Dubreuil et Triuniak se trouvaient alors dans une sorte de clairière,
au fond d'un étroit vallon, faiblement éclairée par la lumière sidérale.
Des pins, des genévriers, mêlés de bouleaux et de quelques chênes
rabougris, enseignaient cette éclaircie, que traversait un ruisseau,
produit sans doute par la fonte des neiges. On l'entendait sourdre sur
les rochers, dans les hauteurs voisines.
--Père, dit le capitaine à son ami, quand ils furent arrivés au bord,
laisse-moi boire. Peut-être l'apaisement de ma soif me rendra-t-il
quelque force.
--Bois, mon fils, mais hâte-toi, car l'ennemi est sur nos talons.
Disant ces mots, Triuniak déposait le jeune homme sur la rive du petit
cours d'eau.