XLII

Tu veux maintenant que je te lise les lettres d'Irène: tu l'aimes de

m'aimer, et tu l'aimes d'aimer; en écoutant le cri amer de sa tristesse

jalouse, tu m'as dit que je te devenais plus chère encore, tu as appuyé

ta tête sur mon épaule en me murmurant que ma douceur d'amour était la

joie de ton âme. Je t'écoute et je te crois. Oh! entendre dire ces

paroles par l'élu de son coeur! Te sentir trembler en me serrant dans

tes bras, et la caresse presque impalpable, le frôlement de ta barbe sur

mon oreille et mon cou, devenir le baiser fou qui scelle nos lèvres, et

me fait mourir de joie! Lorsque, les yeux dans les yeux, nos bouches

sont jointes, j'aimerais, oh! j'aimerais passionnément mourir... si

j'osais, je dirais que j'aimerais mourir de ta main! Je comprends que le

fardeau de voluptés trop intenses ne peut être porté longtemps par des

créatures humaines faibles et changeantes.

Lettres d'une amoureuse · 第 44 / 86 题