Révèle-toi, Passé sans commencement! Les siècles roulent vers ton sein
des vagues murmurantes, mais elles perdent tout sens et toute vibration
en sombrant dans ta noire immensité sans rides.
Tu n’es pas mort, Passé, mais tu restes secret. Et pourtant j’ai senti
dans mon être glisser tes pieds magiques, et je t’ai parfois deviné dans
l’âme de certaines heures.
Car tu ne perds rien de ce qui fut! Tu retraces l’histoire de nos
ancêtres sur les feuillets impondérables de nos vies; il te souvient des
noms oubliés; le Présent inquiet parle avec ta voix du seuil de ton
silence!