Je suis heureux que votre regard de pitié ne s’attarde pas sur moi.
L’enchantement de la nuit et mes paroles d’adieu qui résonnaient avec
l’accent du désespoir ont seuls amené des pleurs au bord de mes
paupières. Mais le jour va poindre, mon cœur s’affermira et il n’y aura
plus de loisir pour les larmes.
Qui donc prétend que l’oubli est impossible?
La mort pitoyable ronge les moëlles de la vie pour mettre un terme à ses
folles entreprises; l’orageuse mer calmée retourne à son berceau; les
feux de la forêt s’assoupissent sur leur couche de cendres. Vous et moi
nous nous quittons, et la distance qui nous sépare disparaîtra bientôt
sous les herbes sauvages et sous les fleurs épanouies.