LIII

Un faucon vole au-dessus de Saraïevo,

il cherche de l'ombre pour y prendre le frais.

Il trouve un pin au milieu de Saraïevo:

sous le pin est une fraîche fontaine,

au bord de la fontaine une veuve, Zoumboul[1],

et une fille, la gentille Roujitza[2],

le faucon commence à songer,

s'il aimera Zoumboul, la veuve,

ou Roujitza, la gentille vierge.

A tout il songe, puis il prend une résolution,

et tout bas il dit:

«Mieux vaut l'or, même un peu abîmé,

que l'argent récemment forgé;»

et il donne un baiser à Zoumboul, la veuve,

vive est la colère de Roujitza, la fillette:

«Saraïevo, puisses-tu fleurir sans donner de fruits!

pourquoi la coutume en toi est-elle née,

que les jeunes courtisent les veuves,

et les froids vieillards les belles vierges?»

[Note 1: En turc, jacinthe.]

[Note 2: En serbe, petite rose.]

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 173 / 205 题