Le soir me fait signe, et volontiers j’eusse suivi les voyageurs du
dernier bac pour traverser l’ombre.
Certains regagnaient leur demeure; d’autres partaient pour de lointaines
contrées; tous risquaient l’aventure.
Mais je demeure sur la rive; l’été s’éloigne et l’hiver ne me donnera
point de moissons.
J’attends un amour dont les déceptions et les larmes, semées dans la
terre obscure, s’épanouiront en fleurs et en fruits quand renaîtra
l’aurore.