Dans une heure d’inconscience je suis venu. Mais toi, lève les yeux et
laisse-moi deviner si des fantômes s’y attardent encore, semblables à
ces nuées qui musent au zénith. Et puisque je suis là, tolère ma
présence.
Les roses du jardin boutonnent déjà; elles ignorent que nous négligerons
de les cueillir lorsqu’elles seront fleuries... L’étoile du matin
palpite; une lueur se mêle aux rameaux dont s’ombrage ta fenêtre, comme
en des jours passés.
Mais que ces jours soient passés je l’oublie durant une heure.
J’oublie si jamais tu m’as humilié en te détournant lorsque je t’ouvrais
mon âme. Il ne me souvient que des mots arrêtés sur tes lèvres
tremblantes, et d’avoir vu dans ton regard glisser les ombres de la
passion.
J’oublie que tu as oublié! me voici.