Des amants s’approchent de vous, ma Reine; ils déposent orgueilleusement
leurs trésors à vos pieds, et mon tribut, à moi, n’est composé que de
chimères.
La tristesse s’est glissée au cœur de mon univers; ma meilleure part
s’est assombrie.
Alors que les heureux se rient de ma misère je vous demande de pleurer
sur elle et de la rendre ainsi précieuse.
Je vous apporte un instrument sans voix; j’en ai forcé les cordes pour
atteindre une note suprême, et les cordes se sont brisées.
Alors que des maîtres narguent ces cordes brisées je vous demande de
prendre dans vos mains ma lyre et d’emplir le silence avec votre chant.