où j'ai gagné une boîte de chocolats suisses sur
le site de Health On the Net (ne vous précipitez pas, le jeu n'existe plus...)."
Son pire souvenir: "Les dérives du courrier électronique: des mal élevés qui
profitent de la distance ou d'un certain anonymat pour dire des choses pas très
gentilles, ou adopter des attitudes franchement puériles, avec, hélas, des
conséquences qui ne sont pas toujours celles d'un monde d'enfant... Par exemple,
une personne a un jour profité de ce que je lui avait fait copie d'un message,
pensant que le sujet l'intéresserait, pour intervenir entre mon interlocuteur et
moi, et me discréditer."
Michael Hart (Illinois) est le fondateur du Project Gutenberg, la plus ancienne
bibliothèque numérique sur l'internet. Son meilleur souvenir: "Le courrier que
je reçois me montre combien les gens apprécient que j'aie passé ma vie à mettre
des livres sur l'internet. Certaines lettres sont vraiment émouvantes, et elles
me rendent heureux pour toute la journée." Son pire souvenir: "Etre convoqué par
le président de l'Université d'Illinois suite à une plainte (relative à un
problème de copyright, ndlr) déposée par l'Université d'Oxford. Mais j'ai été
défendu par une équipe de six avocats, la moitié étant de l'Université
d'Illinois, et j'ai gagné le procès. On pourrait voir cela comme un bon
souvenir, mais je hais ce genre de politique politicienne... Le président de
l'université se trouvait être l'oncle de Tom Cruise, amusant, non?"
Pierre Le Loarer (Grenoble) est directeur du centre de documentation de
l'Institut d'études politiques de Grenoble et chargé de mission TICE
(technologies de l'information et de la communication pour l'éducation). Ses
meilleurs souvenirs: "Quand j'ai pu aider tel(le) internaute à l'autre bout du
monde (Australie, par exemple) sur une question précise, via le hasard du
questionnement. Mais ce n'est pas si fréquent (manque de temps, participation
aujourd'hui plus que limitée aux listes et forums). Quand j'ai pu échanger des
propos avec tel ou tel chercheur de l'autre bout du monde et avoir ensuite le
plaisir de le rencontrer in situ. Etc., etc."
Ses pires souvenirs: "L'avalanche de messages 'spam' a le don de m'agacer, voire
de m'irriter. De même, je n'apprécie guère (euphémisme) certain(s)
fournisseur(s) d'accès qui rédui(sen)t la vision de l'internet à l'espace de
leurs propres sites et ressources, et exigent l'utilisation de leur seul
logiciel de messagerie (propriétaire) pour communiquer par mél. Une tromperie
quant à la vision et aux potentialités de l'internet."
Peter Raggett (Paris) est directeur du centre de documentation et d'information
(CDI) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Son meilleur souvenir: "Avoir trouvé en dix minutes les informations
biographiques et les articles d'un professeur reçu par l'OCDE." Son pire
souvenir: "Les problèmes de lenteur pour la connection à l'internet et le
transfert des données."
19.3. Les concepteurs d'appareils de lecture et l'internet
Olivier Pujol (Paris), PDG de la société Cytale, promeut le Cybook, livre
électronique. Ses bons souvenirs: "Découvrir instantanément une réponse à une
question qui m'aurait demandé des heures de recherche il y a quelques années est
un 'meilleur souvenir' quotidien, et recevoir un mail d'un ami brésilien ou
hongrois en est un autre." Ses mauvais souvenirs: "De tomber systématiquement
sur des sites pornos ou de pédophilie en faisant certaines requêtes anodines."
Pierre Schweitzer (Strasbourg), architecte designer, est le concepteur d'@folio
(support de lecture nomade) et de Mot@mot (passerelle vers les bibliothèques
numériques). Son meilleur souvenir: "Au tout début, quand vous réalisez le
système: le matin, à l'heure où vous vous levez, les derniers messages arrivent
de la côte ouest de l'Amérique. Le jour se passe et le soir, quand vous allez
vous coucher, ce sont les tous premiers messages qui arrivent des Dragons. C'est
comme la lumière autour de la nouvelle lune." Son pire souvenir: "Je ne l'ai pas
gardé comme souvenir."
19.4. Les créateurs de sites littéraires et l'internet
Gérard Fourestier (Nice) est le créateur de Rubriques à Bac, bases de données
destinées aux étudiants du premier cycle universitaire. Son meilleur souvenir:
"Quand j'ai sorti mon premier ordinateur de son emballage." Son pire souvenir:
"Cet été (été 2000, ndlr), à la plage: mes ordinateurs étaient en panne :-)"
Fabrice Lhomme (Bretagne) est le créateur d'Une Autre Terre, site consacré à la
science-fiction. Son meilleur souvenir: "Dans un article 'spécial
science-fiction' de Club-Internet, Jacques Sadoul (auteur, directeur de
collection, anthologiste...) a parlé de mon site comme faisant partie des
meilleurs sites francophones traitant de SF. Quand ça vient d'une personne telle
que lui, on ne peut qu'être ravi..."
Blaise Rosnay (Paris) est le webmestre du site du Club des Poètes. Ses meilleurs
souvenirs: "D'innombrables rencontres avec des poètes du monde entier que nous
avons découverts sur internet et qui sont venus nous rendre visite au Club des
Poètes. D'innombrables messages de soutien et d'encouragement." Son pire
souvenir: "Le constat que, faute d'une volonté politique de partage culturel,
les initiatives les plus belles sont le plus souvent découragées par la logique
marchande et que l'internet risque de se transformer peu à peu en vitrine de
supermarché."
19.5. Les éditeurs et l'internet
Nicolas Ancion (Madrid) est écrivain et responsable éditorial de Luc Pire
électronique. Son meilleur souvenir: "Plusieurs fois, les réactions de lecteurs,
notamment des adolescents qui réagissent très spontanément et s'expriment sans
détour, m'ont fait pleurer devant mon écran. On passe sa vie à écrire des
histoires pour donner des émotions aux lecteurs et voilà que ce sont eux qui
nous en renvoient de plus fortes ! Je n'ai jamais eu cet effet-là qu'avec des
messages électroniques. En face à face ou par courrier postal, l'émotion est
bridée par les formules de politesse et les circonlocutions en tous genres."
Son pire souvenir: "A une époque où j'étais entre deux déménagements, que je
n'avais plus ni adresse fixe ni téléphone, je me connectais dans les
bibliothèques. J'avais participé à un concours sur internet pour être reporter
radio pendant deux jours et gagner un téléphone portable, ce qui m'aurait été
bien utile. J'avais laissé les coordonnées de mes parents. J'ai gagné, on a
téléphoné pour me prévenir mais ma mère a mal compris le message et n'a pas jugé
bon de me mettre au courant. Quand j'ai finalement appris ce qui était arrivé,
il était trop tard. Internet va vite, les possibilités sont fantastiques, mais
il faut aussi que le reste de la planète suive le mouvement, sinon on fabrique
du vent. C'est une bonne morale."
Marie-Aude Bourson (Lyon) est la créatrice de la Grenouille Bleue et de Gloupsy,
sites littéraires destinés aux nouveaux auteurs. Son meilleur souvenir: "La
rencontre avec des personnes qui sont devenues de vrais amis et que je fréquente
dans la 'vie réelle'." Son pire souvenir: "Pas vraiment de pire souvenir mais un
ras-le-bol répété contre les lenteurs du web et les déconnexions intempestives."
Pierre-Noël Favennec (Paris & Lannion, Bretagne) est expert à la direction
scientifique de France Télécom R&D et directeur de collection. Son meilleur
souvenir: "Les premiers méls." Son pire souvenir: "Le temps passé à la réception
d'images."
Pierre François Gagnon (Montréal) est le créateur d'Editel, pionnier de
l'édition littéraire francophone en ligne. Son meilleur souvenir: "La découverte
de quelques amitiés affinitaires, indéfectibles, m'enchante encore, tandis que
l'étroitesse de vision, le scepticisme négatif qu'affichait la vaste majorité
des auteurs de science-fiction et de fantastique vis-à-vis du caractère pourtant
immanent et inéluctable de ce qui n'est après tout qu'un fantasme à la Star
Trek, qui hante depuis longtemps l'imaginaire collectif, soit l'e-book tout
communicant qui tienne dans le creux de la paume, ne cesse pas de m'étonner et
de me laisser pantois rétrospectivement."
Olivier Gainon (Paris) est le fondateur et gérant de CyLibris, maison d'édition
littéraire en ligne. Son meilleur souvenir: "La première fois que des étudiants
dans une école d'ingénieurs m'ont montré le web. C'était en 1992, et j'ai trouvé
cela génial. D'où la création de CyLibris en 1996 (j'ai quand même mis quatre
ans)." Son pire souvenir: "La disparition progressive de CyLibris dans certains
moteurs de recherche parce que, soit nous ne voulions pas payer, soit des
accords d'exclusivité avaient été signés avec des libraires en ligne et que nous
étions déréférencés brutalement (passer de la première page à la cinquième page
est une forme de déréférencement brutal). Bref, aujourd'hui plus rien ne me
trouble et on a appris à vivre avec ce genre de phénomène. Il n'empêche qu'une
structure comme CyLibris qui se créerait juste aujourd'hui aurait les pires
difficultés pour être visible sur internet."
Jacky Minier (Orléans) est le créateur de Diamedit, site de promotion d'inédits
artistiques et littéraires. Son meilleur souvenir: "L'écriture d'une pièce de
théâtre 'carabinée' (genre chansons de carabins ;c)) en 1.300 alexandrins, avec
un ami rencontré sur le net sans jamais l'avoir rencontré de visu. En symbiose
complète avec un parfait inconnu, et une grande jubilation éprouvée à cette
écriture à quatre mains." Son pire souvenir: "Les consommations téléphoniques
des débuts, avant que je ne sois câblé, ou quelques engueulades sur certains
forums avec des paranos."
Nicolas Pewny (Annecy) est le créateur des éditions du Choucas. Son meilleur
souvenir: "Un message enthousiaste d'un prêtre bouddhiste du Tibet qui a adoré
l'exposition Lorca." Son pire souvenir: "Un orage tandis que j'envoyais l'image
de la couverture à un auteur. Plus rien... le néant. Plus d'ordinateur.
Heureusement que je sauvegarde tout au fur et à mesure. Chez l'auteur tout a
'sauté' aussi, et il n'y avait pas d'orage. Dans la présentation du livre
Sanguine sur Toile, d'Alain Bron (publié en 1999 par les éditions du Choucas),
on lit: 'Les images ne sont pas si sages. On peut s'en servir pour agir, voire
pour tuer...' Le contexte m'avait fait ressentir une peur instinctive, jusqu'à
ce que la logique reprenne le dessus."
19.6. Les gestionnaires et l'internet
Gérard Jean-François est directeur du centre de ressources informatiques de
l'Université de Caen (Normandie). Son meilleur souvenir: "La remarque faite par
un internaute d'Outre-Atlantique qui, ayant examiné une photo, nous a averti
qu'elle était à l'envers." Ses pires souvenirs: "Pas vraiment de mauvais
souvenirs, simplement une amertume envers les mauvais usages qui sont faits
d'internet."
Pierre Magnenat est responsable de la cellule "gestion et prospective" du centre
informatique de l'Université de Lausanne. Son meilleur souvenir: "Lorsqu'en
1995, je me suis retrouvé à mon premier GT (get together) en Californie, une
party à laquelle participaient plus de cinquante personnes que je n'avais jamais
vues, mais que je connaissais déjà bien pour avoir 'chatté' avec elles pendant
deux ans sur IRC (Internet relay chat)." Son pire souvenir: "Lorsque je me suis
fait avoir par une fausse information concernant une société dont je possédais
des actions. C'est un mauvais souvenir mais une bonne leçon."
Jacques Pataillot (Paris) est conseiller en management chez Cap Gemini Ernst &
Young. Ses bons souvenirs: "C'est quand je trouve rapidement l'info que je
cherche." Ses mauvais souvenirs: "C'est à l'inverse lorsque je n'en sors pas!"
François Vadrot (Paris) est le fondateur et PDG de FTPress (French Touch Press),
société de cyberpresse. Son meilleur souvenir: "Quand nous avons franchi la
barre des 10.000 abonnés à LMB Actu, début 1998 (remplacé par Internet Actu en
septembre 1999, ndlr)." Son pire souvenir: "Une fois, quand nous avons écrit une
bêtise dans Internet Actu, et que les messages incendiaires des abonnés ont
commencé à arriver en trombe, dans les dix minutes suivant l'envoi. On a tous
commencé à paniquer, car on venait de basculer LMB Actu dans le privé et la
société FTPress ne reposait que sur le successeur, Internet Actu. Un
désabonnement massif et c'en était fini de nous. Mais finalement, toutes ces
réactions nous ont permis de démarrer la tribune des lecteurs, qui a été bien
appréciée! Souvent, les erreurs ont du bon, du moment qu'on les avoue, et qu'on
l'affiche ouvertement: ces échanges créent des liens entre les lecteurs et les
auteurs."
19.7. Les libraires et l'internet
Pascal Chartier (Lyon) est le créateur de Livre-rare-book, site professionnel de
livres d'occasion. Son meilleur souvenir: "La lettre d'une vieille dame
québécoise à qui j'ai pu faire retrouver un livre de son enfance." Son pire
souvenir: "Les injures gratuites."
Catherine Domain (Paris) a fondé la librairie Ulysse, la plus ancienne librairie
de voyage au monde. Son meilleur souvenir: "Un dialogue quotidien avec ma soeur
qui habite Sri Lanka et mes potes mexicains, américains, anglais, sud-africains,
etc., car j'ai beaucoup voyagé, longtemps et partout." Son pire souvenir: "Ma
première année ordinateur-internet: une longue souffrance technique!"
Alain Marchiset (Paris) est président du Syndicat de la librairie ancienne et
moderne (SLAM). Ses bons souvenirs: "Notre étonnement initial face aux premières
ventes réalisées. Nous avions en effet du mal à imaginer des personnes pianotant
sur un clavier pour faire leurs achats." Ses mauvais souvenirs: "Tous les
messages publicitaires dont nous sommes inondés."
Denis Zwirn (Paris) est co-fondateur et PDG de Numilog, librairie en ligne de
livres numériques. Son meilleur souvenir: "Le jour de ma première connexion à
domicile, le 31 décembre 1995: c'est un de mes plus beaux souvenirs de
réveillon!"
19.8. Les linguistes et l'internet
Guy Antoine (New Jersey) a créé Windows on Haiti, site de référence sur la
culture haïtienne. Ses bons souvenirs: "Certaines personnes. Le web est un
réseau de serveurs et d'ordinateurs personnels reliés les uns aux autres.
Derrière chaque clavier se trouve une personne, un individu. L'internet m'a
donné l'occasion de tester mes idées et d'en développer d'autres. Le plus
important pour moi a été de forger des amitiés personnelles avec des gens
éloignés géographiquement et ensuite de les rencontrer." Ses mauvais souvenirs:
"Certaines personnes. Je ne souhaite pas m'étendre sur ce sujet, mais certains
ont vraiment le don de vous énerver."
Arlette Attali (Paris) est responsable de l'équipe "Recherche et projets
internet" à l'Institut national de la langue française (INaLF). Ses bons
souvenirs: "La découverte de bons sites littéraires. Par exemple Zvi Har'El's
Jules Verne Collection, consacré à Jules Verne, ou le Théâtre de la foire à
Paris (au 17e siècle)."
Robert Beard (Pennsylvanie) est le co-fondateur de yourDictionary.com, portail
de référence pour les langues. Ses meilleurs souvenirs sont liés à son site web:
"Sa popularité continue de me stupéfier. Je reçois quotidiennement une douzaine
de lettres de visiteurs, dont la moitié au moins me félicite pour mon travail.
Je ne veux pas tomber dans une autosatisfaction démesurée, mais ces compliments
me font très plaisir. Je suis également stupéfait du fait que, six ans seulement
après les débuts du web, je puisse dénombrer plus de 1.200 dictionnaires en
ligne qui soient dignes d'intérêt, dans plus de 200 langues différentes." Son
pire souvenir: "Mon pire souvenir a été de voir mon site web copié sans mention
de mon nom. Mais j'ai toujours pu résoudre ce problème. En général, mes
souvenirs liés à l'internet sont positifs et ils le seront plus encore si
yourDictionary.com a du succès."
Alain Clavet (Ottawa) est analyste de politiques au Commissariat aux langues
officielles du Canada. Son meilleur souvenir: "La découverte des toutes les
possibilités du modem-câble. La très grande vitesse du modem m'a permis de voir
la puissance de ce mode de communication. Internet comme encyclopédie
universelle m'est indispensable." Son pire souvenir: "La lenteur, mais c'est
réglé."
Cynthia Delisle (Montréal) est consultante au Centre d'expertise et de veille
inforoutes et langues (CEVEIL). Son meilleur souvenir: "Le maintien régulier et
à moindre coût, grâce au courriel, du contact avec mes proches lors de séjours
prolongés à l'étranger." Son pire souvenir: "D'avoir vécu des problèmes de
harcèlement (envois répétitifs de courriels personnels non sollicités... c'était
il y a plusieurs années, avant que les logiciels de messagerie ne soient équipés
de fonctions de filtres!)."
Bill Dunlap (Paris & San Francisco) est le fondateur de Global Reach, société
qui favorise le marketing international en ligne. Son meilleur souvenir: "Le
fait de travailler avec des centaines de personnes tout en évitant la pression.
Cela rend la vie vraiment agréable." Son pire souvenir: "J'ai plusieurs fois mis
en place un forum en ligne, et plusieurs individus animés de mauvaises
intentions ont commencé à envoyer des messages injurieux à l'ensemble du forum.
Ces messages ont atteint des centaines de personnes qui ont à leur tour répondu
par des messages injurieux, avec un effet boule de neige. Je me rappelle m'être
réveillé un matin avec plus de 4.000 messages à télécharger. Quelle pagaille!"
Barbara Grimes (Hawaii) a été la directrice de publication de l'Ethnologue,
encyclopédie des langues, jusqu'en décembre 2000. Son meilleur souvenir: "Le
fait de recevoir des corrections et de nouvelles informations fiables." Son pire
souvenir: "Des critiques peu aimables sans proposition de corrections."