La finissante journée s’embuait. Une première étoile parut, indécise,
aux confins des mornes solitudes du ciel.
Je me retournai pour contempler derrière moi la route tracée, songeant
comme le long des jours elle n’avait servi que pour un voyage unique et
pour n’être plus jamais parcourue de nouveau.
L’histoire de ma venue ici-bas gît-elle donc ainsi, muette, dans cette
traînée de sable? Va-t-elle de la colline matinale jusqu’à l’insondable
nuit?
Assis à l’écart je songe encore. La route parcourue est peut-être
semblable à une harpe; peut-être attend-elle pour chanter ce qui fut,
les doigts divins du Maître et l’ombre plus dense du crépuscule.