Les théâtres qui avaient fermé leurs portes commencent à les rouvrir; si
le mauvais temps s'accentue, la saison théâtrale ne tardera pas à
commencer sérieusement. Pour le moment, on peut aller à l'Opéra-Comique,
au Gymnase et aux Folies-Dramatiques, qui offrent au public des
spectacles déjà consacrés par le succès. Comme nouveauté, nous n'avons à
signaler qu'un brave et honnête drame de M. Maurice Lefèvre, à l'Ambigu:
_le Crime d'un fils_. C'est une nouveauté qui n'en est pas une, car les
situations en sont familières aux habitués du théâtre «du crime», mais
ceci n'est pas pour nuire à son succès. Il suffit que l'auteur ait
réussi une fois de plus à provoquer alternativement le rire et les
larmes du spectateur en lui contant l'histoire d'une pauvre mère réduite
à la mendicité par les débordements de son garnement de fils; les deux
sont sauvés en fin de compte par un docteur quelque peu spirite aidé
d'un excellent gentilhomme. On a fort applaudi le marquis, quoiqu'il
soit doublé d'un colonel. Est-ce un signe des temps?