Il y a peu de temps, tout en tendant hommage, dans ce même journal, aux
généreux efforts, à la rare persévérance, et, nous sommes heureux de
pouvoir l'ajouter, tout en constatant les succès manifestes des hommes
courageux et dévoués qui ont fondé des colonies agricoles pour les
jeunes détenus, nous exprimions le regret que rien d'analogue n'eût été
fait encore pour les enfants pauvres, qui n'avaient point, eux, encouru
les sévérités de la justice; nous ne dissimulions pas la crainte que la
nécessité d'un baptême en police correctionnelle, pour être admis dans
les seuls établissements fondés jusque-là, ne fût envisagée par le
pauvre comme une injustice, et ne devint même, une bien involontaire
provocation au crime. Nous savions bien que l'on faisait valoir que le
nombre des jeunes détenus, dans la France entière, est assez, limité,
tandis que le nombre des enfants pauvres est considérable, puisque dans
la seule ville de Paris, d'après le relevé du dernier exercice dont les
comptes aient été publiés par l'administration des hospices, l'exercice
1841, 12,628 garçons et 12,660 filles, au-dessous de douze ans, avaient
été secourus par les bureaux de bienfaisante, et que ce chiffre total de
25,288 indigents déclarés pourrait facilement être doublé, si l'on y
ajoutait les enfants indigents qui ne sont pas secourus, parce qu'ils
ont dépassé cet âge, et ceux dont les parents n'ont pu se résigner à
afficher leur misère et celle des leurs. Nous savions bien que l'on
croyait trouver dans ces chiffres effrayants, et dans celui de 1,850,000
qui représente à peu près le nombre total des indigents en France, une
excuse pour ne pas oser aborder une lutte corps à corps avec la misère,
tandis que la réformation de la situation morale et matérielle des
jeunes condamnés, dont le nombre est beaucoup plus restreint, n'avait
rien qui décourageât une généreuse et philanthropique ardeur. Nous
connaissions tous ces motifs allégués; mais (le dirons-nous) ils étaient
bien loin de nous paraître plausibles. Ne pas tenter, parce qu'il est
difficile de faire, est un déplorable parti; et ne secourir que le vice,
parce qu'il est beaucoup plus long de venir en aide à l'effort une
honnête, est le plus mal entendu de tous les calculs.
Ce sentiment a été heureusement partagé par des hommes dévoués et
pratiques. Sous la présidence de M. le comte Portalis, et par les soins
d'un homme actif et entreprenant pour le bien, M. Allier, s'est formée
pour le département de la Sein, qui renferme tout à la fois les misères
qui lui sont propres et celles que les autres départements lui expédient
en grand nombre, une _Société pour le patronage dans les ateliers, et la
fondation de colonies agricoles en faveur des jeunes garçons pauvres_.
Ce projet est d'une mise à exécution toute récente. Conçu il y a quelque
temps, il a été différé parce qu'on a estimé, en apprenant les désastres
de la Guadeloupe, qu'il fallu il laisser la bienfaisance publique
s'exercer d'abord en faveur d'infortunes auxquelles toutes les autres
devaient momentanément céder le pas. Aujourd'hui que les listes de
souscription en faveur des malheureux de la Pointe-à-Pitre ont dépassé
toutes les espérances, et qu'elles paraissent avoir à peu près atteint
leur chiffre définitif, les auteurs de ce projet ont pensé qu'il n'y
avait plus, pour eux, de scrupule à avoir de faire à leur tour appel à
l'humanité et à la générosité publiques pour venir en aide aux misères
de la mère-patrie. Toutefois ils ont voulu que la bienfaisance fût mise
à même, par un commencement d'exécution, d'apprécier l'oeuvre pour
laquelle elle allait être sollicitée. Le 8 juillet dernier, à l'aide de
dons recueillis en silence, ils sont entrés dans la voie où le succès et
la reconnaissance nationale les attendent; le 26 août suivant, ils
installaient le cadre d'un établissement qui deviendra immense; et, au
moment où nous écrivons, _vingt-deux_ orphelins pauvres ou enfants
d'indigents ont été réunis par leurs soins, et sont élevés sous leurs
yeux.
[Illustration: Vue générale de la colonie agricole de Petit-Bourg, du
côté du parc, département de Seine-et-Oise.]
A huit lieues de Paris, sur la rive gauche de la Haute-Seine et à
mi-côte, se déroule une propriété magnifique qui, créée par Louis XIV
pour une de ses favorites, madame de Montespan, était de nos jours, et
après avoir passé par bien des mains, devenue le lot d'un fermier de la
roulette, M. Perrin, puis d'un spéculateur de bourse, M. Agnado. Le
château de Petit-Bourg, après avoir été, comme on le voit, dans le
principe et à la fin, le théâtre des jeux de l'amour et du hasard, est
appelé aujourd'hui à être le berceau d'une grande et noble entreprise.
Par suite du travail qui s'opère dans les existences et dans notre
société, cette résidence princière, séjour successif de la volupté
vénale et de la fortune tristement acquise, eût bien certainement été
morcelée, et détruite, si l'association et l'oeuvre de charité, ces deux
puissances qui grandissent, ne fussent venues la sauver, en en prenant
possession au nom des pauvres. Son air salubre, les terres labourables
qui l'entourent, les potagers précieux qu'elle renferme, les immenses
emménagements auxquels peuvent se prêter le château et ses communs, tout
l'a fait considérer par les fondateurs de la _Société_ nouvelle comme
une terre promise, pour eux qui vont avoir à refaire bon nombre de
jeunes constitutions compromises depuis leur enfance par un air malsain;
qui vont avoir des agriculteurs, des jardiniers à former et des ateliers
de toute sorte à ouvrir. Douze cents à quinze cents enfants pourront,
sans qu'il soit besoin de constructions nouvelles, trouver place dans ce
généreux asile; et pour qu'il suit mis à même de les accueillir, pour
qu'il devienne un établissement-modèle auquel, espérons-le, les
imitateurs ne manqueront pas, il ne lui faut plus aujourd'hui qu'un peu
de cet intérêt et de ce concours publics qui n'ont pas manqué jusqu'ici
à des fondations intéressantes sans doute, mais, nous ne craignons pas
de le dire, moins utiles et moins vastes par les résultats qui en
doivent suivre.
[Illustration: Colonie agricole de Petit-Bourg.--Vue générale du côté du
préau, au moment de la récréation des colons.]
Nous venons de visiter cet établissement et nous voudrions que les
hommes riches ou aisés de la France entière qui peuvent lui venir en
aide, pussent, comme nous l'avons fait, l'admirer dans son ensemble et
l'examiner dans ses intelligents détails. Là où l'ordre est si bien
établi, où il est si exactement suivi et maintenu, une journée et son
emploi vous font connaître l'emploi de l'année tout entière. Il faut
voir ces enfants recueillis dans leurs prières, silencieux et actifs
dans leurs travaux, heureux et animés dans leurs récréations, passant
d'un exercice à un autre par des marches et des évolutions symétriques
qui maintiennent l'ordre, et que les colons exécutent avec une
discipline militaire... faisant entendre à l'unisson des chants qui
renferment toujours quelque pensée morale. Quand l'heure du travail a
sonné, les jeunes agriculteurs se rendent aux champs, les jeunes
jardiniers au potager, les jeunes menuisiers et les jeunes tailleurs à
l'établi. D'autres ateliers s'ouvriront bientôt, et dans deux ans
peut-être, si dès aujourd'hui et sans retard Petit-Bourg est mis à même,
par le concours que le gouvernement ne saurait lui refuser, et par celui
que les personnes bienfaisantes lui accorderont à coup sûr, de recevoir
un nombre d'enfants en rapport avec le personnel d'instituteurs, de
comptables, de surveillants qu'exige la présence de _vingt-deux_ enfants
comme celle de _mille_ dans deux ans peut-être le produit du travail de
ces artisans improvisés mettra l'établissement dans la position de se
suffire à lui-même, et de former une masse de réserve au profit de
chaque colon, assez forte pour permettre de lui donner, à sa sortie de
l'établissement, un trousseau, les outils de la profession qu'il aura
apprise et un pécule.
Bien qu'aujourd'hui l'espace soit surabondant, il est, dans une
prévision qui ne peut manquer de se bien prochainement réaliser, ménagé
comme il devra l'être quand l'établissement sera porté au complet. Les
_vingt-deux colons_ occupent une salle de 30 mètres carrés à peu près,
qui leur sert à la fois de classe, de réfectoire et de dortoir. Là, des
poteaux et des traverses, qui se placent et s'enlèvent avec une facilité
et une rapidité égales, reçoivent et supportent les hamacs qui servent
de lits aux enfants. Un hamac plus élevé que les autres est celui du
surveillant, qui, d'un coup d'oeil, peut observer tout le dortoir. Tous
ces détails sont parfaitement bien combinés; quelques-uns sont empruntés
à Mettray, d'autres ont été très-ingénieusement et très-heureusement
modifiés par M. Allier.--La nourriture est saine et abondante. Le pain
est fait avec le plus grand soin, et dans le service, comme partout dans
cet établissement, il règne un luxe, le seul qui soit demeure dans ce
château naguère aux lambris dorés, le luxe de la propreté.
Nous avons visité l'infirmerie, qui, installée dans un bâtiment à part,
et merveilleusement distribuée pour l'isolement des maladies
contagieuses, est placé sous la surveillance de soeurs de charité, tout
nous a paru là, comme ailleurs, entendu avec beaucoup d'intelligence.
Mais, le jour de notre visite, il manquait à l'infirmerie une chose fort
rare à ce qu'il paraît à Petit-Bourg, des malades.
Les enfants peuvent être reçus dans la colonie dès l'âge de huit ans; à
seize ils ne sont plus admis. Un contrat d'apprentissage est passé entre
la famille et l'administration pour assurer à celle-ci la direction du
jeune colon pendant un nombre d'années fixe. Un des nombreux élèves qui
vont avoir chacun leur atelier dans l'établissement commence à lui être
immédiatement appris, après le choix qu'en ont fait la famille et
l'enfant. Les instructions religieuses de l'aumônier et l'enseignement
de l'instituteur marchent de concert avec l'apprentissage.
Les jeunes colons sont convenablement vêtus. Le costume quotidien de
l'hiver se compose d'un pantalon gris en étoffe de laine, d'une blouse
écossaise rouge et blanche en fil, d'une ceinture de cuir, de chaussons
de laine foncée et de sabots: l'été, le pantalon de laine fait place au
pantalon de toile grise; les jours de fête, un habillement complet en
drap bleu de roi, avec boutons de cuivre, et un chapeau de cuir,
métamorphosent les jeunes travailleurs en marins.
[Illustration: Colonie agricole de Petit-Bourg.--Salle servant à la fois
de dortoir, de réfectoire et de salle d'étude.]
[Illustration: Colonie agricole de Petit-Bourg.--Costume de travail,
hiver et été, des jeunes colons.]
Voici donc une institution dont le but est généreux, dont le plan semble
merveilleusement conçu, dont les effets peuvent être incalculables pour
l'amélioration de la situation des classes pauvres. Que lui faut-il pour
se consolider, prospérer, grandir, et voir s'ouvrir devant elle tout
l'avenir qui lui semble réservé? Rien autre chose qu'une sympathie qui
ne saurait lui manquer, la sympathie et l'appui du gouvernement et de
toutes les personnes que leur bienfaisance et leur humanité ont portées
comme lui a ne pas les refuser à une classe infiniment moins
intéressante que celle des enfants pauvres et honnêtes: les jeunes
détenus. Toutes comprendront, et l'État avec elles, que se mettre dans
la nécessité de répondre au père d'une nombreuse famille indigente:
«Nous ne pouvons vous aider; nous ne pouvons nous charger d'un de vos
enfants tant qu'il ne se trouvera pas parmi eux un petit voleur, est
une imprudence bien grave, et, comme nous le disions au commençant, une
dangereuse provocation. Quand, pour voir accueillir une pétition où un
père demande du pain pour ses enfants, il ne faut que l'apostille de la
police correctionnelle, il est à craindre qu'elle ne se fasse pas
attendre. Chacun le sentira; et à Paris, qui compte tant de pauvres nés
dans ses murs, dans les départements qui lui en envoient en outre un si
grand nombre, toutes les fortunes grandes, moyennes et médiocres
apporteront leur large offrande, leur tribut mesuré, et leur sympathique
obole à la colonie naissante. Petit-Bourg est sûr de trouver tous les
appuis que Mettray a rencontrés, et bien d'autres encore. Comme Mettray,
Petit-Bourg aura à faire graver en lettres d'or sur son fronton le nom
du comte d'Ourches ou de quelque autre opulent bienfaiteur. Il aura
aussi à inscrire sur ses tables les noms de milliers de souscripteurs;
et c'est dans ce livre de la reconnaissance qu'on apprendra aux colons à
épeler.
Ministres, et vous législateurs, si vous avez laissé à la bienfaisance
et au dévouement privés le soin et la gloire de fonder une telle oeuvre,
vous voudrez avoir du moins le mérite qui vous peut maintenant revenir:
celui de l'avoir fait prospérer. C'est une sage dépense à inscrire au
budget, qu'une large allocation pour un établissement dont les
fondateurs se sont dit: «Il y a mieux à faire que de réformer: il faut
prévenir (4).»
[Note 4: Nous sommes heureux d'apprendre que déjà près de mille
souscripteurs se sont fait inscrire, les uns pour des sommes une fois
versées, d'autres pour des dons qui se renouvelleront annuellement
pendant quatre ans. Les conseils généraux des départements ne peuvent
oublier cette institution dans la répartition du prochain budget qu'ils
auront à fixer, et le conseil municipal de Paris, qui vient par un vote
tout récent d'augmenter le fonds qu'il allouait déjà précédemment pour
encouragement à l'amélioration des races de chevaux, ne fera pas moins,
nous l'espérons, pour l'amélioration morale de la race humaine.
Outre les souscriptions en argent, des dons en nature ont été également
adressés à la colonie naissante. M. Dailly, maître de poste à Paris, lui
a envoyé, indépendamment de son offrande pécuniaire, un fort bon cheval
de ses écuries; H. Lemarchand, négociant, un lit complet; M. Mugnier,
trois chèvres; M. Poinsot, propriétaire de la ferme Chabrol, une ânesse;
M. Gandillot, manufacturier, un Christ en bronze et deux beaux lits en
fer creux; M. Ottin, curé de Montmartre, un tableau représentant Jésus
sur la Croix; d'autres envois sont également parvenus, d'autres enfin
sont annoncés.]
[Illustration Colonie agricole de Petit-Bourg.--Costumes de dimanche,
hiver et été, des jeunes colons.]
Bulletin bibliographique.
_Cours complet de Météorologie_, de L.-F.. KAEMTZ, professeur de
physique à l'Université de Malle, traduit et annoté par CH MARTINS,
professeur agrégé d'histoire naturelle à la Faculté de Médecine de
Paris; avec un appendice contenant la représentation graphique des
tableaux numériques; par L. LALANNE, ingénieur des ponts et chaussées. 1
vol. in-18 (avec de nombreuses planches), de 600 pages.--Paris, 1843.
_Paulin_. 8 fr.
La météorologie est peut-être de toutes les sciences celle qui offre
l'intérêt le plus vif et le plus général. En effet, les phénomènes dont
elle donne et dont elle cherche l'explication, frappent incessamment nos
sens. Que d'hommes, même lettrés, n'ont aucune idée, par exemple, des
principales métamorphoses ou combinaisons des agents chimiques! car ce
curieux travail de la nature se fait sans éclat, sans bruit, sans odeur,
souvent même il échappe à l'examen le plus attentif. Mais les
révolutions de l'atmosphère, petites on grandes, à chaque heure du jour
et de la nuit, malgré nous, il nous faut les voir, les toucher, les
sentir et les entendre; de plus, elles nous causent des sensations
douces ou fortes, agréables ou pénibles; elles exercent sur tout notre
être une irrésistible influence. Partout et toujours elles attirent
aussi vivement l'attention de l'ignorant le moins curieux d'en connaître
les causes et les effets, que celle du savant observateur qui s'efforce
sans cesse d'en pénétrer les intéressants mystères.
La météorologie remonte donc comme science à la plus haute antiquité;
elle précède même la physique proprement dite. Toutefois, bien
qu'étudiée depuis des milliers d'années, bien que née la première
peut-être, elle n'est pas aussi avancée que les autres sciences, ses
soeurs cadettes. M. Kaemtz en explique ainsi la cause principale dans
son introduction: Le nombre des observations sur les modifications de
l'atmosphère est sans doute considérable, mais ce sont des observations
dans le sens le plus restreint de ce mot. Nous observons le phénomène
qui s'offre à nous, mais nous ne pouvons le modifier et le varier à
notre gré; nous ne saurions même le reproduire à volonté; en un mot,
nous ne pouvons recourir à l'expérience. Nos moyens et nos forces vont
beaucoup trop limités pour qu'il nous soit possible de produire les
moindres modifications dans l'atmosphère. Nous en sommes réduits à
enregistrer des faits; et, comme l'a très-bien dit W. Herschel nous
ressemblons à un homme qui entendrait çà et là quelques fragments d'une
longue histoire racontée à des intervalles éloignés par un narrateur
diffus et peu méthodique. Réduite à l'observation, la météorologie ne
pouvait donc pas marcher d'un pas égal à celui des autres branches de la
physique.»
Cependant, malgré les obstacles contre lesquels elle s'est vue obligée
de lutter, la météorologie a fait des progrès notables depuis la fin du
siècle dernier; aujourd'hui, elle commence à s'asseoir sur des bases
solides; l'ouvrage que M. le professeur Kaemtz a publié à Malle en 1840,
sous ce titre: _Vortesungen über Meteorologie (Lectures sur la
Météorologie)_, et que M. Charles Martins a eu l'heureuse idée de
traduire en français, outre qu'il en propagera et qu'il en facilitera
l'étude, contribuera, nous n'en doutons pas, à en hâter le
développement.
Avant la publication de cet ouvrage, il n'existait point dans notre
langue de cours complet de météorologie qui résumât l'état de nos
connaissances actuelles sur cette branche si importante des sciences
physiques. C'est pour combler cette lacune que M. Charles Martins,
professeur agrégé d'histoire naturelle à la Faculté de Médecine de
Paris, s'est décidé à traduire les _Vortesungen über Meteorologie_ de M.
Kaemtz, professeur de physique à l'Université de Halle. «Ce livre,
dit-il dans sa préface, m'a semblé le meilleur de tous ceux qui ont paru
à l'étranger. L'auteur se trouvait, en effet, dans les conditions les
plus favorables pour faire un bon cours de météorologie. Observateur
habile et infatigable, il a entrepris et continué à Halle, presque sans
aide, une série barométrique, thermométrique et psychrométrique, qui
comprend près de dix années consécutives. Non content d'étudier les
changements de l'atmosphère dans les plaines de l'Allemagne, il a
séjourné sur le Rigi, en Suisse, à 1810 mètres au-dessus de la mer, du
247 mai au 24 juin 1832, et sur le Faulhorn, à 2671 met ces, du 11
septembre au 3 octobre de la même année. En 1833, il observa de nouveau
sur le Rigi pendant le mois de juin, et du 11 août au 17 septembre, sur
le Faulhorn. Dans l'été de 1837, il fixa sa résidence à Deep, près
Trenton, sur les bords de la Baltique, pour apprécier l'influence de la
mer et contrôler la série météorologique comprenant une année
d'observations faites à Speurade, en Danemark, par M. Neuher.»
Ces détails prouvent que l'auteur avait étudié par lui-même et dans les
circonstances les plus variées le cours régulier des phénomènes
atmosphériques. Il ne lui restait plus qu'à connaître les travaux des
autres et à consulter des documents immenses, mais épars, dispersés dans
des livres écrits sur les sujets les plus divers et souvent les plus
étrangers à la météorologie. Ici encore, l'auteur était armé de toutes
pièces; car, avant d'écrire son cours, il avait publié un grand _Traité
de Météorologie_, plein d'érudition et de recherches originales (_Lehr
bach der Meteorologie_, 3 vol. in-8, 1834 à 1836). Cet ouvrage, pour
lequel toutes les sources ont été consultées et mises à profit, est
certainement le traité le plus complet qui existe; mais le nombre
considérable de faits qui y sont accumulés, l'usage fréquent des
notations algébriques, le manque de divisions et de subdivisions, enfoui
peut être un livre, plutôt utile à consulter que facile à lire.
Toutefois, on comprend combien un pareil travail a du contribuer à la
perfection de celui qui l'a suivi. Non content de pratiquer la
météorologie et de l'étudier dans les livres, M Kaemtz a professé cette
science pendant plusieurs années à l'Université de Halle, et
l'expérience du professeur s'est ajoutée à celle du savant et de
l'observateur. C'est ainsi préparé que M. Kaemtz a écrit _Cours de
Météorologie_, qui offre un résumé élémentaire, mais complet de cette
science. Nommé professeur à l'Université de Dorpat depuis quelques
années il a pu se livrer à l'étude des basses températures, des aurores
boréales, et de tous les phénomènes optiques de l'atmosphère qui sont si
caractérisés dans les régions du Nord.
Le traducteur des _Varlesungen über Meteorologie_ n'était pas moins
capable de bien remplir la tâche difficile qu'il s'impose volontairement
dans le double intérêt de la science et de ses compatriotes. M. Charles
Martins est un des plus savants professeurs de la Faculté de Médecine de
Paris. Dans les deux voyages de la _Recherche_ en Norwège et au
Spitzberg pendant les années 1838 et 1839, il a eu l'avantage de prendre
part à tous les travaux météorologiques de la commission scientifique
dont il faisait partie. Il a manié les instruments, observé les aurores
boréales, les halos, les anthélies, les phénomènes crépusculaires dans
toute leur beauté; il a pu apprécier l'influence du climat sur la limite
des neiges perpétuelles, les glaciers qui en descendent et la végétation
qui les entoure. Durant l'hiver qui a séparé les deux expéditions, il a
fait à Paris, avec le commandant Delcros, une série météorologique
d'heure en heure, jour et nuit, correspondant à une partie de la série
hivernale de MM Lottin, Lillishonk, Bravais et Silvestroem, à Bosekop,
en Finnark, sous le 70° de latitude. Enfin, dans le but de comparer les
phénomènes des contrées boréales avec ceux d'un climat analogue des
latitudes moyennes résultant d'une grande élévation au-dessus du niveau
de le mer, il a habité avec M. Bravais, du 16 juillet au 8 août 1841,
cette même auberge du Faulhorn où M. Kaemtz avait déjà passé deux étés.
Aussi M. Ch. Martins ne s'est-il pas contenté de traduire avec un style
toujours clair et facile le cours de météorologie de M. Kaemtz, il l'a
enrichi presque à chaque page de notes curieuses qui en font pour ainsi
dire un ouvrage original. D'une part, il y a ajoute les extraits des
travaux français et étrangers les plus remarquables qui ont paru depuis
la publication de son livre ou qui lui avaient échappé; d'autre part, il
l'a complété en révélant au monde savant un nombre considérable de faits
nouveaux ou inédits qu'il a observés le premier ou que lui a communiqués
l'amitié désintéressée de M. A. Bravais.
Le _Cours complet de Météorologie_ est divisé en neuf chapitres, LE
PREMIER, intitulé _Considérations sur la marche de la Température en
général_, traite du thermomètre, de la propagation de la chaleur, des
saisons, de l'influence de la latitude sur la température, de la
température des couches supérieures de l'atmosphère; le SECOND et le
TROISIÈME sont consacrés aux _vents_ et aux _météores aqueux_. Dans
l'un, nous apprenons à connaître la direction des vents, leur vitesse,
leurs causes, leurs différences dans les diverse régions du globe, leur
variabilité, leur mode de propagation et leurs propriétés physiques
L'autre s'occupe des gaz et des vapeurs qui composent l'atmosphère, de
la rosée et de la gelée blanche, du brouillard, des nuages, de la pluie,
de la neige et de bizarres figures de ses flocons, etc.; le QUATRIÈME a
pour titre: _Distribution de la Température à la surface du Globe_; le
CINQUIÈME: _Poids de l'Atmosphère_; dans le SIXIÈME, l'auteur passe en
revue les _Phénomènes électriques de l'Atmosphère_, la lumière
électrique, la formation des orages, les éclairs, le tonnerre, la gelée,
les trombes, les causes des orages; le SEPTIÈME contient l'analyse des
_Phénomènes optiques de l'Atmosphère_ autres que les _Aurores boréales_,
qui remplissent le HUITIÈME tout entier; enfin le NEUVIÈME renferme de
curieux détails sur les _Phénomènes problématiques_, tels que les pluies
de sang, de soufre, de blé, d'animaux; le brouillard sec, les étoiles
filantes, les aérolithes, etc.
Ce remarquable ouvrage est terminé par un APPENDICE sur la
_Représentation graphique des tableaux météorologiques et des lois
naturelles en général_. M. LÉON LALANNE, ingénieur des ponts et
chaussées, a représenté d'une manière graphique, dans cet appendice, 42
tableaux numériques, sur 113, d'après le système de deux coordonnées
rectangulaires et d'après un autre système à trois coordonnées dont il a
le premier généralisé l'usage et dont il expose les principes. «Ces
représentations graphiques, dit M Ch. Martins, sont un service immense
rendu à la météorologie, car elles ont le triple avantage de peindre aux
yeux les résultats numériques, de représenter les lois dont ils sont
l'expression, et de faire voir, par l'irrégularité de certaines courbes,
quelles sont celles qui ne représentent pas les lois naturelles et
réclament un nombre d'observations plus considérables.
_Catalogue général des livres composant les bibliothèques du département
de la Marine et des Colonies_; par M. BAJOT, conservateur-général,
inspecteur des bibliothèques,--Paris, de l'Imprimerie royale. 1838-43. 5
vol. grand in-8.
L'utilité des bibliothèques spéciales n'est pas douteuse. Un ouvrage
rare sur une matière spéciale, possédé par un établissement qui n'a que
peu de livres sur la même matière acquerrait un bien plus grand prix
encore et serait appelé à rendre de plus fréquents services, s'il se
trouvait transporté dans un dépôt qu'il viendrait souvent compléter.
Mais ce déplacement, qui serait si utile, serait bien difficile à
exécuter, car il faudrait, pour la réalisation de ce projet, obtenir le
concours et la bonne intelligence d'administrations diverses, et
l'entreprise est, nous le croyons bien, au-dessus des forces humaines.
Les conservateurs des dépôts spéciaux font donc sagement de ne point
attendre ces fusions qu'on leur a fait entrevoir comme des mirages, et
de poursuivre, autant que les ressources de leurs établissements le leur
permettent, le complément de leurs collections, sans compter sur les
trésors qu'ils voient demeurer inutiles dans les mains de leurs
confrères. En vain les rapports aux ministres, les rapports aux chambres
viendront longtemps encore réclamer les mesures nécessaires pour mettre
en valeur les richesses enfouies. Que les bibliothécaires ne comptent
que sur leur zèle propre pour donner à leurs dépôts l'ensemble qui leur
peut manquer.
M. Bajot conservateur-général des bibliothèques de la Marine, a
entrepris un immense et remarquable travail dont les frais ont été
portés au budget pendant plusieurs années successives et dont les
commissions de la Chambre des Députés ont pressenti l'importance. Ce
travail a été conçu avec beaucoup d'intelligence; il s'exécute avec un
zèle, une persévérance et un savoir egalement rares. Cette publication
se divisera en deux parties: le Catalogue et la Bibliographie.--Le
Catalogue, aujourd'hui terminé, est l'inventaire, dans un ordre
systématique, de tous les ouvrages renfermés dans les bibliothèques du
département de la Marine, que ces ouvrages aient ou n'aient pas la
marine pour objet. Il sert d'inventaire à chacune des bibliothèques des
ports ou de Paris que possède le ministère de la Marine, et indique, par
des initiales différentes, toutes les bibliothèques de ce département où
se trouve l'ouvrage que l'un veut consulter, et le numéro d'ordre qu'il
porte dans chacun de ces dépôts. Cette ingénieuse combinaison a, on le
comprend, épargné l'impression de neuf catalogues, puisqu'un seul et
même peut ainsi servir aux dix dépôts.--La Bibliographie se composera
exclusivement, et dans l'ordre chronologique, de tous les livres de
marine, qu'ils existent ou n'existent pas dans ces, bibliothèques.--Par
le Catalogue, le département de la Marine connaît ses richesses en
général: par la Bibliographie, il est averti des articles spéciaux qui
lui manquent Cette indication excitera et dirigera le zèle et les
recherches des bibliothécaires et des hommes dévoués, en même temps
qu'elle sera utile aux hommes de travail, auxquels il est bon de faire
connaître non-seulement tout ce que l'on possède, mais aussi ce que l'on
devrait posséder, afin qu'ils cherchent par eux-mêmes à trouver ce qu'on
est dans l'impossibilité de leur offrir.
L'oeuvre de M Bajot doit lui mériter la reconnaissance de tous les
bibliographes.--Puisse-t-elle aussi, lui donner des imitateurs.
_Delille, les Jardins_, nouvelle édition illustrée par THÉNOT. Un beau
volume grand in-8. 33 gravures dont 15 sur acier. 15 livraisons à 1
fr.--Paris, 1843. _Chapsal_.
«Au moment où l'attention publique se porte plus que jamais vers tout ce
qui a rapport à l'horticulture, nous avons cru, dit l'éditeur du volume
que nous annonçons, devoir donner une nouvelle édition illustrée du
poème qui a le plus contribué à ce mouvement, en réunissant sous une
forme attrayante et ingénieuse les divers préceptes de l'art de composer
les jardins, et en frappant du sceau du ridicule ce que le mauvais goût
de quelques artistes du dernier siècle y avait fait introduire.
Les illustrations des _Jardins_, que rien en apparence ne rattache au
poème, s'y trouvent cependant liées par un double but. D'abord, en
reproduisant d'après nature et avec la plus grande exactitude possible
les parcs et jardins les plus remarquables des environs et même de
l'intérieur de Paris, M. Thénot essaye de prouver par des exemples que,
contrairement à l'opinion de presque tous les écrivains qui se sont
occupés des _Jardins_, les préceptes donnés par Delille pouvaient être
et ont été en effet souvent mis en pratique, quelle que fût d'ailleurs
l'étendue du terrain. D'un autre côté, il a voulu faciliter leur
application aux artistes à venir en leur montrant les résultats des
travaux exécutés par leurs devanciers. C'est également dans ce but qu'il
a ajouté à la suite des notes un appendice sur l'art de corriger les
défauts d'un terrain de peu d'étendue, et de dissimuler des perspectives
lorsque l'emplacement n'en offre pas de véritables. Cet appendice résume
avec clarté tout ce que les progrès de l'horticulture, depuis la mort de
Delille, et les patientes recherches des botanistes voyageurs modernes
ont ajouté dans ces derniers temps aux moyens déjà connus du vivant du
poète.
Histoire, maritime de France; par LÉON GUÉRIN, avec 31 belles gravures
sur acier, d'après les dessins de _Gudin, Isabey, Abey, Tony Johannot,
Marckl, Raffet_, 2 gros vol. in-8 de 600 pages. Paris, 1843. _Abel
Ledoux, Prix:_ 7 fr.
«Ce que nous avons eu l'ambition, peut-être téméraire, d'offrir au
public, dit M. Léon Guérin au début de son avant-propos, ce n'est pas
seulement une histoire navale où ne se trouveraient que les combats
livrés sur mer par les Français: c'est, comme l'indique notre titre, une
_Histoire maritime de France_, renfermant, quoique en abrégé, celle de
nos provinces, de nos villes de la côte; celle de la fondation, du
progrès ou de la décadence de nos ports sur l'une ou l'autre mer; celle
de nos navigations lointaines, de nos découvertes, de nos colonies tant
perdues que conservées, et aussi, bien entendu, avec autant d'ampleur
que les bornes de cet ouvrage le permettaient: celle de nos guerres, de
nos combats, de nos diverses expéditions où la marine a joué un rôle,
rattachant le tout à l'histoire générale du pays, comme au trône auquel
il n'est rien qui ne doive tendre et venir se ramifier, pour acquérir un
intérêt quelque peu philosophique. Une histoire de France par la marine
en même temps que par les provinces et les villes maritimes n'avait
aucun précédent, et c'est à sa nouveauté, sans doute, plus qu'au mérite
de nos travaux, que nous devons l'heureux succès qui a accueilli notre
ouvrage.»
Si flatté qu'il soit du succès avec lequel son histoire a été accueillie
du public. M. Léon Guérin n'a pas, c'est encore lui qui le déclare,
«l'outrecuidante vanité de la croire parfaite, et comment pourrions-nous
l'avoir, ajoute-t-il, quand l'étude que nous avons été dans la nécessité
de faire pour nous-mêmes, nous a amené à trouver plus d'une grave erreur
chez des auteurs non moins consciencieux que nous, et beaucoup plus
savants que nous n'avons la prétention de l'être.»
M. Léon Guérin est trop modeste, en vérité, pour que nous ayons le
courage de lui adresser des reproches, soit sur son style, peut-être un
peu trop négligé, soit sur les erreurs historiques qui auraient pu lui
échapper. Nous nous bornerons donc à constater que l'_Histoire maritime
de France_ est aussi intéressante que consciencieuse; on y trouve réunis
une masse énorme de faits disséminés auparavant dans une multitude
d'ouvrages. Le premier volume commence par des détails curieux sur les
premiers établissements maritimes des côtes de France et se termine à la
paix de Nimegue. Le second comprend la fin du règne de Louis XIV, les
règnes de Louis XV et de Louis XVI. M. Léon Guérin s'arrête aux
dernières années du dix-huitième siècle. «Il a craint, dit-il, d'enlever
à son ouvrage de l'autorité qu'il désire acquérir, en y rattachant d'une
manière indissoluble le détail des événements contemporains, peut-être
que le récit de faits encore si diversement appréciés et les biographies
d'hommes qui, fort heureusement, ne sont pas encore tous descendus dans
la tombe, ferait dégénérer l'histoire en mémoires N'y en eût-il pas
d'autres, ce serait là, après mûres réflexions, une raison déterminante
pour l'auteur de ne pas plus confondre que n'ont fait tous ceux qui ont
écrit sur l'histoire de France en général une époque non encore
entièrement terminée avec celles qui l'ont précédée.»
Nouveau Piano de la Reine d'Espagne.
[Illustration.]
La gravure ci-jointe représente un des nouveaux pianos que MM. Collard
et Collard viennent de terminer pour la reine d'Espagne et pour sa soeur
l'infante. Le registre de ces instruments embrasse sept octaves, car il
s'étend de A à A. Les sons en sont riches et puissants; le clavier est
doux et facile.--Leur beauté rivalise avec leur qualité. Rien de plus
magnifique que les ornements extérieurs qui les embellissent, Les cases
sont en beau chêne anglais de premier choix. Les côtés se composent de
panneaux décorés de sculptures dorées; trois pieds élégants et massifs,
également sculptés et dorés, leur servent de support. Mais la lyre qui
cache les cordes des pédales, le pupitre et les bougeoirs attirent
surtout les regards par leur richesse.--En un mot, ces instruments font
le plus grand honneur à leurs facteurs. Ils ont reçu avant leur départ
pour l'Espagne de nombreuses visites. Nous ne craignons pas d'affirmer,
avec les juges les plus compétents en pareille matière, que MM. Collard
et Collard n'ont plus de rivaux à craindre dans la fabrication des
pianos, ni en Angleterre, ni sur le continent.
Modes.
[Illustration.]
Le cachemire, la fourrure et le velours sont les plus belles parures de
la saison d'hiver; le cachemire surtout, que les Parisiennes ont une
manière particulière de draper. Une femme de Paris ne drape pas un châle
long aujourd'hui comme elle le drapait il y a cinq ans; à cette époque
la pointe était posée droit; maintenant la richesse des bordures a fait
une obligation de porter le châle presque carrément afin d'en laisser
voir le dessin. Au reste, il est assez difficile d'expliquer ces
différences-là, elles ne se décrivent et ne s'apprennent pas, et l'on
peut dire, à l'imitation de Brillat-Savarin: Toutes les femmes
s'habillent, mais peu savent s'habiller.
Les garnitures de rubans sont fort en vogue; le matin on porte une robe
ornée de rubans sur les devants et au bord des manches demi-larges, dans
le genre de celle que représente _l'Illustration_. Le soir, en petite
toilette, encore une robe de soie en pékin satiné ou une robe de satin
glacé, toute garnie de rubans aux manches, au corsage en forme de V, et
à la jupe en tablier.
La passementerie, le velours et le ruban résument toutes les garnitures
de robes de la saison.
Les parures du soir sont toutes en étoffes lourdes; l'heure des
toilettes de bal n'a pas encore sonné.
Les petits bonnets marquises, les coiffures coquettes sorties des
magasins de Lucy Hocquet parent chaque soir la foule élégante des
Italiens ou de l'Opéra.
A l'une des dernières représentations de _Maria di Rohan_, on a
principalement remarqué un charmant petit chapeau en velours, appelé
Montpensier, avec une seule plume couchée. Mais le grand luxe de
l'hiver, ce sont les fleurs naturelles en guirlandes, bouquets à la main
et bouquets de corsage; quelquefois même, on remplace les fleurs
artificielles d'un bouquet pur des fleurs naturelles.
Le costume de petite fille que nous donnons aujourd'hui est destiné à la
parure du salon: la robe est en organdi avec deux petites broderies en
laine de couleur; le corsage a un revers bordé de la même broderie; un
rang de valencienne le garnit; une écharpe en soie de couleur remplace
la ceinture.