Le 10 février, à Carlsruhe, au cours d'un bal au château grand-ducal de
Bade, l'empereur Guillaume a officiellement annoncé les fiançailles de
la princesse Victoria-Louise de Prusse et du prince Ernest-Auguste de
Cumberland, petit-fils du roi de Hanovre et héritier présomptif--depuis
la mort de son frère aîné le prince Georges--du grand-duché de
Brunswick. L'événement est d'importance; les fiançailles scellent en
effet la réconciliation des maisons de Prusse et de Hanovre de même que
le mariage de l'empereur Guillaume avec une princesse de
Schleswig-Holstein mit fin à une autre vieille querelle. On ne croit
point que le duc de Cumberland, père du fiancé, puisse renoncer lui-même
officiellement à ses droits sur le Hanovre; mais sans doute
abdiquera-t-il en faveur de son fils, ce qui permettrait de résoudre la
question de la souveraineté du Brunswick, actuellement administré par
une régence qui doit cesser lorsque les Cumberland, héritiers du
grand-duché, auront renoncé à leurs prétentions sur le Hanovre.
La princesse Victoria-Louise a vingt ans. Elle est blonde, fine,
spirituelle, vive, et, par ses saillies espiègles, met beaucoup
d'animation jeune à la cour de Potsdam. Le prince Ernest-Auguste, âgé de
vingt-cinq ans, est un officier bavarois de belle allure.
[Illustration: Le prince Ernest-Auguste de Cumberland. _Phot. Hutzel._]
[Illustration: Une fiancée en uniforme des hussards de la Mort: la
princesse Victoria-Louise de Prusse.]
[Illustration: LA «MARISMA».--Auprès d'une hutte de berger, M. Henri
Lagatu, professeur de chimie à Montpellier, chargé de l'expertise, et
son guide. _Photographie de M. Louis Bertrand, communiquée par M. H. del
Camino, principal propriétaire de la Marisma._]