MARKO KRALIEVITCH ET LE BEY KOSTADIN.

Deux pobratimes allaient chevauchant, le bey Kostadin et Marko Kralievitch;

quand le bey dit à Marko: «Viens chez moi, à l'automne, frère, le

jour de Saint-Dimitri, mon patron de famille, et tu verras une fête et un

régal, et la belle réception, et les magnifiques banquets.» Mais Marko

Kralievitch lui répondit: «Ne te vante point, bey, de ta réception!

déjà, lorsque je cherchais mon frère André, je me suis trouvé dans ta

maison à l'automne, le jour de Saint-Dimitri, ton patron de famille;

j'ai vu ta façon de traiter, et j'ai été témoin de trois actes

d'inhumanité.--Marko Kralievitch, mon frère, reprit le bey Kostadin, de

quels actes d'inhumanité veux-tu parler?

--Le premier, frère, répliqua le Kralievitch, ce fut quand il arriva deux

indigents, demandant pour aliments du pain blanc, et pour boisson du vin

vermeil; mais toi tu leur dis: Loin d'ici, vil rebut, n'allez pas souiller

mon vin devant ces seigneurs. J'éprouvai de la compassion, bey, pour ces

indigents; je les pris tous deux, je les emmenai au bazar, et après

leur avoir fait manger du pain blanc et boire du vin vermeil, je leur fis

tailler des habits de bel écarlate, de bel écarlate et de soie verte,

puis je les renvoyai à ta maison; pour moi, bey, j'étais à l'écart

regardant comment tu les recevrais cette fois. Tu les pris alors, les deux

indigents, l'un par la main droite, l'autre par la main gauche, tu les

conduisis dans la maison et les fis asseoir en leur disant: Mangez et

buvez, mes jeunes seigneurs.

«L'autre acte d'inhumanité, bey, le voici: il y avait là d'anciens

gentilshommes, qui avaient perdu leurs biens, ils étaient vêtus

d'écarlate usé, tu les mis au bas bout de la table. Les nouveaux

seigneurs qui étaient là, ayant acquis récemment du bien, et qui avaient

des habits neufs, ceux-là tu les plaças au haut bout, tu leur servis du

vin et de la rakia, et les traitas avec distinction.

«Le troisième acte d'inhumanité, bey, c'est qu'ayant et ton père et ta

mère, aucun des deux n'était à table, pour y boire la première coupe de

vin.»

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 44 / 205 题