Parce que l’air s’attendrit du parfum des _Bakulas_, et que les rayons
de la lune s’épandent sur les branches comme s’ils tombaient d’une coupe
renversée par des dieux ivres, vous cherchez en vain quelque prétexte
pour rappeler celui qui partit les yeux noyés de larmes.
Cette nuit-là aussi prodiguait ses fleurs; les ombres restaient
immobiles sur le gazon, les rayons de la lune semblaient attendre qu’un
mot de douceur sortît de vos lèvres. Mais vous n’avez pas parlé, et avec
l’aube il est parti. A présent c’est en vain que vous cherchez un
prétexte pour le rappeler...
La lune d’Avril promène encore ses rayons de corolle en corolle, mais
parce que cette nuit-là vous vous êtes injustement tue, l’instant plein
de trésors qu’elle vous offrait demeure à jamais perdu. Et maintenant
vous cherchez en vain un prétexte pour rappeler celui qui vous a
quittée, les yeux noyés de larmes!