NOTES

I. [Note 1: Il y a ici quelque jeu de mot fondé sur le rapport des noms

propres, Stoïan et Stoïa, avec le verbe _stoïati_, se tenir debout.]

I. [Note 2: Ceci se rapporte à une coutume bien ancienne,--comme on le

voit par ce passage,--et tellement générale que la loi a dû l'adopter

et la consacrer (Code civil serbe, §§ 159, 520, etc., etc.). Chez les

paysans de la principauté, les fils et petits-fils ne se séparent

point d'ordinaire de leur père ou aïeul; non plus que les frères ne se

quittent après la mort du père. Il s'établit entre eux une association

domestique connue sous le nom de _zadrouga_, ayant pour chef et

administrateur (_staréchina_), non toujours le plus âgé, mais celui que

sa capacité a fait choisir. Chaque membre de la communauté (_zadrougar_)

a ses fonctions; les femmes entre autres sont à tour de rôle _de

semaine_. La _rédoucha_, outre le soin de ses enfants, a pour fonction

l'entretien de la maison, la fabrication du pain, la préparation de la

nourriture pour tous, et, à l'époque des travaux agricoles, l'obligation

de la porter dans les champs aux zadrougars, c'est-à-dire, comme on voit,

aux ouvriers gagés, etc.--L'autorité du staréchina n'est d'ailleurs

nullement absolue et n'a point d'analogie avec la puissance paternelle, car

il ne fait aucun acte d'administration et ne peut engager la communauté

que du consentement de tous.]

I. [Note 3: «On prétend qu'aujourd'hui encore, de l'ouverture où

passaient les mamelles de la pauvre jeune femme, il suinte une substance

blanchâtre, semblable à de la craie, et que les femmes qui n'ont pas de

lait, ou qui ont mal au sein, la recueillent pour la boire mêlée avec de

l'eau. Actuellement encore, les Serbes racontent qu'il est impossible de

construire un grand édifice, à moins d'enfermer ainsi quelqu'un, homme

ou femme, dans les fondations; c'est pourquoi tous ceux qui le peuvent

évitent de s'approcher de l'emplacement d'une construction, dans la

pensée que l'ombre humaine même peut être ainsi _emmurée_, ce qui

entraînerait la mort.» (Note de M. Vouk.)]

II. [Note 4: Ainsi que je l'ai dit ailleurs, une fiancée reste sous la

garde du dévèr et sans aucune communication, même de paroles, avec son

mari, jusqu'à l'arrivée à la maison conjugale, séparée quelquefois de

celle de ses parents par plusieurs journées de marche. C'est là seulement

qu'a lieu la consommation du mariage.

Ce chant a le plus grand rapport, pour le fond et aussi dans quelques

détails, avec ceux intitulés _Marko Kralievitch et le Maure_, et _Marko

abolit l'impôt sur les mariages_. Partout il s'agit d'atteintes à

l'honneur des femmes, grief le plus insupportable des peuples conquis.]

III. [Note 5: Cette famille des Iakchitch, qui paraît avoir une existence

historique, est le sujet de plusieurs autres chants, également fort

anciens.]

III. [Note 6: Cette tour et cette petite église existent encore. L'église

ou chapelle, convertie en poudrière, se trouve dans la partie basse de la

citadelle; la _Néboïcha_ (ce qui veut dire: _ne crains pas_) est cette

construction hexagone, enclavée dans le mur de la forteresse, au bord du

Danube, et qui servait jadis de prison d'État.]

III. [Note 7: Ou plutôt par droit de _staréchina_, car il s'agit ici du

partage d'une communauté domestique ou _zadrouga_. Voy. la note 2, N° I.]

V. [Note 8: «C'est, dit M. Vouk dans une note, une croyance universelle

parmi le peuple serbe, que les Turcs ont eu en leur possession les objets

antiques et sacrés mentionnés dans la _pésma_, lesquels ont été plus

tard transportés en Russie.» Puis il cite les fragments d'un autre chant

où «Madame Élisabeth,» l'impératrice de Russie, écrit une lettre

au sultan Soleïman, pour le sommer de lui restituer son héritage, dans

lequel sont énumérés lesdits objets.--Mise en regard des circonstances

politiques actuelles, cette ancienne légende n'a-t-elle pas un sens

curieux et profond?]

VI. [Note 9: «Il s'agit ici d'Ianko Mitrovitch, père du célèbre

guerrier Stoïan Iankovitch, et qui a dû vivre vers le milieu du XVIIe

siècle, car les Vénitiens reconnurent publiquement la bravoure de son

fils Stoïan, et le nommèrent serdar ou chef des Morlaques en 1669.»

(Note de M. Vouk.)--J'ai traduit ce poëme, comme spécimen d'une classe

de chants qui célèbrent ainsi des combats singuliers entre chrétiens et

musulmans, où l'auteur du défi appartient tantôt à l'une, tantôt à

l'autre nation, mais où l'avantage reste bien entendu toujours à celle

dont le poëte fait partie. On remarquera ici comme ailleurs encore,

comment les Serbes, devenus musulmans, ont conservé leurs noms de famille

slaves, tout en prenant des prénoms turcs.]

VII. [Note 10: Cette pièce se rapporte à l'année 1813, et c'est la plus

récente du présent recueil. George Pétrovitch, surnommé par les

Turcs _Kara_ (noir, en serbe _tzèrni_), à cause de l'effroi qu'il leur

inspirait, et père de Son Altesse régnante, le prince Alexandre, a

été, comme on sait, le premier chef suprême des Serbes dans leur guerre

d'indépendance contre la Porte Ottomane.

_P. S._ Je laisse subsister les lignes qui précèdent, bien que rendues

désormais inexactes par les événements. Au moment où je corrige cette

épreuve, le prince Alexandre Karadjordjévitch vient (mardi 22 décembre

1858 [3 janvier 1859]) de quitter Belgrade, par une révolution qui a mis

à sa place le knèze Miloch.]

VII. [Note 11: Ce knèze est Miloch Obrénovitch, prince héréditaire de

Serbie de 1817 à 1839, et que la _Skoupchtina_ ou Assemblée nationale a

élu de nouveau ou plutôt acclamé dans sa séance du 12 (23) décembre

1858.--Le prince Miloch, né vers 1780, a en effet guerroyé contre les

Turcs (Janissaires et Dahis) dès les premières années de ce siècle, et

resté seul des chefs importants après la fuite de Karageorge en Autriche

(1813), il est devenu en 1815, la tête de l'insurrection définitive

des Serbes. La _pésma_, dans son cadre poétique, est donc parfaitement

fidèle à l'histoire.]

VII. [Note 12: Le portrait de ce haïdouk, qui périt en effet bravement

dans la défense d'une redoute, se voit fréquemment à Belgrade.]

V

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 107 / 205 题