VIII. Jeter l'épouvante parmi les assiégés.

1 Philippe, ne pouvant enlever de vive force le château de

Prinasse[101], fit amonceler de la terre au pied des fortifications,

comme s'il y pratiquait une mine. Les assiégés, croyant leurs murs

sapés, se rendirent.

2 Pélopidas, général thébain, étant sur le point d'assiéger à la

fois deux villes de Magnésie peu éloignées l'une de l'autre,

ordonna que, pendant qu'il faisait avancer son armée sous les murs

de l'une, quatre cavaliers, ayant des couronnes sur la tête,

accourussent à toute bride, comme venant de l'autre camp thébain,

pour annoncer la prise de l'autre ville. Afin de mieux encore

tromper l'ennemi, il fit mettre le feu à une forêt située dans un

lieu intermédiaire, et dont l'embrasement pouvait être pris pour

celui de la place. Il voulut, en outre, qu'on lui amenât quelques

soldats déguisés en prisonniers. Ces démonstrations jetèrent

l'effroi parmi les assiégés, qui, se croyant déjà vaincus sur

l'autre point, firent leur soumission.

3 Cyrus, roi de Perse, tenant Crésus enfermé dans la ville de

Sardes, fit dresser du côté le moins accessible de la montagne sur

laquelle elle était assise, des mâts aussi hauts que cette

montagne, surmontés de figures d'hommes ayant le costume des

Perses, et les approcha des remparts pendant la nuit; puis, dès la

pointe du jour il attaqua la ville du côté opposé, au moment où

les premiers rayons du soleil faisaient briller les armes que

portaient ces figures. Les assiégés, persuadés qu'ils étaient pris

par derrière, s'enfuirent dispersés, laissant la victoire à

l'ennemi.

Les stratagèmes · 第 81 / 113 题