1 Caton, étant en présence des Lacétans, qu'il tenait assiégés
dans leur place forte, mit en embuscade une grande partie de ses
troupes, et ordonna à des Suessétans, ses auxiliaires, et fort
mauvais soldats, de livrer l'attaque à la ville. Les Lacétans,
dans une sortie, les mirent facilement en fuite; et, comme ils
s'acharnaient à les poursuivre, Caton s'empara de leur ville avec
les cohortes qu'il avait cachées.
2 L. Scipion leva le siège qu'il avait mis devant une ville de
Sardaigne, et donna à sa retraite l'apparence d'une fuite
précipitée. La garnison s'étant mise imprudemment à sa poursuite,
il se rendit maître de la place à l'aide de troupes qu'il avait
embusquées dans le voisinage.
3 Hannibal, après avoir commencé le siège d'Himère, donna l'ordre
de la retraite, laissant à dessein son camp aux ennemis, comme
s'il ne pouvait tenir contre eux. Les Himéréens virent si peu le
piège, que, dans la joie du succès, ils abandonnèrent leur ville
pour courir au camp carthaginois. Hannibal, voyant alors la place
sans défense, s'en empara avec des troupes qu'il avait cachées
dans la prévision de cet événement.
4 Le même, pour attirer les Sagontins[103] dans une embuscade,
s'approcha de leurs murailles avec un petit nombre d'hommes, et
feignit de prendre la fuite dès la première sortie des assiégés.
Ceux-ci, se trouvant coupés par l'armée carthaginoise, alors
postée entre eux et la ville, furent enveloppés, et taillés en
pièces.
5 Himilcon, général carthaginois, faisant le siège d'Agrigente,
mit en embuscade, non loin de la place, une partie de ses troupes,
avec ordre, lorsque les assiégés se seraient éloignés dans la
campagne, d'allumer des feux avec du bois mouillé; ensuite,
s'étant lui-même avancé, dès le point du jour, à la tête du reste
de son armée, pour attirer les ennemis au combat, il feignit de
lâcher pied, et les entraîna au loin à sa poursuite. Ceux de
l'embuscade mirent le feu à des monceaux de bois en avant des
murailles, comme ils en avaient reçu l'ordre; et les Agrigentins,
à la vue de la fumée qui s'élevait, crurent que leur ville était
embrasée. Tandis qu'ils retournaient à la hâte, pour porter du
secours, arrêtés en même temps par les troupes qui avaient été
postées près de la ville, et chargés en queue par celles qu'ils
avaient poursuivies, ils essuyèrent une entière défaite.
6 Viriathe, après avoir placé des troupes en embuscade, envoya
quelques soldats enlever les troupeaux des Ségobrigiens. Ceux-ci,
étant accourus en grand nombre pour les reprendre, et s'étant mis
à la poursuite des maraudeurs, qui fuyaient à dessein, tombèrent
dans le piège et furent taillés en pièces.
7 Héraclée avait pour garnison deux cohortes commandées par
Lucullus, lorsque des cavaliers Scordisques s'avancèrent comme
pour enlever des troupeaux, et provoquèrent ainsi une sortie;
puis, par une fuite simulée, ils attirèrent Lucullus jusque dans
une embuscade, où il fut tué avec huit cents de ses soldats.
8 Charès, général athénien, devant attaquer une ville située sur
le bord de la mer, cacha sa flotte derrière un promontoire, et
envoya le plus léger de ses vaisseaux passer en vue de l'ennemi.
Dès qu'on l'aperçut, tous les navires qui gardaient le port
volèrent à sa poursuite. Alors Charès, voyant ce port sans
défense, y entra avec sa flotte, et s'empara même de la ville.
9 Au moment où les Romains assiégeaient par terre et par mer
Lilybée, en Sicile, Barca, général carthaginois, fit paraître au
loin une partie de ses vaisseaux prêts à combattre. La flotte
romaine, les ayant aperçus, s'élança sur eux; et Barca, avec le
reste de ses vaisseaux, qu'il avait tenus cachés, se rendit maître
du port de Lilybée.