_Fameuses pétitions des Sans-Culottes_[61].
[Note 61: _Note annexée_: «Bien définir l'histoire du 20. Détailler le
rôle de Petion et celui de Manuel. Rapprocher l'identité de la trahison,
les intentions de ces deux rôles qui paraissaient être en opposition.
Rapprocher l'opposition de ces mêmes rôles avec celui de Santerre.
«Ici il se présente encore une particularité propre à faire apprécier
Santerre. Il était convenu avec nous de planter l'arbre de la liberté
dans le jardin des Tuileries, à la suite de la présentation de la
pétition à feu Capet. Lorsqu'il fut descendu du Château, il était
question d'exécuter ce projet: «Non, non, dit Santerre, cela
épouvanterait le roi: il vaut mieux aller planter l'arbre dans un autre
lieu.» Vil complaisant! et toi aussi donc, tu as craint de déplaire à
des rois! Que la postérité trouve dans ce seul fait de quoi te juger.
L'éclair de renommée que tu n'as dû qu'à des manoeuvres hypocrites ne
pouvait pas briller plus longtemps que celui qui a lui sur tes
pareils.»]
On se rappelle l'objet de ces pétitions, dont l'une était adressée à
l'Assemblée nationale, et l'autre à feu Capet. Elles contenaient
réclamations contre les terribles abus du _veto_ et contre le renvoi des
ministres patriotes. J'ai contribué à cette mémorable démarche, et pour
cela j'ai été dénoncé dans le fameux libelle de l'homme-roi, qui
prétendait qu'on avait violé son asile[62]. N'avait-il pas donné la
croix de Saint-Louis à un certain abbé Douglas pour être mon
dénonciateur et provoquer contre moi un mandat d'arrêt qu'on n'a jamais
osé mettre à exécution? J'ai la preuve de tous ces faits, dont on
pourrait d'ailleurs demander compte au club des Électeurs, séant à
l'Évêché ainsi qu'au public, à qui j'avais annoncé cette fameuse journée
du 20 juin, huit jours auparavant.
[Note 62: Il s'agit peut-être du pamphlet de l'abbé de Lubersac
intitulé: _Rapprochement et parallèle des souffrances de Jésus-Christ,
lors de sa grande mission sur la terre, avec celles de Louis XVI,
surnommé le Bienfaisant, dans sa prison royale_. Paris, 1792, in-8.
(Bibl. nat., Lb. 39 6920.)]