IV. [Note 6: La _slava_ (proprement, gloire) est une coutume fort ancienne,
particulière aux Serbes, et encore aujourd'hui en très-grand honneur dans
la principauté. Chaque famille (la _gens_ des Romains), indépendamment
des patrons particuliers de ses membres, a un patron commun, saint Dmitri,
saint Nicolas ou tout autre, qu'elle fête avec de certaines cérémonies.
C'est ce qu'on appelle _slaviti slavou_ ou _kèrsno imé_, célébrer la
gloire ou le nom du patron commun. Le peuple raconte--tradition qui prouve
combien cette coutume lui est chère--que Marko Kraliévitch vient chaque
année, le cinq mai, dans une église de Prilip, fêter ainsi saint
Georges. La principale cérémonie usitée lors de la slava, et qui sert
d'introduction à d'interminables compotations, est un toast qui a un
caractère religieux. Les toasts (_zdravitza_) en effet, pour le dire
en passant, sont un genre de récréation plus cher encore aux Serbes
peut-être qu'aux Anglais; c'est un talent que d'en savoir débiter ou
même improviser, et il en est de fort amusants.]
IV. [Note 7: Tous les personnages qui figurent ici sont historiques, et
se trouvent dans les _pesmas_ qui se rapportent à la bataille de
Koçovo.--Ioug-Bogdan (_Ioug_ signifie le sud), était le beau-père de
Lazare, et gouverneur de l'Acarnanie et de la Macédoine.--_Iougovitch_
veut dire fils de Ioug.]
IV [Note 8: Vouk Brankovitch était un des gendres de Lazare. C'est, à ce
qu'on raconte, d'une querelle entre sa femme et celle de Miloch Obilitch
(motif qui forme aussi le noeud du poème des _Niebelungen_) que naquit
entre ces deux hommes une haine violente qui conduisit l'un à la
défection, l'autre à donner la mort au sultan Murad. (Voir TALVI,
_Serbische Volkslieder_, deuxième édition, page 34 ) L'usage fait de
son nom dans le passage suivant, prouve bien sa popularité. «A dater
d'aujourd'hui, s'il se trouvait un Montenégrin, un village, etc. qui
trahit la patrie, nous le vouons unanimement à l'éternelle malédiction,
ainsi que Judas, qui a trahi le seigneur Dieu, et l'infâme Vouk
Brankovitch, qui trahit les Serbes à Koçovo et s'attira ainsi la
malédiction des peuples et se priva de la miséricorde divine» (Code du
Montenégro, décrété le 15 août 1803).]
IV [Note 9: Miloch Obilitch est un personnage encore fort célèbre chez
les Serbes, au point que son nom a été donné à un ordre de chevalerie
institué, il y a quelques années, au Montenégro; et qu'en 1840, un
Serbe, aumônier militaire en Autriche, publiait un petit livre sous ce
titre _Pregled bitke Kosovo-polske i kounatchkog diela Oblitcheva_, etc.,
ou examen de la bataille de Koçovo et de l'action héroïque de
Miloch Obilitch, au point de vue du droit public, de l'éthique, de la
psychologie, et des idées alors régnantes.]
IV [Note 10: Il y a au texte: c'est demain le beau _Vidovdon_. C'est le
nom que les Serbes donnent à la journée du 15/27 juin, mais je n'ai pu
découvrir ni l'origine, ni le sens de cette appellation.]
V [Note 11: Cette expression marque toute la force de la tendresse
fraternelle chez les Serbes, pour qui, paraît-il, la formule la plus
solennelle de serment est par le frère ou par la soeur. On peut voir
entre autres dans la pièce intitulée _Prédrag et Nénad_, un haïdouk,
réputé fils unique, éprouver un sentiment de honte à ne pouvoir
jurer, comme tel, que par ses armes et son cheval. On remarque aussi dans
plusieurs pièces _domestiques_, un sentiment de doute et une certaine
ironie envers l'affection de l'épouse, comparée à celle de la soeur.]
V. [Note 12: Le mot _koula_ (sans doute dérivé de l'arabe-turc _kalé_,
forteresse) signifie proprement une tour, mais par extension dans la
poésie toute maison de pierre, ou en général une habitation un peu
considérable. Je le rends tantôt par tour, maison, ou même palais,
suivant les circonstances.]
V. [Note 13: Ces corbeaux, porteurs de mauvaises nouvelles, figurent
fréquemment dans la poésie héroïque serbe.]
V. [Note 14: Il existe sur Strahima Banovitch un long poème de huit cent
dix vers, mais dénué d'intérêt.]