1843--JUIN.

[Tableau complexe]

[Illustration.]

Nécrologie.--John Murray,

John Murray, le célèbre éditeur de Walter Scott et de lord Byron, est

mort le mardi 25 juin dans sa maison d'Albemarle-Street, après une

courte maladie.

John Murray naquit le 22 novembre 1778, dans la maison n° 32 de

Fleet-Street. Son père exerçait la profession de libraire, et ne vendait

que des ouvrages de médecine. Il était fils unique, et il eut le malheur

de devenir orphelin à l'âge de quinze ans. A sa majorité il s'associa

avec le principal commis de son père, qui avait continué son commerce.

Mais ils ne tardèrent pas à se séparer. M. Highley alla s'établir au nº

21, où son fils tient encore aujourd'hui une librairie médicale, et John

Murray resta au n° 32. Toutefois il ne voulut pas se borner à la

spécialité dans laquelle son père avait fait sa fortune; et, à dater de

1805, il commença l'importante série de livres historiques ou

littéraires qui ont valu à sa maison la réputation universelle dont elle

n'a pas cessé de jouir depuis cette époque. Nous ne mentionnerons pas

ici les titres de tous les grands ouvrages qu'a publiés pendant quarante

années John Murray. Il nous suffira de rappeler qu'il fut l'éditeur de

lord Byron, de Walter Scott, de Thomas Moore, de Crabbe, de Washington

Irving, de Milutan, de Southey, de Croker, de Lockhart, etc.; et qu'il

fonda la _Quarterly Review_, cette revue tory qui a souvent vaincu sa

redoutable rivale, la _Revue d'Édimbourg._

[Illustration: John Murray, décédé le 25 juin.]

En 1806, John Murray avait épousé miss Elliot, la fille de M. Elliot le

libraire d'Édimbourg. En 1812, il acheta le fonds de librairie et la

maison de Miller, et il quitta Fleet-Street pour revenir s'installer un

nº 50 dans Albemarle-Street. A dater de cette époque, chacune de ses

entreprises commerciales fut un nouveau succès. Ses dernières

publications, les _Mémoires du Lieutenant Eyre et de Lady Sale,_ se sont

vendues à un nombre considérable d'exemplaires. Une seule fois son

bonheur l'abandonna; il essaya de créer un journal quotidien ayant pour

titre: _le Représentatif_. Après un an de sacrifices inutiles, il se vit

obligé de renoncer à cette publication trop coûteuse.

Murray ne fut pas seulement l'éditeur heureux des plus grands écrivains

anglais du dix-neuvième siècle, il sut mériter et conserver leur amitié.

Byron,--personne ne l'ignore,--avait pour lui une affection et une

estime particulières. Son salon d'Albemarle-Street fut, pendant bien des

années, le lieu de réunion favori de tous les littérateurs, les artistes

et les savants de Londres. Chaque jour, à deux heures de l'après-midi,

on y trouvait une assemblée choisie. Lord Byron s'y rendait

très-souvent: «Son grand plaisir, dit un jour Murray au rédacteur de

_l'Athenaeum_, était de pousser des bottes aux livres élégants que

j'avais disposés avec ordre sur mes rayons. Il mettait le désordre dans

les rangs, atteignant toujours le volume qu'il avait pris pour but.

Aussi, ajoute-t-il en riant, étais-je parfois très-satisfait d'être

débarrassé de lui.»

Murray se montra, durant tout le cours de sa longue carrière, digne du

titre de _gentleman_. Il était bienveillant et généreux; il avait

d'excellentes manières et des goûts distingués. On raconte de lui une

foule d'anecdotes qui font honneur à son esprit ou à son coeur. Il

payait très-chèrement les manuscrits qu'il avait le désir de publier;

souvent même il donna aux auteurs le double de la somme convenue; ainsi

il acheta à Campbell ses _Spécimens of the Poets_ 500 livres, et il les

paya 1,000 livres. Allan Cuningham reçut de lui 50 livres sterl. en sus

du prix fixé par leur contrat, pour chacune de ses biographies des

artistes anglais. Il voulut avoir dans sa galerie de tableaux les

portraits de tous les hommes de mérite dont il éditait les ouvrages, et

il les fit peindre à ses frais par des artistes de talent. Cette

curieuse collection renferme des chefs-d'oeuvre de Lawrence, de

Philipps, de Pickersgill, de Hoppuez, de Wilkie, etc.

Murray est mort à l'âge de soixante-six ans. Pendant quarante ans il n'a

pas cessé de prodiguer aux principaux écrivains de l'Angleterre des

encouragements efficaces. Il a été plus généreux envers eux qu'aucun

autre libraire à aucune autre époque, dans aucun autre pays; c'est un

hommage que nous nous plaisons à lui rendre. N'est-ce pas là une belle

et noble profession? une vie honorablement et utilement remplie?

Murray laisse une veuve, trois filles et un fils, l'auteur des

excellents _Handbooks for Travellers_, qui jouissent déjà d'une

réputation méritée.

Mademoiselle Lenormand.

Le mardi 27 juin la foule se pressait aux portes de l'église

Saint-Jacques-du-Haut-Pas. L'église était tendue de blanc; Dans le

choeur s'élevait un somptueux catafalque, dont les lames d'argent

scintillaient à la clarté des cierges. Le corbillard, traîné par quatre

chevaux, suivi de pleureuses et de dames en grand nombre, s'est dirigé

lentement vers le Père-Lachaise, et les curieux assemblés, après avoir

questionné les gens du convoi, se répétaient: «Mademoiselle Lenormand,

la fameuse tireuse de cartes, l'amie de l'impératrice Joséphine, est

morte!»

Mademoiselle Lenormand, qui déjà avait doté l'une de ses nièces de

300,000 francs, laisse 500,000 francs en propriétés foncières. Elle a

gagné cette fortune à faire de _grandes et petites patiences_, à lire

dans le marc de café, à examiner des blancs d'oeufs, à distribuer des

espérances ou des alarmes. C'était la dernière représentante des

antiques sibylles de Cumes, de Delphes, d'Érythée, d'Ancyr, de Tibur ou

autres lieux. Elle pratiquait de bonne foi la science chimérique de

Corneille Agrippa, de Cagliostro et d'Etteila; et comme elle avait par

intervalle deviné juste, comme elle avait été servie parle hasard ou par

sa pénétration, elle s'était acquis une célébrité qui lui survivra.

Marie-Anne Lenormand, morte le 25 juin 1843, était née à Alençon (Orne)

en 1772. Sa mère passait pour l'une des plus belles femmes de France. M.

Lenormand ramena à Paris peu de temps après son mariage, et quand elle

parut aux Tuileries, les admirateurs l'environnèrent avec un

empressement si flatteur, mais en même temps si importun, qu'elle fut

obligée de se dérober aux hommages par une retraite précipitée. À

Versailles, au grand couvert, Louis XV remarqua la jeune Alençonnaise et

demanda qui elle était. On vint dire, à M. Lenormand: «Le roi a

distingué votre femme; votre fortune est assurée.» L'honnête homme

savait à quel prix il la fallait acheter, et dès le lendemain les deux

époux, fuyant les séductions de la cour, avaient repris le chemin de la

Normandie.

Élevée à l'abbaye royale des dames bénédictines d'Aleriçon, Marie-Anne

Lenormand y fit des progrès rapides dans les langues mortes et vivantes,

le dessin, la peinture, la musique, etc. Dès l'âge de sept ans, elle

donnait des preuves d'une singulière aptitude à deviner les événements

futurs. L'abbesse du couvent des Bénédictines fut destituée pour

inconduite et enfermée dans une maison de correction. Grande rumeur

parmi les soeurs et les pensionnaires: à qui sera confiée la direction

du troupeau? Pendant qu'on délibérait là-dessus, la petite Lenormand

prédit que le choix du roi tomberait sur une certaine dame de Livardie,

et la prophétie se réalisa dix-huit mois après; il y avait alors six

mois que mademoiselle Lenormand avait quitté les Bénédictines pour les

dames de Sainte-Marie. La nouvelle abbesse renvoya chercher, lui donna

une fonction d'honneur dans la cérémonie du sacre, et la présenta à

l'évêque Grimaldi comme une enfant de haute espérance.

A dix-sept ans, au commencement de 1789, mademoiselle Lenormand annonça

la chute du trône, des changements dans la constitution du clergé et la

suppression des couvents. Ces présages, inspirés par les circonstances,

n'avaient rien de miraculeux; mais il était extraordinaire qu'une aussi

jeune personne, s'élevant brusquement au niveau des esprits éclairés,

comprit l'imminence et l'intensité des tempêtes politiques, et qu'elle

proclamât hautement ce que les plus audacieux disaient tout bas.

En 1790 elle vint à Paris, et fut placée en qualité de lectrice auprès

d'un vieillard, M. d'Amerval de la Saussotte, dont Marat, dans son _Ami

du Peuple_, désignait la maison, rue Honoré-Chevalier, nº 10, connue un

rendez-vous de royalistes. Mademoiselle Lenormand se posa de prime abord

comme devineresse, et fut promptement en vogue dans la haute société

parisienne. Plus l'avenir devenait sombre et incertain, plus les

privilégiés recherchaient des opérations cabalistiques qui

éclaircissaient leurs doutes et raffermissaient leur courage. Quand

Marie-Antoinette fut en prison, Marie Lenormand, royaliste ardente, ne

s'en tint pas à tirer les cartes: elle entreprit de la faire évader.

Déguisée en commissionnaire et portant un panier de fruits, elle fut

introduite à la Conciergerie par madame Richard, femme du concierge et

Machouis, administrateur des prisons. Elle trouva la reine accablée,

désespérée, sourde à toute proposition de salut. La destitution de

l'administrateur mit fin aux tentatives de la sibylle libératrice.

Sibylle, telle était la qualité qu'elle s'arrogeait alors, car elle

avait quitté sa place de lectrice pour établir un bureau de divination

rue de Tournon, nº 153, aujourd'hui nº 5. A ses premiers clients,

s'adjoignirent des hommes qui, embarqués, dans la Révolution, en

appréhendaient, pour eux et pour leurs projets, les désordres

aléatoires. Au mois de floréal an II (mai 1794). elle reçut la visite de

Robespierre, de Saint-Just et de La Force, administrateur du bureau

central de sûreté générale: «Vous serez, leur dit-elle, condamnés et

exécutes dans l'année.» Peu de temps après, la sibylle était conduite à

la Petite-Force, comme contre-révolutionnaire, ayant fait des prédiction

pour troubler la tranquillité des citoyens et amener une guerre civile.

En prison, elle fut la providence des femmes» nobles, auxquelles elle

fit pressentir une délivrance prochaine. Mademoiselle Montansier,

ex-directrice des théâtres de la cour, allait être transférée à la

Conciergerie, lorsque mademoiselle Lenormand lui dit: «Mettez-vous au

lit, faites la malade; un changement de prison serait la mort, mais vous

l'éviterez et vous vivrez très-âgée.» En effet, les personnes

transférées prirent sur l'échafaud, et mademoiselle Montansier fut sauvée

par le 9 thermidor.

Ce fut à la Petite-Force que Marie Lenormand entama avec Joséphine de

Beauharnais, la future impératrice, des relations qui lui ont valu en

grande partie sa popularité. Superstitieuse commue toutes les créoles,

Joséphine lui fit passer des notes du Luxembourg, où elle était détenue,

en la priant de lui prédire son sort et celui de son mari. «Le général

Beauharnais, répondit l'oracle, sera victime de la Révolution. Sa veuve

épousera un jeune officier, que son étoile appelle à de hautes

destinées:»

Délivrée par la cessation de la Terreur, Marie Lenormand reprit ses

séances prophétiques. En 1795, consultée par Bonaparte, qui songeait à

demander du service au Sultan, elle lui dit: «Vous n'obtiendrez point de

passe-port; vous êtes appelé à jouer un grand rôle en France. Une dame

veuve fera votre bonheur, et vous parviendrez à un rang très-élevé par

son influence; mais gardez-vous d'être ingrat envers elle: il y va de

votre bonheur et du sien.»

[Illustration Mademoiselle Lenormand décédée le 25 juin.]

Sous le Consulat, le 2 mai 1801, la sibylle fut mandée à la Malmaison

par Joséphine, et lui présagea des grandeurs nouvelles. Lors de la

formation du camp de Boulogne, ayant annoncé que le premier Consul

échouerait s'il tentait une descente en Angleterre, elle fut conduite

aux Madelonnettes, où on la garda du 16 décembre 1803 au 1er janvier

1804. Elle subit une seconde détention en 1808, pour avoir prédit que

l'Empereur voulait se rendre maître des États-Romains, et que la guerre

d'Espagne lui serait funeste. Cette dernière persécution lui inspira un

gros livre in-8: _les souvenirs prophétiques d'une sibylle sur les

causes secrètes de son arrestation du 11 décembre 1809._ Persiflée à

l'occasion de cet ouvrage, par le _Journal de Paris_, les _Débats_ et le

_Nain Jaune_, elle inséra de longues réponses dans le _Courrier_ du 20

septembre et le _Constitutionnel_ du 24 septembre 1815. Puis, comme pour

défier la critique, elle se mit à publier volume sur volume:

_Anniversaire de la mort de l'Impératrice Joséphine_, in-8, 1815; _la

Sibylle au tombeau de Louis XVI._, in-8, 1816; _les Oracles sibyllins_,

in-8, 1817; _la Sibylle ou congrès d'Aix-la-Chapelle_, in-8, 1819;

_Mémoires historiques et secrets de L'Impératrice Joséphine_, 2 vol.

in-8, 1820, réimprimés en 3 vol. en 1827. Tous ces ouvrages sont

également écrits dans un style emphatique et diffus. L'auteur parle

sérieusement de ses rapports avec _Ariel, esprit super-céleste

tout-puissant_; du mérite admirable de Cagliostro, possesseur des _dix

séphiroths_; de _Phaldarus_, génie de la recherche des choses occultes,

qui lui apparaît sous la forme d'un vieillard vêtu d'une longue tunique

verte. Ces rêveries ne méritaient pas l'honneur d'un procès; la

magistrature belge jugea toutefois à propos de l'aire arrêter la

pythonisse, qui était venue exercer à Bruxelles. Après plusieurs

interrogatoires, elle fut renvoyée devant le tribunal de Louvain, comme

s'étant vantée de posséder la _flèche d'Ahuris_, une _loupe magique_ et

un _talisman_ précieux, et ayant ainsi employé des manoeuvres

frauduleuses pour persuader l'existence d'un pouvoir et d'un crédit

imaginaires, etc. Condamnée à un an de prison, elle fut acquittée en

appel, aux acclamations de toute la ville. Les détails assez curieux de

cette cause sont consignés dans les _Souvenirs de la Belgique, Cent

jours d'infortune_, ou _le Procès mémorable_, in-8, 1822.

Mademoiselle Lenormand a fait paraître encore _l'Ange protecteur de la

France au tombeau de Louis XVIII_, in-8, 1824; le prospectus d'un

ouvrage inédit, _Album de mademoiselle Lenormand_, 5 vol. in-4, et 80

vol. in-8; _l'Ombre immortelle, de Catherine II au tombeau d'Alexandre

Ier_, in-8, 1826; _l'Ombre de Henri II au palais d'Orléans_, in-8, 1831;

_Manifeste des Dieux sur les affaires de France_, in-8, 1832; _Arrêt

suprême des Dieux de l'Olympe en faveur de la duchesse de Berri et de

son fils_ in-8, 1833.

[Illustration: Main gauche de l'impératrice Joséphine, étudiée, «d'après

les règles de la chiromancie, par mademoiselle Lenormand.]

Marie-Anne Lenormand avait adopté un cérémonial uniforme pour tous ceux

qui la consultaient. Un vieux domestique en habit noir introduisait le

_consultant_ dans l'antichambre, en disant: «Mademoiselle est occupée,

veuillez attendre.» Ce procédé dilatoire, en usage chez les médecins et

les avocats, a pour but de persuader au client qu'il n'est qu'une unité

d'une queue interminable. Au bout de dix minutes, le vieux domestique

vous menait dans un cabinet oblong à l'extrémité duquel était assise la

prêtresse, le front ombragé d'un turban. Le long du mur, à gauche de la

porte, était une bibliothèque remplie des ouvrages de Jean de La Taille,

Jean Helot, Nostradamus, Albert de Souabe, Le Loyer, Gaspard Poncer,

Apomazar, Léonard Vair, etc. La sibylle vous adressait huit

questions: «Quel est le mois et le quantième de votre naissance?--Quel

est votre âge?--Quelles sont les premières lettres de vos prénoms et du

lieu de votre naissance?--Quelle couleur préférez-vous?--Quel animal

aimez-vous le mieux?--Pour quel animal éprouvez-vous le plus

d'antipathie?--Quelle est la fleur de votre choix?--Voulez-vous le

_grand jeu_ ou le _petit jeu?_» Elle commençait ensuite ses opérations

chiromanciennes, cartomanciennes, captromanciennes, ooscopiennes ou

cafémanciennes.

[Illustration: (Une consultation de mademoiselle Lenormand.)]

Nous ne pensons pas devoir nous étendre sur ces puérilités divinatoires.

A quoi bon expliquer, d'après Delrio, Taisnier ou de La Chambre, comment

chacun des doigts est consacré à une planète, le pouce à Vénus, l'index

à Jupiter, le doigt du milieu à Saturne, etc.? A quoi bon chercher ce

qu'on peut voir dans un jeu de cartes ou dans quelques gouttes d'eau

versées sur un miroir? Nous sommes de l'avis de saint Ouen, évêque de

Rouen, qui disait à ses ouailles: «Ne croyez point aux sorciers, je vous

en conjure; ne les consultez pour aucun objet.» La seule divination

admissible est celle dont les résultats sont amenés par la perspicacité

naturelle; la méthode d'induction est le véritable esprit divinatoire.

S'il s'agit des États, les événements passés ou présents ont des

conséquences faciles à pronostiquer; s'il s'agit des individus, le

tempérament, la physionomie, l'âge, les manières, nous signalent le

caractère du _consultant_; et les actions étant toujours conformes aux

penchants, nous arrivons à des hypothèses assez exactes.

Ce qui a rendu mademoiselle Lenormand si fameuse, c'est d'avoir compté

parmi ses adeptes Fouché, Barras, David, Denon, Moreau, madame de Staël,

Talma, le chanteur Garât, le prince de Talleyrand et la plupart des

hommes illustres de l'Empire. Nous reconnaissons volontiers qu'elle ne

manquait ni d'esprit ni d'érudition; mais puisse-t-elle, pour l'honneur

du dix-neuvième siècle, avoir emporté l'art divinatoire dans son

tombeau!

Tombeaux de Casimir Périer et de Garnier-Pagès,

L'Illustration, No. 0019, 8 Juillet 1843 · 第 7 / 43 题