GEORGES CASELLA.

[Illustration: _Phot. de Givenchy._ LA SAISON.--Fin d'après-midi au Polo

de Bagatelle.]

_C'est par une de ces douces fins d'après-midi, où il est si plaisant de

prolonger jusqu'au repas du soir l'heure du thé au Bois, propice aux

légers entretiens et aux rencontres élégantes... Entre tous les

«rendez-vous» de bonne compagnie, le Polo de Bagatelle, près de

Longchamp, s'offre comme un des plus choisis. Tandis que, sur le vaste

tapis gazonné réservé au jeu, se poursuit, parmi les galopades et les

coups de maillet, une rude partie, de paisibles groupes errent le long

de l'allée de sable fin, ou s'attablent sous les arbres, opposant, en

contraste au sport violent qui emplit la pelouse d'alertes chevauchées,

leur grâce indolente. Car l'endroit, aristocratique et discret, est de

ceux que la Mode a consacrés et où une Parisienne habituée des réunions

mondaines aime à paraître, sinon pour se passionner aux péripéties d'un

beau match, du moins pour goûter le plaisir, toujours nouveau, d'être

vue, et admirée..._

[Illustration: NOS BONS PETITS ÉLÈVES DU MAROC.--Les lauréats de la

distribution des prix à l'école franco-arabe de Casablanca.]

Si la France est obligée encore, dans toute une partie du Maroc,

d'achever par les armes sa prise de possession, elle n'a pas attendu

longtemps, dès que la sagesse des indigènes lui en a laissé la latitude,

pour leur prodiguer, dans les régions qu'elle occupe en paix, les

bienfaits de sa culture, et la gravure ci-dessus constitue une heureuse

antithèse à celle qui montre, d'autre part, nos soldats à l'action.

C'était la première fois qu'il était procédé, à l'école franco-arabe de

Casablanca, à une «distribution solennelle des prix». La cérémonie,

présidée par M. le comte de Saint-Aulaire, délégué à la résidence

générale, autour duquel avaient pris place le général Ditte, M. Loth,

directeur de l'enseignement, le pacha de Casablanca et tous les

notables, fut suivie par la plupart des parents des élèves, assez

étonnés, sans doute, à la vue de leurs enfants les bras chargés de

livres aux reliures voyantes et le front ceint de couronnes dorées. Ah!

si quelques émissaires des farouches Tadla, Béni M'Tir ou Zaer avaient

pu se mêler à leurs groupes et contempler, comme eux, ce diplomate,

représentant de la France, ces officiers complimentant gravement,

affectueusement, ces bambins aux yeux éveillés dans des masques de

bronze, quelles réflexions n'eussent-ils pas faites! Avant de venir

récompenser de leur application ces petits Arabes, M. de Saint-Aulaire

avait présidé à une autre solennité, plus semblable à celles que nous

voyons se dérouler chez nous à pareille époque, avec la foule des

garçons et des fillettes anxieux et béants devant les tables lourdes de

volumes scintillants d'or: c'était la distribution des prix aux élèves

des écoles françaises. Mais, pour être moins pittoresque que l'autre, et

ne pas présenter le même contraste, elle n'en était pas moins frappante,

pour ceux-là surtout qui l'année précédente avaient vu, groupés autour

de leurs maîtres, deux cents enfants, et qui en voyaient, cette fois,

quinze cents,--tant cette ville de Casablanca se développe avec

rapidité, tant l'oeuvre française y progresse à pas de géant.

[Illustration: Une charge impressionnante de 30.000 boy-scouts, après la

revue passée à Birmingham par le prince Arthur de Connaught.]

L'Illustration, No. 3672, 12 Juillet 1913 · 第 18 / 38 题