VII

Dans une heure d’inconscience je suis venu. Mais toi, lève les yeux et

laisse-moi deviner si des fantômes s’y attardent encore, semblables à

ces nuées qui musent au zénith. Et puisque je suis là, tolère ma

présence.

Les roses du jardin boutonnent déjà; elles ignorent que nous négligerons

de les cueillir lorsqu’elles seront fleuries... L’étoile du matin

palpite; une lueur se mêle aux rameaux dont s’ombrage ta fenêtre, comme

en des jours passés.

Mais que ces jours soient passés je l’oublie durant une heure.

J’oublie si jamais tu m’as humilié en te détournant lorsque je t’ouvrais

mon âme. Il ne me souvient que des mots arrêtés sur tes lèvres

tremblantes, et d’avoir vu dans ton regard glisser les ombres de la

passion.

J’oublie que tu as oublié! me voici.

La fugitive · 第 11 / 98 题