BOLOZANOVITCH.

Djoul[1] la Turque convie à une assemblée,

elle y invite toutes les dames,

et prie aussi une fille promise,

promise à Bolozanovitch.

Celui-ci la chercha, un jour d'été jusqu'à midi,

la chercha sans pouvoir la trouver;

et ne pouvant résister à son coeur,

il alla vers Djoul, la dame turque:

«Ma soeur en Dieu! jeune femme,

donne-moi une fine chemise,

celle que tu portes le premier dimanche de la lune;

mets-moi de l'antimoine sur les sourcils,

une coiffure noire sur mes noirs cheveux,

et du rouge sur mon blanc visage;

fais-moi de fines tresses comme à une fille,

de cinq jusqu'à neuf (tresses);

et donne-moi une quenouille dorée

avec un fuseau de buis,

et une quenouille de lin d'Égypte,

puis laisse-moi entrer dans ton assemblée,

que je voie la fille qui m'est promise.»

La Turque agréa la prière faite au nom de Dieu,

elle lui donna une fine chemise, etc., etc.[2],

puis elle ajouta ce bon conseil:

«Libertin que tu es, Bolozanovitch,

quand tu entreras dans mon assemblée,

les vieilles, baise-les aux mains,

les jeunes femmes sur leurs bouches de miel,

et les filles à la gorge, au-dessous du collier.»

Le libertin agréa le conseil;

quand il arriva dans l'assemblée,

il baisa les vieilles aux mains,

les jeunes femmes sur leurs bouches de miel,

et les filles à la gorge au-dessous du collier;

et à son accordée quand il arriva,

il lui fit une blessure au-dessous de la gorge,

et la jeune accordée s'écria:

«Dames de cette assemblée, mes compagnes,

frappez-le de vos fuseaux et de vos quenouilles,

c'est ce libertin de Bolozanovitch.»

[Note 1: Pour _gul_, en turc. rose.]

[Note 2: Je supprime la description trop minutieuse du costume.]

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 147 / 205 题