_Amica_ est un poème dramatique en deux actes, de M. Paul Bérel
(pseudonyme littéraire de M. Paul Choudens, l'éditeur de musique).
Nous sommes en Piémont. Le fermier Camoine veut marier sa nièce Amica à
Giorgio, un berger qu'elle n'aime pas. Amica aime le frère de Giorgio,
nommé Rinaldo, et elle s'enfuit avec ce dernier. Giorgio les poursuit
et, quand Rinaldo s'aperçoit qu'il a été préféré par Amica à son frère
qu'il adore, il conseille à Amica de se marier avec Giorgio et il
remonte vers les sommets escarpés de la montagne. Amica veut le suivre,
elle roule dans un torrent. Rinaldo revient alors à son frère et tous
deux maudissent l'Amour qui a manqué les désunir.
La musique que M. Mascagni a écrite sur ce livret d'action violente suit
fidèlement les péripéties de cette intrigue. Elle ne s'attarde pas à la
psychologie des personnages, elle enveloppe de sa trame mélodique les
faits à mesure qu'ils se produisent.
Au théâtre de Monte-Carlo, qui est sous la direction si artistique de
Raoul Gunsbourg, l'interprétation fut prestigieuse avec Mlle Farrar,
avec le baryton Renaud, dans Rinaldo, et avec le ténor Rousselière
(Giorgio).
_Documents et Informations._
La destruction des hannetons,
A propos de la multiplication inquiétante des serpents en France, nous
disions récemment qu'on avait eu tort de supprimer le système des
primes, seul capable d'assurer leur destruction.
Ce que l'on obtient de ce système, dans certaines régions, pour la
destruction des hannetons, en est une nouvelle preuve.
En six ans, l'allocation de primes par le conseil général, les communes
et le syndicat de l'arrondissement de Meaux, a amené la destruction de
403.000 kilogrammes de hannetons, soit près de 500 millions d'insectes!
La dépense a été d'ailleurs minime, puisqu'elle s'est élevée en moyenne
à cinq centimes par hectare et par an.
A noter que les enfants des écoles ont été les meilleurs auxiliaires des
agriculteurs.
Pommes de terre nouvelles.
Depuis quelques années, on a pu observer à Paris que la quantité des
pommes de terre nouvelles mises sur le marché augmente considérablement.
Ceci tient aux progrès qu'a faits la culture maraîchère de l'Algérie. En
1902, elle nous envoyait 6.700.000 kilos; en 1903, plus du double,
14.000.000; et, en 1904, un peu plus de 15 millions. Les chiffres pour
1909 ne sont pas encore connus. C'est dans le département d'Alger que se
l'ont le plus de pommes de terre nouvelles; mais Oran, Philippeville et
Bône en produisent beaucoup aussi. Cette année, la récolte a été très
rémunératrice, la gelée ayant eu le soin de détruire celle qu'on pouvait
attendre du sud de la France. C'est d'Algérie aussi que nous viennent en
mars, avril, mai, les tomates, les artichauts, les petits pois, les
haricots verts, les choux-fleurs et les fèves. Il faut souhaiter que
l'Algérie continue à se développer dans le sens des cultures de
primeurs: elle est bien placée pour cela et, si elle veut s'en donner la
peine, elle peut accroître considérablement ses débouchés.
[Illustration: L'hélicoptère de MM. Defaux au moment des essais dans
l'aérodrome de Saint-Cloud.]
L'hélicoptère de MM. Defaux.
Nous connaissons tous _Robur le Conquérant_, le charmant ouvrage du
regretté Jules Verne; ce héros de roman fait le tour du monde sur un
appareil volant, formé d'un grand nombre d'hélices horizontales
soutenant dans l'espace un véritable vaisseau aérien. S'inspirant sans
doute de cette fantaisie, les frères Defaux, de Genève, ont construit et
essayé ces jours derniers, avec succès, au parc de l'Aéro Club, à
Saint-Cloud, un appareil volant composé de deux hélices d'environ 2
mètres de diamètre, tournant en sens inverse l'une de l'autre, sous la
poussée d'un minuscule moteur à pétrole, petite merveille de mécanique,
pesant 4 à 5 kilos et développant plus de 3 chevaux de force. Cet
hélicoptère s'enlève avec aisance dans les airs, retenu et guidé
d'ailleurs par une corde et des poulies, et peut même enlever une légère
surcharge de 4 à 5 kilos, ce qui porte à plus de 20 kilos sa puissance
ascensionnelle.
Dans le même ordre d'idées, tout le monde connaît les petites hélices
volantes à ressort de caoutchouc inventées par Pinaud; d'autre part,
deux inventeurs, MM. Forlanini et Philips, avaient réussi, il y aura
bientôt trente ans, à faire envoler dans l'espace deux petits
hélicoptères à vapeur.
Notre gravure rend compte du dispositif de MM. Defaux, qui marque un
progrès sensible dans la voie de l'aviation et permet d'espérer que la
solution de ce grand problème est proche.
L'explosion du boulevard de Sébastopol.
[Illustration: Le trottoir du boulevard de Sébastopol éventré par une
explosion de gaz.]
Une explosion d'une rare violence, et qui a blessé vingt-trois
personnes, se produisait jeudi de la semaine dernière, vers midi et
demi, devant la maison portant le nº 105 du boulevard de Sébastopol, à
Paris, entre la rue Réaumur et la rue du Caire. Une épaisse colonne de
poussière jaillissait en l'air, et des pierres, des morceaux de
l'asphalte du trottoir étaient projetés dans toutes les directions.
Comme une foule de curieux s'avançaient, pour voir, une seconde
détonation éclata, à quelques secondes d'intervalle, faisant encore de
plus graves dégâts. Quand on put s'approcher, on vit que le sol du
trottoir, soulevé, eût-on dit, comme par un tremblement de terre, était
défoncé, raviné, creusé d'excavations profondes. Sur un parcours de
trois cents mètres, le bitume était arraché, tordu. Les stores des
magasins voisins étaient lacérés, leurs vitres brisées. Une forte odeur
de gaz flottait dans l'atmosphère.
Chose plus grave, on constatait aussitôt que nombre dépassants avaient
été atteints. Vingt-trois furent soignés dans les pharmacies voisines.
Mais deux seulement durent être conduits à l'hôpital, et la plupart
purent regagner leurs domiciles.
Des experts ont constaté qu'au cours des travaux de déplacement d'une
canalisation de gaz, nécessités par la construction du Métropolitain, un
tuyau avait été crevé d'un coup de pioche. Le gaz qui s'en était échappé
s'était accumulé sous le trottoir. Il a fini par s'enflammer, peut-être
sous l'influence d'un court-circuit électrique et a produit cette
explosion.
[Illustration: Le prince et la princesse Arisugava.]