Heureux fut mon réveil, ce matin, car j’ai vu mon Bien-Aimé. L’infini
n’est qu’une joie et ma jeunesse connaît sa plénitude.
Mes doutes et mes angoisses se dissipent; c’est aujourd’hui que ma
demeure est vraiment ma demeure, que mon corps devient vraiment mon
corps.
Oiseaux, chantez vos chants les plus purs! Soleil, brillez de votre plus
douce lumière! Laissez voler vos flèches, ô dieu de l’Amour!
J’attends l’heure où je frémirai toute sous ses caresses... Vidyapati
dit: «Votre bonheur est grand, femme, béni soit votre amour.»
X
Lorsque je t’ai rencontré par une nuit sans étoiles, perdu dans un
labyrinthe obscur, mon désir fut de te guider avec ma lanterne. Mais tu
ne désirais pas mon désir.
Quand je t’ai vu passer sur le chemin de l’insulte, lançant tes chansons
à la poussière, mon désir fut de te couronner avec des fleurs fraîches.
Mais tu ne désirais pas mon désir.
Quand tes serviteurs pleuraient ou menaçaient, réclamant un salaire
indû, mon désir fut de m’offrir à toi pour rien. Mais tu ne désirais pas
mon désir...