1 Les Romains qui tenaient garnison à Palerme, lorsque Hasdrubal
s'avançait pour assiéger cette ville, ne placèrent, à dessein,
qu'un petit nombre de soldats sur les remparts. Hasdrubal, enhardi
par cette apparente faiblesse, s'approcha, témérairement, et son
armée fut taillée en pièces dans une sortie que firent les
assiégés.
2 Emilius Paullus, attaqué dans son camp, à l'improviste, par
toute l'armée des Liguriens, retint longtemps ses troupes, comme
par crainte; ensuite, quand il vit les ennemis fatigués, il fondit
sur eux par les quatre portes du camp, les défit, et en prit un
grand nombre.
3 Velius[108], qui commandait la garnison romaine dans la citadelle
de Tarente, ville assiégée par Hasdrubal, envoya vers celui-ci des
députés pour lui demander la vie sauve et la retraite libre.
Tandis que, trompés par cette feinte, les ennemis se tenaient peu
sur leurs gardes, Velius fit tout à coup une sortie, et les tailla
en pièces.
4 Cn. Pompée, investi dans son camp près de Dyrrachium, non
seulement dégagea son armée, mais encore, dans une sortie pour
laquelle il avait bien choisi le temps et le lieu, enveloppa
César, au moment où celui-ci livrait une impétueuse attaque à un
fort[109] que défendait un double retranchement; en sorte que, placé
entre ceux qu'il attaquait et ceux qui étaient venus l'enfermer,
César courut un grand danger, et perdit beaucoup de monde.
5 Flavius Fimbria, fortifiant son camp près du Rhyndacus[110], en
Asie, contre le fils de Mithridate, fît tirer des tranchées le
long des flancs et vers la tête de ses retranchements, au dedans
desquels il tint ses troupes immobiles, jusqu'à ce que la
cavalerie des ennemis se fût engagée dans les intervalles étroits
de ses fortifications; alors il fit une sortie, et leur tua six
mille hommes.
6 Pendant la guerre des Gaules[111], C. César, informé, de la part
de Q. Cicéron, que les lieutenants Titurius Sabinus et; Cotta
avaient été battus par Ambiorix, et que celui-ci le tenait lui-
même assiégé, marcha à son secours avec deux légions. Après avoir
d'abord attiré l'ennemi contre lui seul, il feignit de craindre,
et retint ses soldats dans son camp, auquel il avait donné, à
dessein, moins d'étendue qu'à l'ordinaire. Les Gaulois, qui
comptaient déjà sur la victoire, et en voulaient au butin, se
mirent à combler le fossé, et arrachèrent les palissades. Aussitôt
le combat commença; et les troupes de César, tombant sur eux de
tous côtés, en firent un grand carnage.
7 Titurius Sabinus, ayant en tête une nombreuse armée de Gaulois,
retint la sienne dans ses retranchements, pour faire croire aux
ennemis qu'il avait peur; et, afin de le leur persuader, il envoya
au milieu d'eux un faux transfuge, qui leur affirma que les
Romains, réduits au désespoir, se disposaient à fuir. Les
barbares, excités par l'espérance de la victoire, se chargèrent de
bois et de fascines pour combler les fossés, et se dirigèrent à
pas de course vers notre camp, qui était situé sur une colline.
Alors toutes les troupes de Titurius s'élancèrent à la fois sur
eux, en tuèrent un grand nombre, et firent beaucoup de
prisonniers.
8 Les habitants d'Asculum, que Pompée allait assiéger, ne firent
paraître sur leurs murailles qu'un petit nombre de vieillards
infirmes; et, après avoir par là inspiré de la sécurité aux
Romains, ils sortirent tout à coup, et les mirent en fuite.
9 Les Numantins, au lieu de déployer leur armée sur les remparts,
lorsqu'ils furent assiégés par Popillius Lénas se tinrent
renfermés dans l'intérieur de la ville, afin d'amener l'ennemi à
tenter l'escalade. Popillius, qui ne trouva pas même de résistance
sur les murailles, soupçonna quelque piège; et, au moment où il
donnait le signal de la retraite, les assiégés firent une sortie,
et tombèrent sur ses troupes, qui descendaient des remparts et
prenaient déjà la fuite.