1 On rapporte que pendant la guerre civile, lorsque les armées de
Brutus et de Cassius traversaient ensemble la Macédoine, celle de
Brutus arriva avant l'autre près d'une rivière sur laquelle il
fallait jeter un pont, et que cependant celle de Cassius eut le
sien plus tôt achevé, et passa la première. Une discipline ferme
avait donné aux soldats de Cassius la supériorité sur ceux de
Brutus, non seulement pour de semblables ouvrages, mais encore
pour les actions les plus importantes de la guerre.
2 C. Marius, pouvant choisir entre deux armées qui avaient été
commandées, l'une par Rutilius, l'autre par Metellus, et toutes
deux par lui-même, opta pour celle de Rutilius, quoiqu'elle fût la
moins nombreuse, sachant qu'elle était la mieux disciplinée.
3 Domitius Corbulon, n'ayant que deux légions, et fort peu de
troupes auxiliaires, fut en état, grâce à la discipline qu'il
avait rétablie, de soutenir la guerre contre les Parthes.
4 Alexandre, à la tête de quarante mille hommes, que déjà
Philippe[124], son père, avait habitués à la discipline, entreprit
la conquête du monde, et vainquit des armées innombrables.
5 Cyrus, faisant la guerre aux Perses avec quatorze mille hommes,
surmonta les plus grandes difficultés[125].
6 Épaminondas[126], général thébain, à la tête de quatre mille
hommes, dont quatre cents cavaliers, battit l'armée
lacédémonienne, qui comptait vingt-quatre mille fantassins et
seize cents cavaliers.
7 Quatorze mille Grecs, qui étaient venus au secours de Cyrus
contre Artaxerxès, défirent cent mille barbares.
8 Ces mêmes quatorze mille Grecs, ayant perdu leurs chefs dans un
combat, confièrent le soin de leur retraite à l'Athénien Xénophon,
l'un d'eux, qui les ramena sains et saufs, à travers des lieux
dangereux qu'ils ne connaissaient pas.
9 Xerxès, arrêté aux Thermopyles par les trois cents Spartiates,
dont il ne put triompher qu'avec beaucoup de peine, dit qu'on
l'avait trompé: qu'il avait beaucoup d'hommes, mais de soldats
aguerris et disciplinés, point.