1 Les Romains, assiégés dans le Capitole, envoyèrent Pontius
Cominius implorer le secours de Camille, qui était alors en exil.
Cominius, pour éviter les postes gaulois, descendit par la roche
Tarpéienne, traversa le Tibre à la nage, arriva jusqu'à Véies[105],
et, s'étant acquitté de sa mission, retourna par le même chemin
près de ses compagnons.
2 Les habitants de Capoue, assiégés par les Romains, qui faisaient
bonne garde autour de la place, envoyèrent dans le camp ennemi,
comme déserteur, un soldat qui, moyennant une récompense, cacha
une lettre dans son baudrier, et la porta aux Carthaginois
aussitôt qu'il trouva l'occasion de s'échapper.
3 Quelques-uns écrivirent des lettres sur des parchemins, qui
furent cousus dans des pièces de gibier et dans le corps de
certains animaux.
4 D'autres ont introduit leurs dépêches dans le derrière de leurs
bêtes de somme, pour traverser les postes ennemis.
5 D'autres ont écrit sur la partie intérieure des fourreaux, de
leurs épées.
6 L. Lucullus voulait informer de son arrivée les habitants de
Cyzique, assiégés par Mithridate, dont les troupes occupaient le
seul chemin qui conduisît à la ville: c'était un pont étroit, qui
l'unissait au continent. Il chargea de ce message un soldat, bon
nageur et habile nautonier, qui, porté sur l'eau par deux outres
remplies d'air, contenant des lettres de Lucullus, et adaptées en
dessous à deux traverses séparées l'une de l'autre, fit un trajet
de sept milles. Telle fut l'adresse de ce simple soldat, que, se
servant de ses jambes comme de rames, il trompa les sentinelles
ennemies, qui crurent, en l'apercevant, que c'était quelque
monstre marin[106].
7 Le consul Hirtius envoya de temps en temps à Decimus Brutus,
assiégé dans Mutine par Antoine, des lettres écrites sur des
plaques de plomb, que l'on attachait aux bras de soldats qui
traversaient à la nage la rivière de Scultenna.
8 Le même consul avait des pigeons qu'il tenait quelque temps dans
l'obscurité, sans leur donner à manger; puis il leur attachait des
lettres au cou, à l'aide d'un crin, et les lâchait le plus près
possible des murailles. Ces oiseaux, avides de nourriture et de
lumière, gagnaient les plus hauts édifices, et là étaient pris par
Brutus, qui savait de cette manière tout ce qui se passait,
surtout lorsqu'il les eut habitués à s'abattre en de certains
lieux où il faisait déposer pour eux de la nourriture.