II

La finissante journée s’embuait. Une première étoile parut, indécise,

aux confins des mornes solitudes du ciel.

Je me retournai pour contempler derrière moi la route tracée, songeant

comme le long des jours elle n’avait servi que pour un voyage unique et

pour n’être plus jamais parcourue de nouveau.

L’histoire de ma venue ici-bas gît-elle donc ainsi, muette, dans cette

traînée de sable? Va-t-elle de la colline matinale jusqu’à l’insondable

nuit?

Assis à l’écart je songe encore. La route parcourue est peut-être

semblable à une harpe; peut-être attend-elle pour chanter ce qui fut,

les doigts divins du Maître et l’ombre plus dense du crépuscule.

La fugitive · 第 7 / 98 题