I
Le tzar Murad fond sur Koçovo,
comme il y arrive il écrit une lettre menue[1],
et l'envoie vers la ville de Krouchévatz,
aux mains du prince Lazare:
«O Lazare, tête de la Serbie,
ce qui n'a jamais été, ce qui ne peut être,
c'est qu'il y ait une seule terre et deux seigneurs,
et que les mêmes rayas payent deux tributs.
Régner tous deux nous ne pouvons.
Envoie-moi donc clefs et tributs,
les clefs d'or de toutes les cités,
et le tribut pour sept années;
si tu ne veux me les envoyer,
viens vers le champ de Koçovo,
que nous partagions la terre avec nos sabres.»
Lorsque la lettre menue parvient à Lazare,
il la regarde et verse des pleurs amers.
[Note A: Les nos 1, 3 et 4 ne sont que des fragments de chants dont la fin
s'est perdue.]