[Note 1: La traduction de Mme Élise Voiart (2 volumes in-8, Paris, 1834)
a été au contraire exécutée d'après une version allemande,
singulièrement heureuse il est vrai, celle de Mme Robinson (Talvj). Mon
travail aussi renferme plusieurs pièces dont l'original n'a été publié
que depuis.]
[Note 2: Outre un premier spécimen publié à Vienne en 1815, les
_Narodné serbské pésmé_ (poésies nationales ou populaires serbes) ont
eu deux éditions, l'une imprimée en 4 volumes grand in-12 à Leipzig, de
1823 à 1834, l'autre à Vienne, de 1841 à 1846, en 3 volumes in-8, qui
doivent être complétés par un quatrième, pour lequel l'auteur rassemble
encore des matériaux. Le nombre des poésies héroïques, qui forment deux
tomes de cette dernière édition, s'élèvent à 190.--Comme singularité,
et pour prouver combien cette poésie est encore à l'état oral, il faut
dire que la collection imprimée de M. Vouk est à peu près inconnue même
en Serbie, où son introduction est interdite par un ordre du gouvernement,
à raison d'un système d'orthographe différent de l'orthographe
officielle, et il m'est arrivé d'écrire, sous la dictée de gens qui en
ignoraient l'existence, des pièces ayant plus de cent vers.]
[Note 3: Préface de la première édition, Leipzig, 1823.]
[Note 4: La coutume d'enlever les filles était générale parmi les Serbes
sous la domination turque et, selon M. Vouk, elle règne encore chez ceux
qui relèvent directement de la Porte Ottomane. Ce rapt avait lieu à main
armée et entraînait souvent l'effusion du sang. Voici, parmi les détails
que donne notre auteur dans son _Dictionnaire serbe_ (au mot OTMITZA), ceux
qui m'ont semblé les plus caractéristiques: «S'il arrive que la fille
résiste et ne veuille point suivre les ravisseurs, ceux-ci l'entraînent
en la tirant par les cheveux, et en la frappant à coups de bâton, comme
_des boeufs dans un champ de choux_,» et «on l'entraîne dans un bois,
et on la marie dans quelque cabane de pâtre ou tout autre endroit, le pope
est contraint, bon gré mal gré, et sous peine d'être abîmé de coups,
de faire le mariage.»]
[Note 5: Il a fallu plus de quinze jours à M. Vouk pour recueillir de
la bouche d'un seul rapsode (_pévatch_), un vieillard nommé Milia, la
_pesma_ des _noces de Maxime Tzèvnoiévitch_, qui n'a pas moins de douze
cent vingt-six vers, il est vrai, et qui, avec celle intitulée _Banovitch
Stralnma_, renfermant huit cent dix vers, est le plus long des poëmes
serbes.]
[Note 6: Un des hommes les plus distingués de la principauté me disait
qu'étant ministre de l'intérieur, il y a environ dix ans de cela, il
s'était vu obligé d'interdire, dans quelques districts, le chant public
des _pesmas_, qui exaltaient encore assez les auditeurs pour en pousser
quelques-uns à s'enfuir dans les montagnes et à se faire haïdouks.]
[Note 7: _Ivana Gundulitcha Osman, u dvadeset pievaniah, u Zagrebu_ 1844.]
[Note 8: Le serbe n'a guère pris au turc des mots désignant des choses
usuelles, des objets fabriqués surtout, et des noms de métiers. Les
Bosniaques, tout zélés musulmans qu'ils ont la prétention d'être,
ont conservé, comme on sait, les noms, la langue et beaucoup des usages
slaves. Je me suis diverti plus d'une fois à voir l'embarras et le
dépit de quelqu'un de ces grands et solides gaillards, au turban rouge
en spirale, alors qu'un Turc lui adressait la parole, et qu'il se trouvait
dans l'impossibilité de comprendre les plus simples questions, ou même
d'y répondre.]
[Note 9: On peut citer pour exemple une _pesma_ intitulée _Combat entre
les habitants d'Arad et ceux de Komadia_. Elle est assez récente, du
temps de Joseph II (_Ioçifa kiéçara_). Entre autres aménités, avant le
combat, ou plutôt la rixe provoquée par les Serbes, ceux-ci boivent «à
la santé du brave, qui apportera une langue de calviniste,» c'est-à-dire
de Magyar, comme le montre la suite, où les deux dénominations sont
employées indifféremment.]
[Note 10: Veut-on savoir, par exemple, où en est la philosophie en Russie
et même ce qu'on y entend par là, que l'on consulte la _Chrestomathie
russe_ de Galahov, imprimée a Moscou en 1853, pour l'usage des
universités. On sera étonné du caractère des morceaux qui représentent
cette branche de la littérature.]
[Note 11: Am. Thierry, Histoire d'Attila, _Revue des Deux-Mondes_, 15
février 1852.]
[Note 12: J'ai imprimé la traduction de deux de ces contes dans
l'_Athénaeum français_ du 6 janvier 1855. Quant à l'absence, dans la
poésie, des _vampirs_ et autres objets des croyances populaires, c'est
ce fait qui excita le premier, chez Mickiewicz, des soupçons sur
l'authenticité de la _Guzla_, de M. Mérimée. (_Cours de littérature
slave_.)]
[Note 13: Les premières sont des chansons que, le jour de la Pentecôte,
des filles, dont l'une prenait le nom de reine, _Kralyitza_, allaient
chanter de porte en porte dans les villages; les autres étaient chantées
aussi par des jeunes filles, mais nues et couvertes seulement de branchages
et de fleurs; aussi des Tziganes étaient-elles ordinairement les actrices
de cette cérémonie, qui avait lieu en temps de sécheresse et pour
implorer la pluie du ciel.--Je mentionnerai encore ici les lamentations
funèbres (_naritzanié_, à Belgrade _zapévanié_) que prononcent les
femmes sur le corps des morts, ainsi que cela a lieu encore chez les
Corses, les Grecs, les Irlandais. Cet usage, pour le dire en passant, dont
j'ai été témoin plusieurs fois, a plutôt excité ma curiosité que mon
émotion.]
[Note 14: Les vers, dans ces chansons, sont de trois jusqu'à quatorze
syllabes, et sont formés de trochées ou de dactyles, rarement mélangés.
Par une coïncidence singulière, deux des vers les plus usités,
l'héroïque, et un autre, aussi de dix-sept syllabes, mais coupé par le
milieu, sont identiques à deux mètres, aussi employés chez nous. Voici
un exemple du second:
Oblak se viye | po vedrom nebu
Le nuage flotte dans le ciel clair
Pour toutes les sortes de vers, il y a une remarque presque générale
à faire, c'est que la quantité primitive des syllabes y est modifiée
suivant les exigences de la métrique. Ainsi le vers héroïque suivant
(composé comme tous ceux de cette classe, uniquement de trochées), dont
les mots, pris isolément, seraient prononcées