[Illustration: _Phot. de Givenchy._ LA SAISON.--Fin d'après-midi au Polo
de Bagatelle.]
_C'est par une de ces douces fins d'après-midi, où il est si plaisant de
prolonger jusqu'au repas du soir l'heure du thé au Bois, propice aux
légers entretiens et aux rencontres élégantes... Entre tous les
«rendez-vous» de bonne compagnie, le Polo de Bagatelle, près de
Longchamp, s'offre comme un des plus choisis. Tandis que, sur le vaste
tapis gazonné réservé au jeu, se poursuit, parmi les galopades et les
coups de maillet, une rude partie, de paisibles groupes errent le long
de l'allée de sable fin, ou s'attablent sous les arbres, opposant, en
contraste au sport violent qui emplit la pelouse d'alertes chevauchées,
leur grâce indolente. Car l'endroit, aristocratique et discret, est de
ceux que la Mode a consacrés et où une Parisienne habituée des réunions
mondaines aime à paraître, sinon pour se passionner aux péripéties d'un
beau match, du moins pour goûter le plaisir, toujours nouveau, d'être
vue, et admirée..._
[Illustration: NOS BONS PETITS ÉLÈVES DU MAROC.--Les lauréats de la
distribution des prix à l'école franco-arabe de Casablanca.]
Si la France est obligée encore, dans toute une partie du Maroc,
d'achever par les armes sa prise de possession, elle n'a pas attendu
longtemps, dès que la sagesse des indigènes lui en a laissé la latitude,
pour leur prodiguer, dans les régions qu'elle occupe en paix, les
bienfaits de sa culture, et la gravure ci-dessus constitue une heureuse
antithèse à celle qui montre, d'autre part, nos soldats à l'action.
C'était la première fois qu'il était procédé, à l'école franco-arabe de
Casablanca, à une «distribution solennelle des prix». La cérémonie,
présidée par M. le comte de Saint-Aulaire, délégué à la résidence
générale, autour duquel avaient pris place le général Ditte, M. Loth,
directeur de l'enseignement, le pacha de Casablanca et tous les
notables, fut suivie par la plupart des parents des élèves, assez
étonnés, sans doute, à la vue de leurs enfants les bras chargés de
livres aux reliures voyantes et le front ceint de couronnes dorées. Ah!
si quelques émissaires des farouches Tadla, Béni M'Tir ou Zaer avaient
pu se mêler à leurs groupes et contempler, comme eux, ce diplomate,
représentant de la France, ces officiers complimentant gravement,
affectueusement, ces bambins aux yeux éveillés dans des masques de
bronze, quelles réflexions n'eussent-ils pas faites! Avant de venir
récompenser de leur application ces petits Arabes, M. de Saint-Aulaire
avait présidé à une autre solennité, plus semblable à celles que nous
voyons se dérouler chez nous à pareille époque, avec la foule des
garçons et des fillettes anxieux et béants devant les tables lourdes de
volumes scintillants d'or: c'était la distribution des prix aux élèves
des écoles françaises. Mais, pour être moins pittoresque que l'autre, et
ne pas présenter le même contraste, elle n'en était pas moins frappante,
pour ceux-là surtout qui l'année précédente avaient vu, groupés autour
de leurs maîtres, deux cents enfants, et qui en voyaient, cette fois,
quinze cents,--tant cette ville de Casablanca se développe avec
rapidité, tant l'oeuvre française y progresse à pas de géant.
[Illustration: Une charge impressionnante de 30.000 boy-scouts, après la
revue passée à Birmingham par le prince Arthur de Connaught.]