1 Philippe, ne pouvant enlever de vive force le château de
Prinasse[101], fit amonceler de la terre au pied des fortifications,
comme s'il y pratiquait une mine. Les assiégés, croyant leurs murs
sapés, se rendirent.
2 Pélopidas, général thébain, étant sur le point d'assiéger à la
fois deux villes de Magnésie peu éloignées l'une de l'autre,
ordonna que, pendant qu'il faisait avancer son armée sous les murs
de l'une, quatre cavaliers, ayant des couronnes sur la tête,
accourussent à toute bride, comme venant de l'autre camp thébain,
pour annoncer la prise de l'autre ville. Afin de mieux encore
tromper l'ennemi, il fit mettre le feu à une forêt située dans un
lieu intermédiaire, et dont l'embrasement pouvait être pris pour
celui de la place. Il voulut, en outre, qu'on lui amenât quelques
soldats déguisés en prisonniers. Ces démonstrations jetèrent
l'effroi parmi les assiégés, qui, se croyant déjà vaincus sur
l'autre point, firent leur soumission.
3 Cyrus, roi de Perse, tenant Crésus enfermé dans la ville de
Sardes, fit dresser du côté le moins accessible de la montagne sur
laquelle elle était assise, des mâts aussi hauts que cette
montagne, surmontés de figures d'hommes ayant le costume des
Perses, et les approcha des remparts pendant la nuit; puis, dès la
pointe du jour il attaqua la ville du côté opposé, au moment où
les premiers rayons du soleil faisaient briller les armes que
portaient ces figures. Les assiégés, persuadés qu'ils étaient pris
par derrière, s'enfuirent dispersés, laissant la victoire à
l'ennemi.