utile, nous avons répondu d'une manière satisfaisante a l'attente des
personnes autorisées qui veulent vous doter d'un livre utile et sérieux,
pouvant vous servir de guide dans toutes les circonstances de la vie.
Nous avons pensé que le meilleur moyen de vous disposer à bien remplir
tous vos devoirs était de vous en démontrer les avantages, ainsi que les
inconvénients qui pourraient résulter de la négligence dans leur
accomplissement. Nous nous sommes inspirée en cela des idées mêmes de
Mme Doyen, trop heureuse si, par notre concours, nous pouvons
apporter une petite pierre à ce grand édifice, oeuvre de cette
bienfaitrice de vos familles. Laissez-nous toutefois, en terminant, vous
adresser une prière: Peut-être y en aura-t-il parmi vous qui, ayant mis
en pratique les sages leçons qu'elles ont reçues et favorisées par les
circonstances, parviendront à une meilleure situation de fortune. Ne
vous refusez pas alors la satisfaction la plus noble et la meilleure qui
puisse exister. Faites le bien, il n'est pas de plaisirs, pas de fêtes
qui laisseront dans vos coeurs un sentiment plus réconfortant et plus
doux. Faites le bien, imitez en cela le noble exemple que nous a légué
Mme Doyen, et rendez à d'autres, s'il se peut, les sages conseils et
les encouragements que vous-mêmes avez reçus. Il appartient à ceux qui
ont gravi les degrés de l'échelle sociale de tendre la main à ceux qui
restent, c'est la meilleure manière de pratiquer la solidarité. Vous
verrez autour de vous des gens qui, parvenus à une position meilleure,
seront moins heureux que par le passé, parce que leur coeur ne sera pas à
la hauteur de leur intelligence et qu'ils auront cherché le bonheur dans
les apparences trompeuses d'une vie de luxe, dans de vaines
satisfactions d'amour-propre. Peut-être même, par cette dérogation à
leurs habitudes premières, auront-ils à jamais compromis le fruit de
leurs travaux. Quant à vous, compatissantes et bonnes, vous trouverez,
le bonheur dans le noble usage que vous ferez de votre fortune, selon
cette parole du grand poète V. Hugo, que la plus belle fête, comme le
plus bel autel, c'est l'âme d'un malheureux soulagé qui remercie Dieu.
É. ROCH
IMP. DUBOIS-POPLIMONT, RUE DE VESLE, 220, REIMS.